Trump vante la relation «spéciale» avec Londres après la polémique Brexit

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La première ministre britannique et le président américain ont donné une conférence de presse commune.

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Agence France-Presse
AYLESBURY

Donald Trump a loué vendredi la relation «la plus spéciale qui soit» avec Londres, au lendemain d'une attaque en règle contre la première ministre Theresa May sur le Brexit qui a provoqué stupeur et colère au Royaume-Uni.

Au deuxième jour d'une visite qui a poussé des dizaines de milliers de manifestants dans la rue au son de «Stop Trump», le président américain a opté pour un ton plutôt conciliant sur la façon dont il voyait la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Il a aussi été accueilli avec faste par la reine Elizabeth II au château de Windsor, sous un soleil éclatant, avant de prendre le thé avec elle en compagnie de son épouse Melania, un honneur qui passe mal auprès de nombreux Britanniques.

Au même moment, à Washington, 12 agents des services de renseignement russe ont été inculpés pour le piratage du parti démocrate avant la présidentielle de 2016, une annonce qui pourrait avoir un fort retentissement sur la dernière étape en Europe de M. Trump, qui doit rencontrer Vladimir Poutine à Helsinki lundi.

Au cours d'une conférence de presse particulièrement décousue depuis la résidence de campagne des premiers ministres britanniques à Chequers, au nord-ouest de Londres, le locataire de la Maison-Blanche a assuré n'avoir jamais mis en cause la stratégie de Mme May sur le Brexit.

«Quoi que vous fassiez, ça me va», a-t-il lancé, contredisant ses propos parus dans le Sun où il assurait que la décision de Londres de privilégier une relation étroite avec l'UE tuerait «probablement» la possibilité de conclure un accord de libre-échange avec les États-Unis.

Accord bilatéral «ambitieux»?

Affichant sa volonté de parvenir à un «formidable» accord d'échange bilatéral avec Londres, M. Trump s'est voulu optimiste: «nous voulons faire des échanges avec le Royaume-Uni, ils veulent en faire avec nous».

En écho, Theresa May a évoqué sa volonté d'aboutir à un accord «ambitieux» avec Washington une fois que la sortie de l'UE sera effective.

Tentant de compenser la déflagration provoquée par son entretien au Sun, le locataire de la Maison-Blanche a déploré la façon dont le tabloïd avait retranscrit ses propos.

«J'ai dit des choses très gentilles sur elle, mais ils ne les ont pas mis en titre», a-t-il lancé, avant de faire longuement l'éloge de Mme May, fragilisée au sein de son propre parti conservateur après de récentes démissions, dont celle du ministre des Affaires étrangères Boris Johnson.

«C'est une très bonne négociatrice, très dure, elle est très intelligente, très déterminée», a martelé le magnat de l'immobilier.

Il en a profité, comme à son habitude, mais avec une virulence particulière, pour multiplier les attaques contre la presse. «CNN est Fake news. Je ne prends pas de questions de CNN!», a-t-il ainsi asséné.

Les propos de M. Trump dans le Sun contre Mme May ont suscité un réel émoi au Royaume-Uni. «Où sont vos bonnes manières, Monsieur le président ?», a tweeté le ministre de l'Éducation Sam Gyimah, résumant la stupéfaction générale.

Cette sortie de M. Trump constituait une claque d'autant plus cinglante pour Mme May que, jeudi soir, elle lui avait déroulé le tapis rouge en l'accueillant pour un dîner au palais de Blenheim, résidence de campagne près d'Oxford.

Rencontre avec Poutine

Les manifestations contre la venue du magnat de l'immobilier ont culminé par un rassemblement de plusieurs dizaines de milliers de personnes à Trafalgar Square pour dénoncer sa politique migratoire, son «sexisme» et son «déni» du changement climatique.

M. Trump a quitté Londres en fin de journée pour rejoindre l'Écosse où il doit passer deux jours sur son luxueux complexe hôtelier de Turnberry, qui compte trois terrains de golf.

Ultime de sa tournée européenne, il rejoindra ensuite Helsinki où il retrouvera lundi son homologue russe Vladimir Poutine.

«Nous avons été beaucoup plus fermes sur la Russie que quiconque», a-t-il dit vendredi, alors que l'ombre de l'enquête sur l'interférence russe dans la campagne de 2016 pèse sur sa présidence.

«Ceci étant dit, si nous pouvons développer une relation» avec M. Poutine, «ce serait fantastique», a-t-il ajouté, quelques heures avant l'annonce à Washington d'une série d'inculpations d'agents russes.

Interrogée sur une éventuelle l'annulation de la rencontre, comme le réclamait plusieurs élus dont le ténor démocrate Chuck Schumer, Sarah Sanders, porte-parole de la Maison-Blanche, a assuré qu'elle aurait bien lieu.

Le tête-à-tête très attendu, qui sera suivi d'une conférence de presse commune, s'annonce particulièrement délicat pour le 45e président des États-Unis.




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