L'épouse de François Fillon inculpée à son tour

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Pénélope Fillon devant son domicile, à Paris, mardi soir.

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Agence France-Presse
Paris

L'épouse du candidat de la droite à la présidentielle française, François Fillon, a été inculpée à son tour mardi dans un scandale sur de possibles emplois fictifs qui empoisonne ce scrutin prévu dans moins d'un mois.

Pénélope Fillon a été inculpée pour «complicité et recel de détournement de fonds publics», «complicité et recel d'abus de biens sociaux» et «recel d'escroquerie aggravée», selon une source judiciaire.

Penelope Fillon, une Franco-galloise de 61 ans, a été entendue pendant plusieurs heures par les magistrats financiers, a indiqué une source proche de l'enquête, sans plus de précisions.

Elle est soupçonnée d'avoir bénéficié avec deux de ses enfants d'emplois fictifs à l'Assemblée nationale dans une période s'étalant de 1986 à 2013, notamment pour assister son mari, rémunérés par de l'argent public.

François Fillon avait lui été mis en examen (inculpé) le 14 mars, notamment pour détournement de fonds publics. Une première pour un candidat majeur à la présidentielle française.

L'enquête a été élargie à des soupçons de trafic d'influence, après des révélations sur des costumes de luxe offerts par un ami, mais aussi à des soupçons d'escroquerie aggravée et de faux.

Le délit d'escroquerie aggravée vise des documents saisis à l'Assemblée nationale, notamment une fiche de renseignements sur laquelle l'épouse du candidat a déclaré en juillet 2012 un travail mensuel de 14 heures à un magazine, La Revue des deux Mondes, propriété d'un richissime homme d'affaires ami de son mari, d'après ces sources.

Les enquêteurs se demandent si ce nombre d'heures aurait été minimisé pour respecter la limite légale du temps de travail cumulé alors qu'elle était à la même époque, entre juillet 2012 et novembre 2013, employée à l'Assemblée nationale.

Parti favori dans la campagne, François Fillon, 63 ans, a chuté dans les sondages pour le premier tour prévu le 23 avril après des révélations fin janvier sur ces emplois fictifs présumés.

Cet ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy (2007-2012) qui avait axé sa campagne sur son image de probité est désormais devancé par la responsable de l'extrême droite Marine Le Pen et Emmanuel Macron, ancien ministre du président socialiste François Hollande repositionné au centre. Le second tour du scrutin est prévu le 7 mai.

Complot 

Pour se défendre, François Fillon dénonce un «complot», une «machination» destinée selon lui à empêcher la droite de remporter la présidentielle et accuse le président François Hollande d'animer un «cabinet noir». «La seule façon de sauver la gauche, c'est de tuer Fillon», a-t-il lancé vendredi lors d'un rallye à Biarritz.

Le chef d'État a condamné avec la plus grande fermeté ces «allégations mensongères», dénonçant «un trouble insupportable» à la campagne présidentielle et assurant que depuis son élection en 2012, «l'exécutif n'est jamais intervenu dans aucune procédure judiciaire et a toujours respecté strictement l'indépendance de la magistrature».

Entre 1986 à 2013, par période, l'épouse discrète a perçu 680 380 euros net, soit environ 3600 euros mensuels en moyenne, comme assistante à l'Assemblée nationale de son mari ou de son ancien suppléant, Marc Joulaud, inculpé lui-même vendredi pour détournement de fonds publics.

À la Revue des deux Mondes, Pénélope Fillon a touché un salaire de 5000 euros bruts, entre mai 2012 et décembre 2013, cumulant avec un contrat d'assistante parlementaire à partir de juillet 2012, lorsque son mari est redevenu député.

Le clan Fillon a vigoureusement défendu le contenu du travail accompli dans l'ombre de l'ex-député, en arguant que sa permanence était à leur domicile dans la Sarthe (ouest).

Ces démêlés ont parasité la campagne électorale. L'affaire dite «Penelopegate» s'ajoute à des enquêtes visant la candidate de l'extrême droite Marine Le Pen, pour là aussi des affaires d'emplois fictifs mais au Parlement européen et des financements illégaux de campagne. Plus récemment, le ministre socialiste de l'Intérieur Bruno Le Roux a dû démissionner avec fracas, au lendemain de révélations sur des emplois parlementaires octroyés à ses filles, dont les premiers alors qu'elles n'avaient que 15 ou 16 ans.




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