Champs-Elysées: l'assaillant détenait légalement des armes

Lundi, peu avant 16h00 locales, Adam Djaziri n'a... (PHOTO AP)

Agrandir

Lundi, peu avant 16h00 locales, Adam Djaziri n'a pas fait d'autre victime que lui-même quand il a foncé contre un véhicule de gendarmerie.

PHOTO AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Benjamin LEGENDRE
Agence France-Presse
Paris

Fiché par la police pour radicalisation et autorisé à détenir des armes: les questions se multipliaient en France autour du cas de l'islamiste mort lundi dans un attentat raté sur les Champs-Élysées à Paris, dont quatre membres de la famille sont en garde à vue.

Adam Djaziri, 31 ans, a laissé une lettre-testament dans laquelle il prête allégeance au chef du groupe État islamique (EI), Abou Bakr al-Baghdadi, a-t-on appris mardi de source proche de l'enquête.

Lui qui était fiché S (pour Sûreté de l'État) depuis 2015 pour son appartenance à la mouvance islamiste radicale disposait pourtant d'une autorisation de détention d'armes car il pratiquait le tir sportif. Dans la lettre retrouvée par les enquêteurs et destinée à son beau-frère, le suspect affirme avoir joué «double jeu» en constituant un arsenal dans le cadre de son activité de tir sportif en vue de commettre un attentat, a précisé la source.

«Personne ne (peut) se satisfaire» de cette situation, a convenu mardi le premier ministre Edouard Philippe, alors qu'un projet de loi antiterroriste doit être présenté cette semaine en France.

«Ce que je sais à ce stade, c'est que la première autorisation de détention d'armes a été donnée avant le signalement de cet individu (...) Et au moment où l'autorisation a été donnée, il n'y avait aucun antécédent judiciaire qui aurait justifié une décision de ne pas autoriser la détention d'armes», a ajouté le premier ministre.

Fin novembre 2016, dans le cadre d'une demande de renouvellement de l'autorisation, une enquête administrative a été conduite mais les services de renseignement intérieur n'ont pas jugé opportun de lui retirer ce permis.

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, dans une interview au quotidien Le Figaro à paraître mercredi, a indiqué avoir demandé une «nouvelle évaluation des personnes suivies pour radicalisation» qui seraient «susceptibles de détenir légalement une arme».

Il a souligné qu'«en l'état actuel du droit, l'autorisation de détention d'armes ne peut pas être retirée de manière systématique à une personne qui fait l'objet d'un suivi».

Lundi, peu avant 16h00 locales, Adam Djaziri n'a pas fait d'autre victime que lui-même quand il a foncé contre un véhicule de gendarmerie, deux mois après l'assassinat d'un policier par un djihadiste, déjà sur les Champs-Elysées.

Peu après la collision, sa berline s'est embrasée pour une raison encore inconnue et les forces de l'ordre ont extrait le conducteur de l'habitacle rempli de fumée.

Arsenal 

L'assaillant est mort peu après d'un «arrêt cardio-respiratoire, probablement du à un effet de souffle et à l'inhalation de fumées», selon une source proche du dossier.

Deux bonbonnes de gaz sans dispositif de mise à feu, un fusil d'assaut israélien, deux armes de poing et un important stock de munitions ont été retrouvés dans la voiture.

Les enquêteurs pensent que l'homme cherchait «à faire exploser son véhicule selon un mode opératoire qui reste à déterminer» et qui n'a pas fonctionné, selon cette source.

Un stock d'armes a par ailleurs été retrouvé à son domicile, selon une source proche du dossier. Il détenait au moins neuf armes connues des autorités.

Si l'attaque n'a pas été revendiquée, ce mode opératoire et ce type de cible sont ceux préconisés par les djihadistes.

Dans la foulée, l'ex-épouse, le frère et la belle-soeur ainsi que le père d'Adam Djaziri ont été interpellés lors de perquisitions au domicile de cette famille, décrite comme salafiste, au Plessis-Pâté, petite commune à une trentaine de kilomètres au sud de Paris, selon cette source.

«Ils avaient une pratique religieuse très rigoureuse», a déclaré le maire Sylvain Tanguy, évoquant une «famille très discrète, qui ne sortait pas beaucoup».

L'homme avait été repéré en 2015, en raison notamment de voyages en Turquie. Il avait avancé des motifs professionnels pour justifier ces déplacements dans un pays connu pour être une voie d'accès privilégiée des djihadistes européens vers la Syrie, selon une source proche du dossier.

Depuis janvier 2015, la France est visée par une vague d'attentats qui a fait 239 morts, plusieurs attentats ciblant les forces de l'ordre.

Le 20 avril, quelques jours avant le premier tour de l'élection présidentielle, les Champs-Elysées avaient été le théâtre d'un attentat revendiqué par l'EI: Karim Cheurfi avait tué par balles un policier et en avait blessé deux autres avant d'être abattu.

Le 6 juin, un homme avait lui blessé un policier devant la cathédrale Notre-Dame, en plein coeur de Paris, et s'était revendiqué «soldat du califat», un terme utilisé pour désigner l'EI.




À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer