L'attaque de Bruxelles perpétrée par un «sympathisant» de l'EI

La gare où a eu lieu l'explosion est... (AFP)

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La gare où a eu lieu l'explosion est à nouveau desservie depuis mercredi matin vers 8h15 locales, ont indiqué les autorités belges.

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Cédric SIMON, Clément ZAMPA
Agence France-Presse
Bruxelles

Le Marocain de 36 ans tué mardi soir par un militaire dans une gare de Bruxelles après avoir fait exploser son bagage avait des «sympathies» pour le groupe État islamique (EI), responsable d'une série d'attentats en Europe, selon les premiers éléments de l'enquête dévoilés mercredi.

Un peu moins de 24 heures après l'attaque en gare de Bruxelles-Central, et qui n'a pas fait de victime, le parquet fédéral belge a annoncé que le suspect avait «probablement fabriqué la bombe» à son domicile de Molenbeek, dans l'agglomération bruxelloise.

Lors d'une perquisition, les enquêteurs ont «notamment retrouvé des composants chimiques ainsi que du matériel qui peuvent servir à fabriquer un explosif», selon un communiqué.

«Certains indices semblent démontrer que le suspect avait des sympathies pour l'organisation terroriste EI», a-t-on ajouté de même source.

Au total, quatre personnes ont été interpellées à l'issue de quatre perquisitions, a indiqué le parquet dans la soirée, confirmant une information de l'agence Belga. Il s'agit de personnes «qui entretenaient des contacts réguliers» avec le suspect décédé. Outre Molenbeek, deux perquisitions ont eu lieu à Koekelberg et une autre à Anderlecht, deux communes bruxelloises.

Le parquet avait auparavant indiqué que la valise qui a explosé contenait «des clous et des bonbonnes de gaz». «Cela aurait pu être bien pire», avait estimé Eric Van Der Sypt, porte-parole du parquet, au lendemain de cet acte survenu en pleine vague d'attaques djihadistes ces derniers mois en Europe, en particulier au Royaume-Uni et en France.

Il y avait «au moins une dizaine de passagers» autour de lui quand il a fait exploser sa valise, a rapporté le porte-parole.

Le parquet, qui a qualifié les faits de «tentative d'assassinat terroriste», a donné des précisions sur l'identité de cet homme, abattu après avoir déclenché cette explosion et crié «Allah Akbar» (Dieu est le plus grand) en se précipitant sur un militaire.

Molenbeek

«La personne a été identifiée comme O.Z.», «né en janvier 1981» et «de nationalité marocaine», a indiqué M. Van Der Sypt, précisant qu'il n'était «pas connu pour des faits de terrorisme».

D'après Françoise Schepmans, bourgmestre (maire) de Molenbeek, l'homme était connu pour «un fait de drogue» remontant à 2016. Il s'agit selon elle d'«un individu isolé» qui était «divorcé».

Selon des médias belges, il s'appelait Oussama Zariouh et avait tenu un magasin de télécoms à Molenbeek, aujourd'hui fermé, et travaillait encore comme installateur.

La commune populaire de Molenbeek est connue pour avoir hébergé plusieurs auteurs d'attaques en Europe liés à l'État islamique, notamment l'organisateur présumé des attentats de Paris de novembre 2015 (130 morts), Abdelhamid Abaaoud.

Selon le récit du parquet, l'auteur s'est saisi vers 20H40 (19H40 GMT) de sa valise «en criant» au milieu d'un groupe de voyageurs, provoquant une première «explosion partielle», mais sans faire aucun blessé.

Il a «alors abandonné son bagage en flammes et est descendu sur le quai à la poursuite d'un chef de gare. Entre-temps, le sac a explosé une deuxième fois de façon plus violente».

Des photos sur les réseaux sociaux ont montré une gerbe de feu de plusieurs mètres dans les couloirs de la gare, peu fréquentée à cette heure.

L'homme s'est ensuite précipité sur un militaire, qui a «immédiatement ouvert le feu en touchant l'individu à plusieurs reprises». L'homme est décédé sur place.

Coldplay

«Un attentat terroriste a été évité», a réagi le Premier ministre belge Charles Michel mercredi, à l'issue d'un Conseil national de sécurité.

«Nous ne nous laissons pas intimider par les terroristes», a répété M. Michel, confirmant que l'évaluation du niveau de la menace terroriste dans le pays demeurait inchangé, à 3 («menace possible et vraisemblable») sur une échelle de 4.

«Pour les événements qui supposent la présence de nombreuses personnes, nous allons prendre des mesures complémentaires», a-t-il toutefois ajouté, en réponse à une question de la presse sur deux concerts du groupe rock britannique Coldplay prévus mercredi et jeudi soir dans un stade de Bruxelles.

Cet incident est intervenu au lendemain d'une attaque à Paris, où un islamiste avait foncé lundi après-midi avec sa voiture sur un fourgon de gendarmerie sur les Champs-Elysées, non loin de l'endroit où un policier avait été tué par un djihadiste il y a deux mois.

Le Royaume-Uni est également confronté à une vague d'attentats djihadistes, avec trois attaques en trois mois revendiquées par le groupe État islamique, qui ont fait un total de 35 morts.

Bruxelles avait été touchée le 22 mars 2016 par des attentats revendiqués par l'EI. Des djihadistes s'étaient fait exploser dans le métro et à l'aéroport, faisant 32 morts.

L'enquête a montré qu'ils appartenaient à la même cellule que celle qui a frappé Paris le 13 novembre 2015.




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