Berlin tente de rassurer ses alliés sur ses «valeurs progressistes»

De passage à Ottawa hier, la présidente du... (Photo Tobias SCHWARZ, archives Agence France-Presse)

Agrandir

De passage à Ottawa hier, la présidente du Sénat allemand Malu Dreyer a tenu à rassurer les principaux alliés de l'Allemagne au lendemain des élections qui ont vu des députés de l'extrême droite faire leur entrée au Parlement pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Photo Tobias SCHWARZ, archives Agence France-Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Ottawa) L'Allemagne va demeurer sur la ligne de front pour défendre les valeurs progressistes qu'elle partage avec le Canada, malgré la percée de l'extrême droite aux élections législatives de dimanche, affirme la présidente du Sénat allemand, Malu Dreyer, qui se dit tout de même encore stupéfaite des succès électoraux de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD).

De passage à Ottawa hier afin de rencontrer certains ministres du gouvernement Trudeau, dont le ministre de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Ahmed Hussen, Mme Dreyer a tenu à prendre rapidement le bâton de pèlerin afin de rassurer les principaux alliés de l'Allemagne au lendemain des élections qui ont vu des députés de l'extrême droite (94 députés en tout) faire leur entrée au Parlement (Bundestag) pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

En conférence de presse devant un petit groupe de journalistes, Mme Dreyer a reconnu avoir songé à reporter sa visite officielle de deux jours au Canada, qui la conduira aussi à Toronto aujourd'hui, mais elle s'est rapidement ravisée, compte tenu du choc provoqué par les résultats des récentes élections.

« Je crois qu'il était important de venir dire à des alliés comme le Canada que l'Allemagne va continuer à défendre les valeurs libérales », a affirmé Mme Dreyer.

« L'amitié que nous avons établie avec le Canada s'est intensifiée au cours des dernières années et cela ne va pas changer. »

« Nous avons un débat important avec l'AfD à l'heure actuelle. Mais nous allons continuer à défendre les valeurs progressistes. Il va falloir mettre de l'ordre dans nos affaires internes maintenant que ce parti va faire son entrée au Parlement. Mais nous estimons que c'est notre rôle de défendre ces valeurs partout dans le monde », a ajouté la présidente du Bundesrat (Sénat allemand), qui est aussi ministre-présidente du land de Rhénanie-Palatinat.

La formation politique de Mme Dreyer, le SPD, qui faisait partie du gouvernement de coalition dirigé par la chancelière allemande Angela Merkel, n'a recueilli que 20,5 % des voix aux élections de dimanche. Le SPD a décidé de ne plus faire partie d'une coalition gouvernementale, optant plutôt pour les banquettes de l'opposition et forçant Angela Merkel, reconduite pour un quatrième mandat, à négocier avec d'autres formations politiques de manière à pouvoir gouverner le pays pour les quatre prochaines années.

Le parti conservateur de Mme Merkel, la CDU, a obtenu 33 % des voix, un score historiquement bas, et il a entrepris des discussions avec les libéraux du FPD (10,7 %) et les Verts (8,9 %). En tout, près de 1 million d'électeurs ont voté pour l'AfD, un parti décrit comme étant anti-islam, anti-migrants, anti-euro et anti-élite qui a fait le plein de votes en s'opposant à l'accueil massif des demandeurs d'asile décidé par la chancelière en 2015 (plus de 1 million de réfugiés sont arrivés sur le sol allemand).

Électeurs inquiets

Selon Mme Dreyer, qui a aussi rencontré le ministre du Commerce international François-Philippe Champagne, hier, l'Allemagne peut certainement s'inspirer du système d'immigration du Canada, qui mise sur une intégration rapide des nouveaux arrivants sur le marché du travail, entre autres choses, alors que les règles sont plus strictes dans son pays.

Elle estime que le gouvernement de coalition que dirigera Angela Merkel devra tenir compte des inquiétudes des électeurs qui ont accordé leur appui à l'AfD afin de contrer cette formation politique d'extrême droite.

« L'Europe compte un certain nombre de partis d'extrême droite et l'Allemagne tirait une certaine fierté de ne pas en avoir à son Parlement. Maintenant, nous sommes à un moment important de notre histoire, je crois. Nous avons tiré des leçons de la Seconde Guerre mondiale. Et nous sommes un peu sous le choc de voir que nous n'avons pas pu éviter cette situation », a dit Mme Dreyer.

Petite consolation au tableau, selon elle, l'engagement de l'Allemagne dans la lutte contre les changements climatiques demeurera aussi ferme, notamment parce que les Verts devraient faire partie de la coalition gouvernementale.

« Cela va avoir un impact positif, selon moi. »




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer