Le leader des Chevaliers de Malte défie le pape et revient à Rome

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Frá Matthew Festing, qu'on voit ici à la droite de François en juin dernier, a été chassé après avoir refusé de collaborer avec une commission créée par le pape pour enquêter sur sa décision de congédier le grand chancelier des Chevaliers, à qui on reprochait d'avoir autorisé la distribution de milliers de condoms à des Birmans pauvres.

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Associated Press
Vatican

La querelle entre le Vatican et les Chevaliers de Malte est loin d'être terminée.

Au moment où le pape François rencontrait une dizaine de Chevaliers de premier plan, à la veille de l'élection de leur prochain leader, le leader actuel, Frá Matthew Festing, est rentré à Rome, même si le Vatican lui avait demandé de rester au loin.

Les Chevaliers de Malte éliront leur prochain leader samedi après que le pape eut essentiellement évincé Frá Matthew Festing en janvier, après que les deux hommes se soient querellés publiquement.

Dans une lettre en date du 15 avril, l'homme nommé temporairement par le pape à la tête des Chevaliers, l'archevêque Angelo Becciu, demande spécifiquement à Frá Matthew Festing de ne pas se rendre à Rome, en prévenant que sa présence risquerait de «rouvrir des blessures et d'empêcher (le vote) de se dérouler dans une ambiance de paix et d'harmonie».

M. Festing a été chassé après avoir catégoriquement refusé de collaborer avec une commission créée par le pape pour enquêter sur sa décision de congédier le grand chancelier des Chevaliers, Albert von Boeselager, à qui on reprochait d'avoir autorisé la distribution de milliers de condoms à des Birmans pauvres, puisque les enseignements de l'Église interdisent toute contraception artificielle.

M. Festing estimait que le statut d'entité souveraine des Chevaliers - dont le véritable nom est «L'ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte» - lui permettait de refuser de collaborer avec l'enquête papale concernant ce qu'il jugeait être une question «interne».

Cette position était extrêmement périlleuse pour M. Festing, qui avait juré obéissance au pape et qui dirigeait maintenant un ordre catholique séculaire qui se querellait avec le leader de l'Église catholique sur la place publique.

Cette querelle exceptionnelle n'était aussi que la plus récente manifestation des frictions entre le pape François et les éléments les plus conservateurs de l'Église catholique, surtout ceux qui accordent la plus grande importance à l'éthique sexuelle et à l'orthodoxie doctrinaire. Elle met aussi de nouveau aux prises le pape François et le cardinal américain Raymond Burke, qui compte parmi ses principaux détracteurs.

Le cardinal Burke accompagnait M. Festing, le 6 décembre, quand celui-ci a tout d'abord demandé, puis exigé, la démission de M. Von Boeselager. Ce dernier a refusé, avant d'être congédié deux jours plus tard. M. Von Boeselager prétend que son congédiement contrevient aux règles des Chevaliers.

Le pape a assemblé une commission quand M. Von Boeselager a déclaré avoir été informé par M. Festing que le Saint-Siège souhaitait sa démission. Le secrétaire d'État du Vatican nie que cela soit le cas et affirme que le pape désirait plutôt que le conflit soit réglé grâce au dialogue.

M. Festing avait complété neuf années d'un mandat à vie à la tête des Chevaliers. Plusieurs membres estimaient que la querelle avec le Vatican nuisait à l'image d'une organisation qui dépend des dons du public pour financer ses activités caritatives.

Le vote de samedi pourrait toutefois mener à l'élection d'un «lieutenant» qui dirigera les Chevaliers pendant un an, pour donner à l'ordre le temps de réviser les règles qui encadrent très strictement l'élection du chef. Seulement douze hommes sont actuellement éligibles, et la plupart d'entre eux sont des octogénaires.

Les Chevaliers de Malte sont un ancien ordre catholique séculaire qui compte 3500 membres et 100 000 employés et bénévoles qui offrent des soins médicaux dans les zones de guerre et lors de catastrophes naturelles.




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