Heurts à Paris en marge du défilé du 1er mai

Des heurts entre des jeunes cagoulés et les... (Photo Zakaria ABDELKAFI, Agence France-Presse)

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Des heurts entre des jeunes cagoulés et les forces de l'ordre ont fait quatre blessés dans les rangs des policiers, selon la police. Une photo de l'AFP montrait notamment un membre des forces de l'ordre dont le haut du corps était pris dans les flammes jaillissant d'un projectile enflammé.

Photo Zakaria ABDELKAFI, Agence France-Presse

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Béatrice LE BOHEC
Agence France-Presse
Paris

À six jours de l'issue de la présidentielle, des heurts se sont produits lundi à Paris en marge des défilés du 1er mai, unis contre la candidate de l'extrême droite Marine Le Pen mais divisés sur le vote pour son rival Emmanuel Macron.

Des heurts entre des jeunes cagoulés et les forces de l'ordre ont fait quatre blessés dans les rangs des policiers, selon la police. Une photo de l'AFP montrait notamment un membre des forces de l'ordre dont le haut du corps était pris dans les flammes jaillissant d'un projectile enflammé.

Le cortège, mené par quatre syndicats derrière une banderole proclamant «Contre les reculs sociaux, terreau de l'extrême droite», a dû s'arrêter à plusieurs reprises.

Les incidents parisiens se sont déroulés en marge d'une journée de mobilisation en ordre dispersé dans toute la France: les uns appelaient à «faire barrage» à la cheffe du Front national (FN) Marine Le Pen, d'autres à voter pour le jeune centriste Emmanuel Macron et d'autres encore à «battre les deux candidats».

«Notre slogan est clair: il faut battre le FN pour le progrès social. Le FN est un parti raciste, xénophobe, antifemmes et libéral», a déclaré le secrétaire général du syndicat CGT, Philippe Martinez.

Le tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, dont beaucoup de militants participaient à la manifestation parisienne, a fait une apparition. Après avoir engrangé 19,6 % des voix au premier tour, il s'est prononcé contre Marine Le Pen sans pour autant appeler à voter Macron.

De Lille à Marseille, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté contre Marine Le Pen mais aussi contre Emmanuel Macron, un ancien banquier au programme jugé trop libéral.

À Toulouse, Georges Lorente, 64 ans, déterminé à voter blanc, tenait une pancarte «pas de banquier, pas de fille de tortionnaire».

Plusieurs centaines de manifestants se sont parallèlement rassemblés à Paris «contre le fascisme et le capitalisme», à l'appel d'organisations anarchistes. Une «marche noire» contre l'extrême droite doit par ailleurs se dérouler dans la journée.

Le 1er mai 2002, 1,3 million de personnes étaient descendues dans toute la France pour «faire barrage par leur vote à Jean-Marie Le Pen», père de Marine Le Pen. Il avait été largement battu face à Jacques Chirac en ne récoltant que 18 % des voix.

«Argent roi»

Dans une France en proie à la désindustrialisation et un chômage endémique de 10 %, la cheffe de fille de l'extrême droite se présente comme la candidate «du peuple et des ouvriers».

Dans un discours virulent, Marine Le Pen a appelé les Français à «faire barrage à la finance, à l'arrogance, à l'argent roi», en accusant son rival d'être «le candidat du système» après avoir été banquier puis ministre du président socialiste François Hollande.

Avant ce rassemblement, des cadres du Front national ont déposé une gerbe au pied d'une statue de Jeanne d'Arc à Paris, célébrée pour «son amour de la nation» chaque 1er mai par ce parti anti-immigration et anti-Europe.

Dans l'après-midi, Emmanuel Macron a aussi réuni ses partisans après avoir fleuri une plaque en mémoire d'un jeune Marocain tué à Paris par des militants proches de l'extrême droite en 1995 en marge d'un rassemblement politique de Jean-Marie Le Pen, cofondateur du FN.

Cherchant à se placer sur le terrain des «valeurs» qu'il entend incarner face à l'extrême droite, le centriste de 39 ans enchaîne les commémorations sur le thème de la lutte contre l'extrémisme et la «barbarie» de la Seconde Guerre mondiale.

L'écart se resserre entre les deux finalistes. M. Macron est désormais crédité de 59 % des intentions de vote contre 41 % pour Mme Le Pen, qui mène depuis plusieurs années une stratégie de banalisation de son parti à rebours de propos antisémites et xénophobes de son père.

Si elle est élue, dans «un an après très probablement» les Français paieront leur baguette «en francs», a promis son bras droit, Florian Philippot.

M. Macron a dénoncé dimanche «une convertie récente» à la cause «du peuple», estimant: «le peuple, elle l'utilise, ce qui est le propre des extrêmes, ce qui est le propre des vrais démagogues. Le peuple, elle s'en moque au fond».

Les appels à se mobiliser contre l'extrême-droite se sont multipliés. «Montrons au reste du monde ce que cela veut vraiment dire d'être Français: un peuple ouvert, courageux et fraternel», a lancé le plus international des cinéastes français, Luc Besson.




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