Dernière ligne droite pour Le Pen et Macron

La campagne électoral française s'achèvera officiellement vendredi soir... (PHOTO Eric Gaillard, REUTERS)

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La campagne électoral française s'achèvera officiellement vendredi soir à minuit.

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Eloi ROUYER
Agence France-Presse
Paris

Marquée par un duel télévisé à la violence inédite, la campagne présidentielle française se termine vendredi dans un climat tendu, après une plainte d'Emmanuel Macron contre des rumeurs de compte offshore et un accueil houleux pour les deux candidats.

Le candidat centriste et la candidate d'extrême droite Marine Le Pen ont prévu vendredi plusieurs entretiens avec la presse, au dernier jour de la campagne officielle.

Jeudi, Marine Le Pen a participé à sa dernière réunion publique, dans un petit village du Nord, où elle a sonné la mobilisation: «La France ne peut pas se permettre d'attendre cinq ans de plus pour relever la tête», a-t-elle lancé à ses partisans.

Elle avait été accueillie plus tôt par des jets d'oeufs lors d'un déplacement dans l'Ouest.

En cas de victoire, «j'irai chercher des gens partout où il y aura des compétences», a-t-elle affirmé dans un entretien au quotidien La Provence, un appel du pied aux Républicains (droite) «en rupture de ban».

Toujours en tête des sondages, M. Macron, jeune centriste pro-européen qui a reçu le soutien appuyé de l'ancien président américain Barack Obama, s'est lui engagé à tenir «la promesse du renouvellement jusqu'au bout» lors d'un dernier rassemblement à Albi (sud-ouest).

Il avait été interpellé à son arrivée à Albi par une cinquantaine de syndicalistes sur une loi controversée libéralisant le Code du travail, qu'il s'est refusé à abroger en cas de victoire.

Les insinuations de sa rivale pendant le débat télévisé, sur «un compte offshore aux Bahamas» qu'il pourrait détenir - allégation massivement relayée par les réseaux sociaux proches de l'extrême droite -, ont conduit M. Macron à déposer plainte contre X pour «propagation de fausse nouvelle». Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire.

Cette accusation était l'une des multiples attaques lancées mercredi soir par la candidate du Front national (FN) lors du seul face-à-face de l'entre-deux tours, suivi par près de 16,5 millions de téléspectateurs.

Sa prestation a été sévèrement jugée même dans les rangs de son parti, plusieurs de ses soutiens évoquant en privé une débatteuse «très mauvaise» et parfois «incompréhensible». Son père Jean-Marie, brouillé avec elle, a lui-même jugé qu'elle avait «peut-être manqué de hauteur».

«Marquis poudré»

Lors du débat, Mme Le Pen a qualifié son adversaire «d'enfant chéri du système», de «candidat de la mondialisation sauvage», «du communautarisme» et de «la guerre de tous contre tous».

«Parasite», «grande prêtresse de la peur», a rétorqué M. Macron, l'accusant de prospérer sur la colère et sur la détresse des Français et d'incarner «l'esprit de défaite», lui-même se présentant en défenseur de «l'esprit de conquête français».

Après le débat, le président socialiste sortant François Hollande a jugé que «l'ignorance» de Marine Le Pen sur les questions monétaires européennes «ne peut (lui) permettre d'être» présidente.

La confrontation télévisée a marqué les esprits par sa violence et sa confusion.

Selon un sondage d'après-débat, deux tiers des téléspectateurs ont trouvé le centriste plus convaincant, un tiers penchant pour Mme Le Pen, appréciation en phase avec les intentions de vote pour dimanche, à pondérer par la grande inconnue du taux d'abstention.

Alors que l'ex-président conservateur Jacques Chirac (1995-2007) avait refusé de débattre avec Jean-Marie Le Pen avant le second tour de 2002, M. Macron a assumé le face-à-face, «même si on se salit un peu» face à l'extrême droite dans ce type d'exercice, selon lui.

«On n'arrive pas à tordre le cou à tous les mensonges, mais on en tue quelques-uns», s'est félicité ce novice en politique, qui mène sa première campagne électorale avec un mouvement, «En Marche!», créé il y a à peine un an.

À gauche, nombreux sont ceux qui, comme l'ex-premier ministre socialiste Manuel Valls, ont salué sa performance, appelant «ceux qui hésitent encore, ou veulent s'abstenir» à prendre «leur responsabilité».

Une pique à destination de la gauche radicale emmenée par Jean-Luc Mélenchon, dont le mouvement, la France insoumise, s'est prononcé aux deux tiers, lors d'une consultation interne, pour l'abstention ou le vote blanc dimanche, refusant de choisir entre «peste et choléra». Mais selon plusieurs sondages, la moitié des électeurs de M. Mélenchon devrait se reporter dimanche sur M. Macron, tandis qu'un tiers devrait s'abstenir ou voter blanc et le reste voter Le Pen.

«J'entends les pudeurs de gazelle de ceux qui hésitent à voter pour moi alors qu'ils étaient allés voter Chirac en 2002», a déclaré à La Provence M. Macron, qui promet d'aller jusqu'«au bout de la recomposition politique qui est en train de se produire» en France.




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