Theresa May se rapproche d'un accord de gouvernement

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Edouard GUIHAIRE
Agence France-Presse
Londres

La première ministre britannique Theresa May se rapprochait jeudi d'un accord de gouvernement avec les Nord-Irlandais du DUP qui lui permettrait de se remettre en selle, après son revers aux législatives, au moment d'entamer les négociations sur le Brexit.

Avec un score très en deçà de ses espérances aux législatives du 8 juin, la dirigeante conservatrice est dans l'obligation faire alliance avec le DUP, dont les dix élus lui permettraient d'atteindre les 326 sièges requis pour retrouver une majorité absolue à la Chambre des Communes.

Si l'accord n'est pas encore finalisé, les deux parties ont trouvé un «large terrain d'entente» sur plusieurs questions clefs, a affirmé jeudi un haut responsable tory, qui envisage désormais sereinement le vote de confiance du Parlement.

Dans un signe suggérant, selon le Guardian et The Independent, que le gouvernement «doit être confiant quant à la finalisation d'un accord», la leader de la chambre des Communes Andrea Leadsom a annoncé jeudi que la reprise parlementaire aurait lieu le 21 juin, avec un retard de deux jours.

L'incendie de Londres, priorité

Entamées depuis plusieurs jours, ces discussions sont passées au second plan en raison du terrible incendie qui a ravagé à Londres un immeuble de logements sociaux dans la nuit de mardi à mercredi, faisant 17 morts, selon un bilan provisoire.

L'ampleur du sinistre et les suspicions de négligence qui pèsent sur le gestionnaire du bâtiment ont choqué l'opinion, comme la classe politique.

En raison de l'incendie, le ministre des Finances Philip Hammond a annulé un discours très attendu qu'il devait prononcer jeudi soir et dont les milieux économiques espéraient qu'il pourrait les éclairer sur les intentions du gouvernement en matière de Brexit.

Le temps presse pour Theresa May, dont le crédit s'est effondré depuis les élections et qui va devoir entamer amoindrie les difficiles négociations sur la sortie de l'Union européenne, censées commencer lundi, presque un an après le référendum du 23 juin 2016.

Se voulant rassurante, alors que des responsables européens montrent des signes d'impatience, elle a affirmé que le calendrier serait «maintenu» et que les discussions commenceraient bien «la semaine prochaine».

Les négociations avec le DUP sont elles-mêmes loin d'être de tout repos : la perspective d'une alliance avec ce petit parti ultraconservateur, opposé au mariage homosexuel et à l'avortement, inquiète au Royaume-Uni comme en Irlande.

Une réunion prévue jeudi après-midi à Downing Street avec les cinq principaux partis nord-irlandais doit officiellement porter sur la gouvernance locale en Irlande du Nord, mais il semble improbable que l'accord de gouvernement ne soit pas évoqué.

Tensions en Irlande du Nord

Michelle O'Neill, la dirigeante du Sinn Fein, formation historique des nationalistes catholiques, a mis en garde contre une alliance qui «saperait l'accord du Vendredi saint», qui avait mis fin en 1998 à 30 ans de violences dans la province britannique.

Une alliance entre le DUP et le gouvernement poserait en effet la question de la neutralité de l'exécutif britannique en Irlande du Nord.

«Le risque, c'est que l'Irlande du Nord continue sur la mauvaise pente et que le processus de paix en pâtisse», a souligné Simon Usherwood, de l'université du Surrey.

Mme May et la chef du DUP Arlene Foster pourraient également devoir accorder leurs points de vue sur le Brexit.

La première ministre a en effet prôné jusqu'ici un Brexit «dur», impliquant notamment une sortie du marché unique, tandis que le DUP veut éviter le retour d'une frontière physique avec l'Irlande, membre de l'UE.

Sans entrer dans le détail, le responsable tory a assuré que la sortie de l'UE faisait partie des sujets inclus dans le «terrain d'entente».

Mme May affaiblit, sa ligne fait l'objet d'attaques redoublées depuis la semaine dernière, la première ministre étant appelée de tous côtés, à l'exception des Brexiters purs et durs, à faire preuve d'ouverture.




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