Brexit: «Pas de temps à perdre», lance l'UE

L'Union européenne espérait débuter formellement ces discussions dès... (Photo Peter Nicholls, archives REUTERS)

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L'Union européenne espérait débuter formellement ces discussions dès le 19 juin, mais l'échec de Theresa May dans ces élections, pourtant convoquées de manière anticipée afin d'obtenir une majorité renforcée pour négocier le Brexit, plonge Londres et Bruxelles dans l'incertitude.

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Clément ZAMPA
Agence France-Presse
BRUXELLES

L'Union européenne jugeait vendredi « urgent » d'ouvrir les négociations sur le Brexit, malgré la surprise des élections législatives britanniques, où les conservateurs de la première ministre Theresa May ont perdu leur majorité absolue au Parlement.

Le calendrier imposé par les traités « ne nous permet pas de perdre du temps », a souligné le président du Conseil européen Donald Tusk dans une « lettre de félicitations » à Mme May, qualifiant ces discussions de « tâche urgente ».

L'UE espère commencer à négocier dès le 19 juin, mais l'échec de Mme May dans ces élections, pourtant convoquées de manière anticipée afin d'obtenir une majorité renforcée pour le Brexit, a plongé Londres et Bruxelles dans l'incertitude.

« J'espère que nous ne serons pas confrontés à un retard supplémentaire dans la conclusion de ces négociations », a déclaré depuis Prague le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, en marge d'une conférence ministérielle sur la sécurité et la défense de l'UE.

« J'espère que le résultat des élections n'aura pas d'impact majeur sur ces négociations que nous attendons désespérément », a-t-il insisté. « En ce qui concerne la Commission, nous pouvons ouvrir les négociations demain matin à 9 h 30. »

« Avant de se poser la question de prolonger les négociations avec nos amis britanniques, il faudrait qu'elles commencent. Je voudrais qu'elles commencent », a-t-il ajouté.

Malgré des appels à la démission, Theresa May a annoncé en début d'après-midi la formation d'un nouveau gouvernement, amené à guider « le pays tout au long des discussions cruciales sur le Brexit qui débutent dans tout juste dix jours ».

Une déclaration qui pourrait rassurer les Européens, particulièrement inquiets de la tournure prise par la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

« But contre son camp »

Le Royaume-Uni est supposé quitter l'UE fin mars 2019, soit deux ans tout juste, comme le prévoient les textes, après le lancement officiel de la procédure de sortie par Mme May le 29 mars de cette année.

Or, les pourparlers entre l'UE et Londres n'ont toujours pas commencé sur le fond.

Dans un tweet publié en début de matinée, le négociateur en chef de l'UE sur le Brexit, le Français Michel Barnier, a prôné la sérénité : « Les négociations sur le Brexit devraient débuter quand le Royaume-Uni sera prêt ; le calendrier et les positions de l'UE sont clairs. Unissons nos efforts pour conclure un accord ».

Mais à Bruxelles, beaucoup sont circonspects, à l'image de l'ancien premier ministre belge Guy Verhofstadt, référent au Parlement européen pour les négociations du Brexit. « Un nouveau but contre son camp - après Cameron, maintenant May - va rendre encore plus complexe des négociations déjà complexes », s'est-il désolé.

Le commissaire européen au Budget, Günther Oettinger, a insisté sur le fait que l'UE avait besoin d'un gouvernement britannique « capable d'agir », sans quoi « il y a un danger que les négociations soient mauvaises pour les deux parties ».

« L'horloge tourne, le Royaume-Uni est profondément divisé », a pour sa part souligné, également sur Twitter, Manfred Weber, le chef de file du PPE (Parti populaire européen, droite), principal groupe politique du Parlement européen.

Mme May « voulait de la stabilité mais a plutôt apporté le chaos à son pays », a-t-il estimé.

« C'est un désastre pour May. Son énorme pari s'est retourné contre elle de manière spectaculaire. Elle n'a aucune crédibilité au Royaume-Uni ou en Europe », a renchéri le chef de file des socialistes au Parlement européen, Gianni Pittella, qui a félicité le chef de l'opposition travailliste, le très à gauche Jeremy Corbyn, pour son résultat.

Les conservateurs sont en tête du scrutin mais ont perdu une douzaine de sièges, tandis que l'opposition travailliste en a gagné une petite trentaine, selon des résultats quasi définitifs au terme desquels les Tories ne peuvent plus obtenir de majorité absolue.




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