Enlevée et séquestrée, une mannequin échappe au trafic humain

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La mannequin Chloe Ayling a été séquestrée pendant une semaine.

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C'est une histoire digne d'un film hollywoodien, qui est pourtant bien réelle. Une mannequin britannique a été enlevée lors d'une fausse séance de photos à Milan, en Italie, séquestrée pendant une semaine et mise aux enchères comme esclave sexuelle sur l'internet. Elle a été libérée grâce au fait qu'elle avait un enfant de 2 ans, et un Polonais de 30 ans a été arrêté et inculpé. La police italienne recherche ses complices, qui pourraient faire partie du réseau occulte «La mort noire».

Chloe Ayling, une mannequin britannique de 20 ans, a été attirée en Italie pour une fausse séance de photographie. Lukasz Pawel Herba, un Polonais de 30 ans résidant aussi en Grande-Bretagne, se serait fait passer pour un photographe professionnel afin de leurrer la jeune mannequin. La séance avait été organisée avec l'agent de la mannequin. Le 11 juillet, elle s'est rendue au lieu de rendez-vous, dans un appartement près de la gare de Milan.

«Quelqu'un portant des gants noirs est arrivé derrière moi et a mis une main sur mon cou et l'autre sur ma bouche, tandis qu'un deuxième [...] m'a injecté quelque chose dans le bras droit», a déclaré la jeune femme, selon le quotidien Il Corriere della Sera.

Son bourreau lui aurait administré une injection de kétamine, un analgésique pour animaux qui paralyse les muscles.

L'enlèvement

Son ravisseur et un complice auraient déshabillé, photographié et ligoté la jeune femme avant de la transporter dans le coffre d'une voiture de Milan vers une maison de campagne située dans le village de Borgial, dans la région du Piémont, dans le nord-ouest du pays.

«Je crois que je me suis évanouie, parce que lorsque je me suis réveillée, je n'avais sur moi qu'un une-pièce rose et des chaussettes, j'avais les chevilles et les poignets liés et ma bouche était collée avec du ruban. J'étais dans un sac de voyage avec un petit espace pour respirer», a raconté Chloe Ayling, qui est demeurée captive, menottée à une commode, jusqu'au 17 juillet.

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Lukasz Pawel Herba a été inculpé pour avoir organisé l'enlèvement.

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Les enchères et l'extorsion

Les ravisseurs auraient mis la jeune femme aux enchères sur un site pornographique, a rapporté la police de Milan dans un communiqué. Du même coup, ils tentaient de soutirer 260 000 euros en bitcoins (près de 390 000 $CAN) à l'agent de la mannequin et à sa famille.

Ses ravisseurs lui auraient dit qu'ils la vendraient au Moyen-Orient et que lorsque son acheteur serait las d'elle, il la refilerait à quelqu'un d'autre ou la donnerait comme nourriture aux tigres, a rapporté le Telegraph. La jeune femme a confié avoir craint pour sa vie «chaque seconde, chaque minute, chaque heure».

La maman

Selon son compte Instagram suivi par plus de 162 000 abonnés, Chloe Ayling est une mannequin internationale de 20 ans, mère d'un bébé de 18 mois. Elle était arrivée en Italie la veille du rendez-vous, comme en témoigne sa dernière publication. Elle a dit à la police qu'elle avait rencontré Lukasz Pawel Herba quelques mois plus tôt lors d'une séance photo à Paris.

La libération

C'est finalement le fait qu'elle soit maman d'un petit garçon qui aurait permis à Chloe d'être libérée. Herba lui aurait dit qu'il la relâchait parce qu'elle avait un enfant en bas âge et que l'enlèvement d'une maman allait à l'encontre des règles établies par «La mort noire» - un réseau occulte agissant sur l'internet et auquel il a dit appartenir. Ainsi, la jeune femme a été ramenée à Milan par son ravisseur, qui l'a relâchée près du consulat britannique. Il a été arrêté peu de temps après. Lukasz Pawel Herba a été inculpé pour avoir organisé l'enlèvement.

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Chloe Ayling

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L'enquête

Les enquêteurs n'ont pas encore déterminé si les ravisseurs ont réellement tenté de vendre la victime aux enchères sur l'internet ou s'il s'agissait d'une menace. Ils avancent néanmoins que personne n'a pris part à de telles enchères et qu'il est encore trop tôt pour savoir si le suspect disposait des contacts nécessaires pour organiser une opération de ce type ou s'il s'agit d'une explication fantaisiste.

«Ce qui est certain, c'est qu'il s'agit d'un homme très dangereux qui a drogué sa victime dès qu'elle a été enlevée et qui l'a mise dans un grand sac de voyage dans le coffre d'une voiture», a déclaré en conférence de presse le procureur adjoint de Milan, Paolo Storari. «Sa version des événements est à peine crédible, mais il ne nie pas avoir été avec elle pendant sa disparition», a-t-il ajouté. La police a aussi indiqué qu'elle n'était pas certaine de l'existence de «La mort noire». D'autres suspects sont toujours recherchés. Selon des médias italiens, citant des documents de la police ayant fait l'objet de fuites, la jeune femme de 20 ans aurait déclaré aux enquêteurs avoir vu deux hommes et eu connaissance de trois autres, dont elle n'aurait toutefois jamais vu le visage. Elle a aussi indiqué au Telegraph que les hommes s'appelaient entre eux par leurs initiales.

«La Mort noire» 

«La Mort noire» est un groupe reconnu sur le «dark web». L'organisation opère depuis 1994, notamment en Europe de l'Est, et offre des services diversifiés d'assassinats, de bombardements ou encore de trafic d'armes à feu et visiblement, d'humains. The Mirror, un média britannique, prétend avoir trouvé l'annonce mise en ligne par le groupe pour la jeune mannequin, définie comme de la «marchandise». Elle apparaissait le regard perdu, étendue au sol, et portait un simple une-pièce découvrant sa poitrine. 

«La Mort noire» accompagne ses annonces d'une série de promesses, notamment qu'un médecin teste toutes les filles avant la livraison, et que les dimensions de la «marchandise» sont respectées. Le groupe se targue de pouvoir «kidnapper une cible spécifique à certains besoins» et offrir la livraison européenne gratuitement. Après l'arrestation du principal suspect dans l'enlèvement de la mannequin, la police a trouvé un dépliant de «la Mort noire» qui accompagnait une lettre expliquant les raisons de la libération de la jeune femme.

 - Avec l'Agence France-Presse et l'Associated Press




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