Poutine fustige la «russophobie» occidentale

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Le premier ministre indien Narendra Modi était l'invité du président russe au premier jour du Forum économique international de Saint-Pétersbourg.

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Germain MOYON, Nicolas MILETITCH
Agence France-Presse
Saint-Pétersbourg

Vladimir Poutine a fustigé la «russophobie contreproductive» des Occidentaux à l'ouverture du rendez-vous annuel des milieux d'affaires russes, qui a donné l'occasion au Kremlin d'afficher une relation «privilégiée» avec l'Inde au moment où son économie va mieux.

À deux jours de sa visite à Paris, le premier ministre indien Narendra Modi était l'invité du président russe au premier jour du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, qui se tient dans un contexte de reprise de l'économie russe après deux ans de récession causée par le plongeon des prix du pétrole et les sanctions dues à la crise ukrainienne.

La «russophobie» des Occidentaux, a déclaré Vladimir Poutine lors d'une rencontre avec des responsables de médias, est «évidente» et «dépasse les bornes». Mais «elle ne durera pas éternellement, ne serait-ce que parce qu'il y doit y avoir une prise de conscience, qu'elle est contreproductive et porte préjudice à tout le monde», a-t-il ajouté.

Selon le président russe, cette politique est liée à l'émergence d'un monde multipolaire, notamment grâce aux efforts de la Russie, ce qui ne plait pas à certains qui imposent à Moscou «des restrictions économiques, dont l'effet est absolument nul».

Malgré l'arrivée à la Maison-Blanche de Donald Trump, qui avait promis de se rapprocher de Moscou, aucun réchauffement diplomatique n'a eu lieu permettant de surmonter les désaccords concernant la Syrie ou l'Ukraine.

Au contraire, la Russie se trouve fustigée à Washington pour les ingérences dont elle se serait rendue coupable dans la campagne américaine en piratant les ordinateurs du parti démocrate.

«Des pirates informatiques peuvent apparaître dans n'importe quel pays. S'ils ont la fibre patriotique, ils vont apporter leur contribution à ce qui est profitable à la Russie», a déclaré M. Poutine tout en ajoutant: «Nous ne soutenons pas ce genre d'opération au niveau de l'État et nous n'avons pas l'intention de le faire à l'avenir. Au contraire, nous luttons contre».

Malgré un contexte difficile, de nombreux chefs d'entreprises américains, ainsi que l'ambassadeur des États-Unis à Moscou John Tefft, sont venus au Forum de Saint-Pétersbourg, où Vladimir Poutine doit participer vendredi à une table ronde réunissant représentants des milieux d'affaires russes et américains. 

Contrat dans le nucléaire

Après avoir reçu Narendra Modi, le président russe a en revanche vanté le «partenariat stratégique et privilégié» entre la Russie et l'Inde dont les relations se sont cependant distendues depuis 25 ans.

Allié militaire de l'URSS pendant la Guerre froide, New Delhi s'est tourné vers les États-Unis et la France pour diversifier ses achats d'armement. Et a peu apprécié de voir Moscou se rapprocher de ses rivaux que sont le Pakistan et la Chine.

M. Poutine a mis en avant «la tendance positive» apparue récemment, scellée par la signature de nouveaux accords commerciaux. La Russie va ainsi fournir un crédit de plus de quatre milliards de dollars pour la construction de deux nouveaux réacteurs nucléaires en Inde, qui dépend de l'étranger pour sa production d'électricité.

Au total, plus de 8000 participants étaient attendus au Forum de Saint-Pétersbourg, preuve pour les autorités de l'intérêt des investisseurs internationaux pour la Russie.

«Le message que veut envoyer l'administration présidentielle, c'est que la Russie reste ouverte pour faire des affaires, avec des compagnies publiques qui travaillent avec l'Inde, l'Arabie saoudite et des fonds souverains», estime Charles Robertson, chef économiste de la banque Renaissance Capital.

Les autorités russes assurent que l'économie du pays s'est désormais adaptée à la faiblesse des prix des hydrocarbures et aux sanctions qui entravent le financement de secteurs entiers sur les marchés internationaux.

Elles reconnaissent cependant que, faute de réformes, les perspectives de croissance restent modestes à moyen terme, bien loin en tout cas de l'expansion spectaculaire ayant marqué les deux premiers mandats de Vladimir Poutine (2000-2008) sur fond d'envolée des cours du pétrole.

«Des transformations structurelles sont nécessaires, mais les mettre en oeuvre n'est pas facile», a reconnu jeudi le ministre des Finances Anton Silouanov à l'ouverture du Forum.




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