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À deux jours d'une mise sous tutelle, le fil semble rompu entre Madrid et Barcelone

«Le président Puigdemont (photo) ne se rendra pas... (Photo archives AFP)

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«Le président Puigdemont (photo) ne se rendra pas jeudi au Sénat», a indiqué un porte-parole de la présidence régionale, précisant qu'il s'agissait là d'une réponse à l'annonce par le gouvernement espagnol que sa décision de prendre le contrôle de la Catalogne était sans retour.

Photo archives AFP

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Jordi ZAMORA BARCELO, Michaëla CANCELA-KIEFFER
Agence France-Presse
Barcelone, Madrid

La mise sous tutelle de la Catalogne dans deux jours semblait mercredi inéluctable, tout dialogue étant rompu entre Barcelone et Madrid qui en fait «la seule réponse possible» aux aspirations indépendantistes.

«Vous me dites que les institutions catalanes ont demandé le dialogue et que ma réponse a été l'article 155» de la Constitution, qui permet cette mise sous tutelle «et c'est vrai», a répondu le chef du gouvernement Mariano M. Rajoy à un élu indépendantiste catalan, en insistant: «c'est la seule réponse possible, la seule».

Le président indépendantiste catalan Carles Puigdemont a riposté en annonçant qu'il n'irait pas s'exprimer devant le Sénat comme celui-ci l'y invitait avant de prendre des mesures de mise sous tutelle de la région.

Un porte-parole a précisé qu'il n'en voyait plus l'utilité puisque M. Rajoy semblait exclure le dialogue.

L'article 155 entraînera une suspension de facto de l'autonomie, restaurée après la fin de la dictature de Francisco Franco (1939-1975) et à laquelle les Catalans tiennent beaucoup.

Madrid destituera l'exécutif catalan et prendra les commandes de la région, en particulier de sa police. Le parlement serait mis sous tutelle pour six mois jusqu'à l'organisation d'élections, tout comme les médias régionaux.

Ces mesures risquent de se heurter à des résistances, dans une société catalane divisée à parts presque égales sur l'indépendance. Et déclencher une déclaration d'indépendance unilatérale de la région.

M. Puigdemont avait prévenu le 19 octobre que si le gouvernement espagnol «continuait à empêcher le dialogue et à poursuivre la répression, le parlement de Catalogne pourra, s'il l'estime opportun, voter une déclaration formelle d'indépendance».

Mercredi soir il avait réuni d'urgence son cabinet, selon des médias catalans. Et le quotidien La Vanguardia indiquait qu'il penchait pour la rupture, alors que l'exécutif régional serait divisé.

«Doutes au sein de l'exécutif»

La mise sous tutelle et une éventuelle déclaration d'indépendance ainsi que l'instabilité qui en découlerait font notamment craindre des retombées négatives pour l'économie de cette région représentant 19% du PIB espagnol, et pour l'Espagne dans son ensemble.

La principale organisation patronale catalane, Fomento del Trabajo, anti-indépendantiste, a appelé mercredi les dirigeants de la région à «faire preuve de hauteur de vue».

Déjà 1500 entreprises catalanes ont délocalisé leur siège social par crainte de l'instabilité.

Craignant ce scénario, plusieurs membres du gouvernement catalan se sont exprimés mardi soir contre une déclaration unilatérale d'indépendance et pour des élections régionales anticipées, selon une source du gouvernement catalan.

Ces élections permettraient à tous les Catalans de s'exprimer et renouvelleraient un parlement dominé par les indépendantistes.

En outre, pendant une semaine, le gouvernement espagnol conservateur et le Parti socialiste avaient laissé entendre que la convocation d'élections par M. Puigdemont serait interprétée comme un retour à l'ordre constitutionnel, évitant la mise sous tutelle de la région.

«La République, maintenant»

Mais Mariano Rajoy, qui dispose d'une confortable majorité absolue au Sénat, est désormais décidé à aller de l'avant.

Il semble sensible notamment aux arguments des libéraux de Ciudadanos (centre droit), qui ont demandé avec insistance que les prochaines élections en Catalogne soient surveillées par l'État dans le cadre d'une mise sous tutelle, pour ne pas laisser aux indépendantistes la main sur l'organisation du scrutin.

«Que des élections soient organisées par une personne (Carles Puigdemont) qui n'est plus dans la légalité n'a pas de sens», a déclaré une source gouvernementale à l'AFP.

Pendant ce temps, en Catalogne, des «Comités de défense du référendum» (CDR), des plateformes citoyennes qui avaient mobilisé des milliers de Catalans pour «protéger» les bureaux de vote du référendum sur l'indépendance interdit, le 1er octobre, ont commencé à battre le rappel.

Les CDR, comme l'exécutif catalan et les grandes associations séparatistes, estiment que l'indépendance est légitimée par ce scrutin auquel ont participé 43% des électeurs, qui ont voté «oui» à 90%, selon des résultats invérifiables.

«Ni 155, ni élections. La République maintenant»: c'était le mot d'ordre d'une manifestation prévue mercredi à 19 h 30 (13 h 30,  heure de l'Est) entre le centre de Barcelone et le parlement régional. Ils étaient quelques centaines de personnes à cette heure-là sur la place Sant Jaume, devant le siège de l'exécutif catalan.

«Non au 155», lisait-on notamment sur une banderole.

Le parlement catalan siégera à partir de jeudi à 16 h (10 h, heure de l'Est), une heure avant la réunion à Madrid de la commission sénatoriale où M. Puigdemont avait été invité à s'exprimer.




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