L'Iran pourrait devenir un enjeu électoral en Israël

Benyamin Nétanyahou et Ehoud Barak, partisans de la... (Photo Amir Cohen, Reuters)

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Benyamin Nétanyahou et Ehoud Barak, partisans de la ligne dure contre l'Iran.

Photo Amir Cohen, Reuters

Janie Gosselin
La Presse

(Jérusalem) L'escalade de mots entre l'Iran et Israël s'est calmée. Des experts américains estiment de moins en moins probable une frappe contre les installations nucléaires iraniennes prochainement. Mais dans l'État hébreu, le premier ministre et le ministre de la Défense restent sur leur position.

Au cours des derniers jours, le premier ministre Benyamin Nétanyahou et le ministre de la Défense Ehoud Barak, considérés comme les leaders de la ligne dure contre l'Iran, ont essuyé plusieurs critiques sur leur position. Le chef d'état-major de l'armée israélienne ne croit pas que l'Iran ira jusqu'à construire une bombe atomique. L'ancien chef de la sécurité intérieure a critiqué leur leadership basé sur des «sentiments messianiques» au cours d'une sortie particulièrement virulente. L'ancien premier ministre Ehoud Olmert a lancé des flèches à son successeur sur une possible attaque unilatérale de l'Iran.

Et ça pourrait n'être que le début: si des élections anticipées sont déclenchées la semaine prochaine, comme tout le laisse croire, la question iranienne pourrait devenir un enjeu. «Les questions de guerre et de paix sont toujours très importantes dans les élections israéliennes, et dictent les choix des électeurs, dit le politologue Abraham Diskin, de l'Université hébraïque de Jérusalem. Le mandat du gouvernement actuel se termine en novembre 2013. La coalition au pouvoir a déposé la semaine dernière une motion pour dissoudre le Parlement. Caracolant en tête des sondages, le premier ministre pourrait appeler les Israéliens aux urnes dès le 4 septembre.

Les analystes estiment qu'il pourrait vouloir solidifier sa position avant la tenue d'élections américaines, en novembre. Les relations entre Benyamin Nétanyahou et le président américain Barack Obama sont notoirement tièdes. En cas de réélection des deux politiciens, des frictions sont à prévoir sur des dossiers comme l'Iran et les relations israélo-palestiniennes. «Un nouveau gouvernement serait libre des pressions de l'administration américaine», résume Shmuel Sandler, chercheur associé au centre BESA. En Israël, rares sont ceux qui remettent en question le danger potentiel d'un Iran doté de l'arme nucléaire. Mais les critiques du premier ministre lui reprochent son ton jugé alarmiste ou s'objectent à l'idée d'une frappe unilatérale, préférant laisser un autre pays prendre les devants. Cette semaine, le ministre de la Défense a maintenu sa position malgré les critiques. Il a répété que toutes les options restaient sur la table - y compris une attaque indépendante. Les sorties de ses adversaires ont été mises sur le compte de vues politiques. Les analystes s'interrogent maintenant sur la probabilité d'une frappe en pleine campagne électorale. Des pourparlers auront lieu à Bagdad le 23 mai entre l'Iran et les six puissances, soit les États-Unis, la Chine, la Russie, la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne. Téhéran maintient que son programme nucléaire sert des fins civiles uniquement. La République islamique espère la levée des sanctions imposées dans les derniers mois, selon les médias iraniens.

Pour plusieurs, c'est la preuve que la ligne dure adoptée par le premier ministre et ses alliés fonctionne.

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