Présidentielle: les appels pro-Macron se multiplient

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Selon les sondages, qui donnent tous une large victoire à M. Macron, l'abstention approcherait les 30% dimanche, bien au-delà des chiffres enregistrés au second tour lors des précédents scrutins présidentiels, mis à part 1969 (31,1%).

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Eloi ROUYER, Daphné BENOIT
Agence France-Presse
Paris

Face à l'abstention susceptible de favoriser l'extrême droite dimanche au second tour de la présidentielle, les appels à soutenir le centriste Emmanuel Macron se sont multipliés mardi, à la veille d'un duel télévisé crucial avec sa rivale Marine Le Pen.

Artistes, politiques, patrons, scientifiques, grands médias: à cinq jours de ce vote décisif, tribunes et pétitions en faveur du jeune candidat s'enchaînent pour faire barrage à la candidate du Front National (FN), contre laquelle Emmanuel Macron a promis un «corps-à-corps» au débat de mercredi.

Les sondages donnent actuellement l'avantage à M. Macron avec 60 % des intentions de vote, mais l'écart avec Mme Le Pen semble se resserrer. L'abstention oscillerait entre 22 et 28 % dimanche, et beaucoup craignent qu'elle ne profite à l'extrême droite.

Les militants du mouvement de gauche radicale dirigé par Jean-Luc Mélenchon ont opté aux deux tiers pour le vote blanc ou l'abstention, seuls 35 % d'entre eux se prononçant pour un vote Macron dans une consultation interne qui ne proposait pas le choix du vote Le Pen.

Éliminé au premier tour avec 19,58 % des voix, leur candidat s'est certes clairement prononcé contre Marine Le Pen, qui cherche à séduire une partie de son électorat hostile au capitalisme. Mais il refuse de soutenir explicitement Emmanuel Macron, dont il rejette le programme social-libéral.

Une des références de la gauche radicale en Europe, l'ex-ministre grec des Finances Yanis Varoufakis, a rappelé son camp à l'ordre mardi en appelant à voter pour Emmanuel Macron: «je refuse de faire partie d'une génération de progressistes européens qui auraient pu empêcher Marine Le Pen de gagner la présidence française, mais ne l'ont pas fait».

En France, les artistes donnent également de la voix pour faire barrage à la candidate anti-immigration et anti-euro. Parmi eux, les cinéastes Mathieu Kassovitz et Luc Besson, le directeur du célèbre festival d'Avignon, Olivier Py, ou encore le prix Nobel de littérature Jean-Marie Gustave Le Clézio.

Côté médias, le grand quotidien catholique La Croix a appelé mardi à voter Macron, emboîtant le pas à une série d'autres journaux nationaux.

Appels contre-productifs?

Trois associations de mémoire de la Seconde Guerre mondiale ainsi que l'Académie des Sciences ont également gonflé les rangs mardi des soutiens au candidat pro-européen. Le patron du géant aéronautique Airbus, Tom Enders, a lui aussi exprimé son «plein soutien» à l'ancien ministre de l'Économie du gouvernement socialiste (2014-2016).

Mais après les votes qui ont causé la surprise en faveur de Donald Trump aux États-Unis ou du Brexit en Grande-Bretagne, certains s'inquiètent d'un possible effet contre-productif de ces appels.

Ils «sont susceptibles de se changer en poison», avertit le quotidien économique Les Échos, rappelant que «plus les grandes voix de la culture et de la politique avaient défendu Hillary Clinton, plus elles avaient conforté les classes populaires dans le sentiment qu'on les méprisait».

Marine Le Pen, elle, ne bénéficie que de rares soutiens publics. Mais celle qui se présente comme la candidate du peuple face au «système», aux «élites», à «l'oligarchie», mène une campagne offensive pour convaincre les déçus du premier tour, les indécis et les abstentionnistes.

Parmi eux, une frange des électeurs du conservateur François Fillon (20 % au premier tour) ne veulent pas entendre parler d'Emmanuel Macron, perçu comme l'héritier du président socialiste François Hollande.

Lundi, en rassemblement, Mme Le Pen a repris sans le citer et quasiment mot pour mot au moins quatre longs extraits d'un discours de François Fillon sur l'identité française, déclenchant polémique et moquerie.

Un «clin d'oeil» aux électeurs de M. Fillon et non du plagiat, a plaidé le vice-président du FN Louis Aliot, en faisant valoir qu'«avec une partie de la droite, on a exactement la même vision de l'identité de la nation».

«Ce n'est pas parce que la France est malade qu'il faut se jeter dans le vide», a contre-attaqué mardi François Fillon, qui avait appelé dès le soir du premier tour à voter Macron pour contrer l'extrême droite.

Plombé par un scandale d'emplois fictifs présumés qui a éclaté pendant la campagne et lui a valu d'être inculpé, M. Fillon a déposé plainte contre l'hebdomadaire Canard Enchaîné, à l'origine de ces révélations, a indiqué mardi à l'AFP son entourage.




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