Emmanuel Macron et Marine Le Pen redoublent leurs attaques

Emmanuel Macron a prononcé un discours à Paris... (Photo Eric Feferberg, AFP)

Agrandir

Emmanuel Macron a prononcé un discours à Paris devant quelque 12 000 partisans, selon son équipe, lundi.

Photo Eric Feferberg, AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Valérie Leroux, Béatrice Le Bohec
Agence France-Presse
Paris

Marine le Pen «l'héritière», Emmanuel Macron «le visage de la finance»: à six jours de la présidentielle française, les deux candidats ont redoublé leurs attaques, tous deux critiqués lors des traditionnels défilés du 1er mai émaillés de violences.

Le candidat pro-européen de 39 ans, donné gagnant le 7 mai, et sa rivale d'extrême droite se sont affrontés par grands rassemblements interposés, les derniers avant le scrutin de dimanche.

Ils doivent s'affronter mercredi face-à-face lors d'un débat télévisé crucial. En 2002, le candidat de droite Jacques Chirac, largement élu, avait refusé le débat face à Jean-Marie Le Pen, père de la candidate actuelle, qui avait provoqué un vif émoi en France en se hissant au deuxième tour de la présidentielle.

Et contrairement à ceux de 2002, les défilés du 1er mai n'ont pas sonné la mobilisation générale. Il y a 15 ans, ils étaient 1,3 million à dire leur «honte d'être Français» et à appeler à voter contre l'extrême droite.

Cette année, la mobilisation a atteint 142 000 personnes selon le ministère de l'Intérieur, 280 000 selon le syndicat CGT.

Et les défilés se sont déroulés en ordre dispersé dans toute la France: les uns appelaient à «faire barrage» à la cheffe du Front national (FN) Marine Le Pen, d'autres à voter pour Emmanuel Macron, et d'autres encore à «battre les deux candidats».

Des heurts ont éclaté en marge de la manifestation parisienne: des personnes encagoulées ont jeté des projectiles et cocktails Molotov sur les forces de l'ordre, faisant six blessés dans les rangs de la police.

Les deux candidats se sont eux rendus coup pour coup. Le candidat du mouvement «En Marche!» a répondu à Marine Le Pen qui, quelques heures plus tôt, l'avait accusé d'incarner «En Marche ou crève»: «Elle a raison: En marche, c'est nous!», a lancé M. Macron, laissant ainsi entendre que «crève», c'est l'extrême droite.

Quant au programme du Front national, «jamais ils n'expliquent comment ils le paieront. Soit ils augmenteront vos impôts, soit ils augmenteront votre dette... Mais il y aura un cocu dans l'histoire, parce qu'ils mentent!», a-t-il fustigé.

«Le projet de l'extrême droite, c'est la violence extrême contre les opposants politiques (..) c'est la réduction des libertés, la négation des différences. Cela ne l'oubliez jamais!» a martelé à Paris Emmanuel Macron devant quelque 12 000 partisans, selon son équipe.

Dans une France en proie à la désindustrialisation et un chômage endémique de 10%, la candidate du Front national s'est présentée, elle, comme la voix «du peuple et des ouvriers».

Marine Le Pen a appelé les Français à «faire... (Photo Charles Platiau, Reuters) - image 2.0

Agrandir

Marine Le Pen a appelé les Français à «faire barrage à la finance, à l'arrogance, à l'argent roi».

Photo Charles Platiau, Reuters

«Vents mauvais»

Dans un discours virulent devant ses partisans près de Paris, elle a appelé les Français à «faire barrage à la finance, à l'arrogance, à l'argent roi», en accusant son rival d'être «le candidat du système» après avoir été banquier puis ministre de l'Économie du président socialiste François Hollande.

«M. Macron, c'est une conception radicale, extrémiste de l'Union européenne», a-t-elle ajouté en accusant son adversaire de vouloir «soumettre» la France à «la chancelière allemande» Angela Merkel et la «livrer à la submersion migratoire», «aux vents mauvais de la mondialisation sauvage».

L'écart se resserre entre les deux finalistes. M. Macron est désormais crédité de 59% des intentions de vote contre 41% pour Mme Le Pen, qui mène depuis plusieurs années une stratégie de banalisation de son parti à rebours des propos antisémites et xénophobes de son père.

Un stratégie de dédiabolisation qui semble avoir en partie fonctionné.

«Notre slogan est clair: Il faut battre le FN pour le progrès social. Le FN est un parti raciste, xénophobe, antifemmes et libéral», a déclaré le secrétaire général du syndicat CGT, Philippe Martinez, lors du défilé parisien du 1er mai.

Mais dans les cortèges, de nombreux manifestants disaient ne vouloir d'aucun candidat.

À Paris, Camille Delaye, professeur de 28 ans, brandissait une pancarte proclamant: «L'abstention, c'est un acte politique». «Si on vote Macron, on va encore plus favoriser Le Pen», argumentait-il.

Le tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, dont beaucoup de militants participaient à la manifestation parisienne, a fait une apparition. Après avoir engrangé 19,6% des voix au premier tour, il s'est prononcé contre Marine Le Pen sans pour autant appeler à voter Macron.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer