Présidentielle française: encore un mois pour convaincre les indécis

François Fillon, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le... (Photo Patrick Kovarik, archives Agence France-Presse)

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François Fillon, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et Benoit Hamon.

Photo Patrick Kovarik, archives Agence France-Presse

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Eloi Rouyer
Agence France-Presse
Paris

Les candidats en lice pour la présidentielle française tentent de convaincre la masse des indécis et des sceptiques dans une campagne jusqu'à présent marquée par les affaires, à un mois du premier tour pour lequel l'extrême droite est donnée en tête.

Environ 40 % des Français ignorent encore pour qui voter le 23 avril, un niveau record pour ce scrutin majeur, mais leur intérêt reste très fort: près de 10 millions d'entre eux, soit 48 % de part d'audience, ont suivi lundi le premier débat télévisé entre les cinq principaux candidats, un marathon de 3h30, inédit avant un premier tour.

Il s'agit de la meilleure part d'audience de l'année, selon TF1, la chaîne privée de télévision organisatrice de cet événement.

Centré sur les programmes plus que sur les affaires, le débat a vu quelques passes d'armes, notamment entre les deux candidats donnés favoris au premier tour, la candidate d'extrême droite Marine Le Pen et le centriste Emmanuel Macron, très attendus pour cette première grande confrontation publique à d'autres candidats.

Dans l'un des échanges les plus vifs, M. Macron, âgé de 39 ans, a accusé Mme Le Pen de «diviser la société» après qu'elle eut évoqué la question du burkini. Le conservateur François Fillon, 63 ans, quant à lui, a reproché à la dirigeante du Front national de vouloir entraîner le pays vers le «chaos» avec son projet de sortie de l'euro.

Pour les éditorialistes, la soirée a surtout eu des allures de «vaste kaléidoscope électoral» : sur l'avenir économique de la France, l'immigration, la sécurité ou l'Europe, les cinq candidats ont déroulé leurs programmes.

Le débat risque de ce fait de ne pas avoir d'impact décisif, selon la presse française, alors que pour la première fois, cinq candidats sont crédités de plus de 10 % des intentions de vote au premier tour.

«Pudeurs de gazelle»

Les affaires qui rythment la campagne électorale depuis des mois ont été à peine évoquées. Mais le sujet est revenu en force dès mardi matin avec des accusations de népotisme visant le ministre socialiste de l'Intérieur, Bruno Le Roux, nommé en décembre.

Ce proche du président François Hollande est soupçonné d'avoir employé ses deux filles adolescentes en tant que collaboratrices parlementaires. Il doit s'en expliquer dans la journée avec le premier ministre, Bernard Cazeneuve, avec à la clé la question de son maintien au gouvernement.

Le parquet national financier, à l'origine des enquêtes concernant M. Fillon et Mme Le Pen, «étudie les éléments révélés par la presse» sur Bruno Le Roux, selon une source judiciaire.

Les soupçons rappellent en effet ceux à l'égard du candidat conservateur, inculpé dans une affaire d'emplois présumés fictifs accordés à son épouse Pénélope et à ses enfants.

Lundi soir, M. Fillon n'a pas été interrogé sur le sujet, pas plus que Marine Le Pen, également inquiétée par la justice, là encore dans un dossier d'emplois fictifs - mais au Parlement européen.

«J'ai admiré vos pudeurs de gazelle, quand vous dites que le débat a été pollué par les affaires de certains d'entre nous. Pardon, pas moi !», a simplement lancé le trublion de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, appelant les électeurs à «récompenser les vertueux».

Présenté comme le mieux placé pour battre l'extrême droite au second tour le 7 mai, le benjamin de la compétition Emmanuel Macron porte sa jeunesse en étendard pour défendre le «renouveau» politique avec un «projet porteur d'espoir».

Il a plutôt réussi son premier grand oral, selon la presse, et a enregistré mardi un ralliement de poids avec Bernard Poignant, un très proche conseiller de François Hollande, qui dit ne pas pouvoir soutenir M. Hamon, en raison de la «fronde» qu'il a menée contre le président.

«Contrairement à ce qu'on lit dans les médias, il n'a pas encore gagné», nuançait mardi l'ancien Premier ministre de droite Jean-Pierre Raffarin, qui soutient François Fillon. Le conservateur a chuté en troisième position dans les intentions de vote depuis ses déboires judiciaires, mais son électorat est moins volatil que celui de M. Macron, d'après les sondages.

Les deux frères ennemis de la gauche, le socialiste Benoît Hamon, 49 ans, et le représentant de l'aile radicale Jean-Luc Mélenchon, 65 ans, le grand gagnant du débat disent certains médias, ferment le ban des principaux candidats. En dépit de rassemblements réussis ce week-end, les deux hommes peinent à faire décoller leur campagne.




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