Des soldats et des restes humains

En février 2010, plusieurs soldats dépêchés pour relever... (Photo fournie par le L.A. Times)

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En février 2010, plusieurs soldats dépêchés pour relever les empreintes digitales et tenter de prendre l'empreinte rétinienne d'un insurgé qui s'était fait exploser, se sont pris en photo alors que certains soulevaient les jambes déchiquetées.

Photo fournie par le L.A. Times

(Los Angeles) Des photos choc de militaires américains posant avec des restes humains d'Afghans ont provoqué un scandale, hier aux États-Unis, entraînant des condamnations du Pentagone, de la Maison-Blanche et du département de la Défense.

Publiées par le Los Angeles Times, les photos montrent des militaires souriants près des cadavres ou de parties de cadavres.

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Une photo montre un soldat avec la main d'un insurgé mort sur l'épaule. Dans une autre, on peut voir des soldats photographiés près des jambes appartenant à un homme qui s'est fait sauter dans un attentat suicide. Une autre image, que le journal a décidé de décrire mais de ne pas publier, montre des soldats près d'un cadavre qui fait un doigt d'honneur à l'objectif de l'appareil photo.

Les photos ont été prises en 2010 par des membres de la 82e division aéroportée. Au total, le journal dit avoir reçu 18 photos d'un militaire de la 82e division qui veut garder l'anonymat. Le militaire est « dégoûté « par les manquements et le « climat d'impunité « observé sur place.

Hier, le secrétaire à la Défense, Leon Panetta, a déploré le comportement des militaires photographiés. Il s'est aussi dit déçu de la décision du journal.

« Nous avions demandé au L.A. Times de ne pas publier ces photos pour la simple et bonne raison qu'elles sont utilisées par l'ennemi pour inciter à la violence «, a-t-il déclaré.

Le capitaine John F. Kirby, porte-parole du Pentagone, a dit qu'une enquête avait été ouverte, et que les soldats fautifs seront punis.

Décision difficile

Le L.A. Times était en contact avec la Maison-Blanche et le Pentagone depuis plusieurs semaines pour tenter d'évaluer l'authenticité des photos. Le quotidien a finalement accepté de donner un délai de 72 heures à l'armée avant de publier les images, le temps que les militaires photographiés soient mutés pour leur protection.

Le rédacteur en chef du L.A. Times, Davan Maharaj a dit que la décision de publier les images n'a pas été prise à la légère.

« Après analyse, nous avons décidé de publier un petit nombre de photos qui sont représentatives de l'ensemble des images reçues, a-t-il déclaré dans une note diffusée sur le site du journal. Cela nous permet d'offrir à nos lecteurs un portrait impartial de la mission américaine en Afghanistan, incluant des manquements à la discipline des unités. «

La décision de publier les images a provoqué des réactions tranchées chez les lecteurs du journal. Le L.A. Times a diffusé certaines réactions, hier.

« Nous comprenons tous que vous avez le droit de publier ce que vous voulez en vertu de la liberté d'expression : cela étant dit, vous auriez pu vous abstenir de le faire, écrit un lecteur. Quel est l'objet de cet article, à part le fait de présenter nos militaires sous un jour défavorable? «

Un autre a écrit : « Cela n'a rien à voir de l'antiaméricanisme. C'est la position dans laquelle le gouvernement place les soldats. Peut-être que les gens s'impliqueraient davantage dans les groupes antiguerre si plus d'images comme celles-là circulaient. »




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