France: un suspect arrêté après une attaque à la voiture contre des militaires

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L'attaque a eu lieu vers 8h en plein centre de Levallois-Perret, une banlieue du nord-ouest de Paris.

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Céline AGNIEL, Katell PRIGENT
Agence France-Presse
LEVALLOIS-PERRET

Une nouvelle attaque a visé les forces de sécurité françaises mercredi lorsqu'une voiture a fauché six soldats en patrouille dans la banlieue de Paris, avant d'être interceptée après plusieurs heures de recherche sur une autoroute du nord de la France.

Un suspect a été arrêté lors de l'interpellation «musclée» menée en début d'après-midi sur l'autoroute en direction de Calais, au niveau de la ville de Leulinghen-Bernes, selon une source proche de l'enquête.

Les forces de l'ordre traquaient ce véhicule qui a pris la fuite après avoir foncé sur le groupe de soldats déployés dans le cadre de l'opération antiterroriste Sentinelle, quatre jours après une tentative d'attaque contre d'autres militaires à la tour Eiffel.

Le gouvernement a rapidement dénoncé un «acte délibéré» et le parquet antiterroriste s'est saisi de l'enquête.

Pour échapper à son arrestation, le conducteur a percuté un ou plusieurs véhicules et les policiers ont fait feu à plusieurs reprises. Le suspect, né en 1980, a été blessé, tout comme un policier, touché par balle à la jambe, selon une source policière. Il a été confirmé que sa puissante voiture de location était bien celle qui avait percuté les militaires vers 8h au centre de Levallois-Perret (nord-ouest de Paris).

La France, qui participe à la coalition militaire internationale pour éradiquer le groupe État islamique (EI) en Irak et Syrie, est particulièrement menacée par les groupes islamistes. Depuis janvier 2015, une vague d'attentats jihadistes, pour la plupart revendiqués par l'EI, a fait au total 239 morts. Les dernières ont tout particulièrement visé les forces de l'ordre, sur des sites emblématiques.

Trois des militaires ont été très légèrement blessés à Levallois-Perret, les trois autres ont été plus grièvement atteints mais leur état de santé «n'inspire plus d'inquiétude», selon le premier ministre Édouard Philippe.

L'attaque, dont les motivations restent inconnues, a eu lieu dans une banlieue cossue qui abrite plusieurs services phares de la lutte antiterroriste en France, notamment la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

«La voiture attendait les militaires»

Elle s'est déroulée dans une rue piétonne, devant un immeuble de 12 étages au rez-de-chaussée duquel les militaires disposent d'un local prêté par la mairie.

«Une voiture qui était dans le quartier est arrivée» vers le groupe de soldats, «elle roulait doucement, à 5 mètres à peu près des militaires, elle a accéléré de manière à pouvoir les percuter», a expliqué le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb.

Un témoin, cité par BFMTV, a précisé avoir vu la voiture rentrer d'abord «dans trois militaires» puis «dans trois autres». «La voiture attendait les militaires» et «elle est partie direct» sur eux, a-t-il ajouté.

Selon M. Collomb, c'est la sixième fois que des militaires de l'opération Sentinelle, qui mobilise 7000 soldats en permanence sur le territoire national depuis les attentats de janvier 2015, sont pris pour cible.

Samedi soir, un homme a forcé le périmètre de la Tour Eiffel à Paris gardé par des soldats de Sentinelle, puis sorti un couteau en criant «Allah Akbar» (Dieu est le plus grand, en arabe), avant de se rendre sans résistance. L'agresseur, hospitalisé en psychiatrie mais en permission de sortie, a dit en garde à vue vouloir «commettre un attentat contre un militaire». Il a ensuite été réadmis en hospitalisation d'office.

Le 14 juillet, le président Emmanuel Macron a annoncé que l'opération Sentinelle, allait être revue «en profondeur» pour notamment «prendre en compte l'effectivité et l'évolution de la menace».

L'emploi massif de soldats sur le territoire national fait débat, certains politiques et militaires s'interrogeant sur son efficacité par rapport à l'effort demandé aux armées, déjà très engagées sur les théâtres d'opérations extérieurs et dans un contexte budgétaire tendu.

«Ce dispositif apporte très peu en termes de sécurité. En revanche il fournit aux terroristes des cibles militaires claires pour qui veut les frapper», a souligné à l'AFP le général à la retraite Vincent Desportes.

Pour le directeur de recherche au Centre français de recherche sur le renseignement, Alain Rodier, «les forces de Sentinelle seraient extrêmement utiles au commandement, dans la zone sahélienne», où sont fortement implantés les jihadistes.

«Aucun responsable politique ne voudrait prendre la responsabilité de démonter le dispositif Sentinelle et qu'il y ait dans la foulée un attentat», reconnaît-il toutefois.




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