OTAN: les faits sur les dépenses militaires des pays

Le président américain, Donald Trump, s'en est pris... (PHOTO Geert Vanden Wijngaert, Agence france-presse)

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Le président américain, Donald Trump, s'en est pris à plusieurs reprises aux membres européens de l'OTAN et au Canada pour ne pas respecter leur engagement à consacrer 2 % de leur produit intérieur brut à leurs dépenses militaires.

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Damon WAKE
Agence France-Presse
BRUXELLES

Le contentieux sur le montant des sommes que les pays membres de l'OTAN consacrent à la défense a ressurgi mercredi au sommet de l'Alliance à Bruxelles, Donald Trump demandant à ce qu'elles passent à terme à 4 % du PIB de chacun de ces pays.

Le président américain s'en était jusqu'alors pris à plusieurs reprises aux membres européens de l'OTAN et au Canada pour ne pas respecter leur engagement à consacrer 2 % de leur produit intérieur brut à leurs dépenses militaires.

Combien d'argent les États-Unis consacrent-ils à la défense?

Donald Trump affirme que Washington paie « pour 90 % de l'OTAN », bien que la façon dont il arrive à ce chiffre ne soit pas claire.

Les dépenses militaires des États-Unis ont représenté à elles seules un peu moins de 72 % de celles de l'ensemble des pays de l'Alliance en 2017 : 686 G$ sur un total de 957 G$ consacrés par ses 29 membres à leur défense.

Le Royaume-Uni arrive en deuxième position avec 61 G$, suivi de la France (52 G$) et de l'Allemagne (51 G$).

L'engagement de 2 % du PIB

Mais, ces montants ne prennent pas en compte la taille relative de l'économie de chaque pays, alors que les États membres se sont engagés à des dépenses calculées sur la base de leur PIB.

En 2006, les ministres de la Défense des pays de l'OTAN sont tombés d'accord pour fixer un objectif d'au moins 2 % de leur PIB pour leurs dépenses militaires. Mais, nombreux sont ceux qui, face à la crise, ont taillé dans ces dernières.

Au sommet de l'Alliance au Pays de Galles en 2014, inquiets de la baisse des budgets de Défense en pleine crise ukrainienne, les membres de l'OTAN s'étaient engagés à chercher à « atteindre l'objectif de 2 % en une décennie ».

Donald Trump a régulièrement eu recours à cet engagement pour affirmer que les membres de l'Alliance qui n'atteignaient pas l'objectif de 2 % ne tenaient pas leur promesse. Mais, les diplomates soulignent que ce n'est pas exactement ce qui avait été convenu, bien que tous les États aient reconnu qu'il fallait dépenser plus.

Qui respecte l'objectif des 2 % du PIB?

Les États-Unis sont de loin ceux qui consacrent le plus d'argent à la défense parmi les pays de l'OTAN, aussi bien en ce qui concerne le pourcentage du PIB (3,50 % en 2018 contre 3,57 % en 2017) qu'en ce qui concerne le montant brut de dépenses, selon les chiffres de l'Alliance.

La Grèce est en deuxième position (2,27 %), suivie de l'Estonie (2,14 %), du Royaume-Uni (2,10 %) et de la Lettonie (2 %). Ce sont les seuls États européens a avoir déjà atteint l'objectif de 2 % du PIB.

Mais, la Pologne est à 1,98 % en juillet 2018, la Lituanie à 1,96 %, et la Roumanie à 1,93 %. Ces trois pays devraient avoir atteint l'objectif d'ici à la fin 2018, a précisé l'OTAN. La France consacre 1,81 % de son PIB à la défense.

L'Allemagne, première économie européenne, n'est qu'à 1,24 %, ce qui en fait une cible privilégiée de M. Trump. Le Canada est à 1,23 %.

Budget défense et contributions à l'OTAN

Donald Trump a parfois suggéré que les alliés de l'OTAN « devaient » de l'argent à l'Alliance. Cela crée une confusion alors que l'engagement de 2 % concerne les budgets nationaux de défense, à distinguer des contributions directes au budget de l'OTAN.

Ces contributions directes sont utilisées pour financer le « budget civil » de l'Alliance (375,52 M$ en 2018), qui couvre les coûts de fonctionnement du siège de Bruxelles, et le « budget militaire » (2,01 G$ en 2018), qui finance la structure de commandement de l'OTAN.

Les 29 membres contribuent à hauteur d'une formule de partage des coûts fondée également sur la taille de leur économie : les États-Unis paient 22 % du total, suivis de l'Allemagne (14 %), puis de la France et du Royaume-Uni (10,5 % chacun).




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