Une ONG afghane a estimé jeudi dans une étude que la corruption a doublé par rapport à 2006 en Afghanistan, assurant notamment que les pots-de vin pèsent pour 1 milliard de dollars dans le PIB.

L'étude de Integrity Watch Afghanistan (IWA), qui se présente comme une Organisation non-gouvernementale dont le but est de «surveiller les efforts de lutte contre la corruption» dans le pays, a basé son étude sur un questionnaire auprès d'un échantillon de 6 500 personnes (la population totale est d'environ 30 millions d'habitants).

Selon l'étude (www.iwaweb.org), «28% des foyers afghans ont dû payer un bakchich en échange d'un service public» en 2009.

«La population a payé en 2009 deux fois plus de pots-de-vin qu'elle n'en avait payé en 2006», lit-on dans ce rapport. «La corruption aujourd'hui représente un fardeau d'un milliard de dollars dans le PIB», ajoute IWA.

«Les résultats de cette étude mettent en évidence que la corruption sape la légitimité des efforts de reconstruction de l'État, affecte les relations entre le citoyen et l'État et alimente la frustration et la sympathie pour les insurgés», prévient le rapport.

L'Afghanistan, qui vit depuis plus de 30 ans dans la guerre et la guerre civile, est en proie depuis fin 2001 à une insurrection des talibans qui s'intensifie chaque jour malgré la présence de plus de 140.000 soldats des forces internationales et l'injection, en près de neuf ans de guerre, de plusieurs milliards de dollars d'aide internationale chaque année.

Les États-Unis, principal pourvoyeur de troupes et qui mènent la coalition sur le terrain, mais aussi les Nations unies et de nombreux donateurs, estiment que la corruption gangrène le pays jusqu'à son sommet, au coeur même du gouvernement du président Hamid Karzaï.

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