Un homme abattu à l'aéroport d'Orly de Paris

Près de 3000 personnes ont été évacuées du terminal... (Photo Benoit Tessier, REUTERS)

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Près de 3000 personnes ont été évacuées du terminal Sud, et les passagers qui se trouvaient dans le terminal Ouest ont été confinés, selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet.

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Romain FONSEGRIVES, Sophie DEVILLER
Agence France-Presse
Orly

Un Français de 39 ans a été abattu samedi matin par les forces de sécurité à l'aéroport d'Orly-Sud (Val-de-Marne) après avoir attaqué une patrouille militaire de l'opération Sentinelle, au terme d'un parcours mouvementé à travers la banlieue parisienne.

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Des militaires patrouillent à l'extérieur de l'aéroport.

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Le parquet antiterroriste s'est saisi de l'enquête, alors que la France est confrontée depuis deux ans à une vague d'attentats djihadistes qui ont fait 238 morts. Le Procureur de la République de Paris, François Molins, tiendra une conférence de presse à 19 h 30.

S'ils cherchent encore à déterminer clairement ses motivations, les enquêteurs ont rapidement retracé le parcours de l'agresseur: un homme du nom Ziyed Ben Belgacem, déjà connu des services de police et de renseignement.

Tout a commencé peu avant 7 h à Garges-lès-Gonesse (Val-d'Oise), une commune de la banlieue nord de Paris d'où il est originaire: arrêté à un contrôle routier, l'homme tire au pistolet à grenailles sur des policiers, en blessant légèrement un à la tête et prend la fuite.

Sa trace réapparaît à une trentaine de kilomètres de là, à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) en banlieue sud, où il vole notamment une autre voiture, avant de gagner l'aéroport d'Orly-Sud situé à quelques kilomètres.

Vers 8 h 30, au premier étage du hall 1 du terminal, il menace avec son pistolet à grenailles une militaire en patrouille pour s'emparer du fusil d'assaut Famas qu'elle porte en bandoulière.

Le gouvernement a expliqué que l'assaillant n'avait pas réussi à prendre l'arme mais, selon des sources proches de l'enquête, il est bien parvenu à s'en saisir, avant d'être abattu par un autre soldat de la patrouille.

«Il se débat avec la militaire pour lui prendre son Famas. La lutte dure un temps assez long, peut-être 30 secondes ou une minute. Il arrive à faire passer le Famas au-dessus de la tête de la militaire et il met la sangle dans son dos», a détaillé à l'AFP une de ces sources.

L'agresseur se trouvait dans «une sorte de fuite en avant avec un processus de plus en plus destructeur qui va visiblement crescendo (...) avec des intentions qui sont criminelles de façon très objective», a commenté le procureur de Paris.

«Les deux minutes (de confrontation) avec les militaires démontrent de façon assez évidente la très forte volonté de l'agresseur. (...) Il y a une volonté très forte d'aller au bout de ce processus», a-t-il ajouté.

«J'ai fait des bêtises»

Selon des sources proches de l'enquête, Ziyed Ben Belgacem était fiché «J» au Fichier des personnes recherchées (FPR), en raison de son placement sous contrôle judiciaire pour des faits de vol à main armée, mais il n'était pas recherché. Son casier comporte «neuf mentions» pour des faits de droit commun.

«Détecté comme radicalisé», il avait également fait l'objet en 2015 d'une perquisition administrative, qui «n'avait rien donné», a précisé une source policière.

Son père et son frère se sont présentés spontanément à la police qui les a placés en garde à vue. Selon une source proche de l'enquête, ils ont déclaré avoir été contactés par l'assaillant qui leur a dit: «J'ai fait des bêtises, j'ai tiré sur des gens et on m'a tiré dessus».

Des perquisitions ont également eu lieu à son domicile de Garges-lès-Gonesse.

Fermés le temps qu'une opération de déminage exclue la présence d'explosifs, les terminaux d'Orly-Sud et Orly-Ouest ont rouvert leurs portes dans l'après-midi et le trafic aérien a repris progressivement.

«Gouvernement dépassé»

A un mois de l'élection présidentielle, cette attaque a relancé le débat sur le maintien de l'état d'urgence - en vigueur jusqu'au 15 juillet - déjà alimenté ces derniers jours par la fusillade dans un lycée à Grasse (Alpes-Maritimes) et un courrier piégé au siège européen du FMI à Paris.

En déplacement à Grenoble, François Hollande a affirmé que «ceux qui s'interrogeaient encore sur le rôle de l'opération Sentinelle doivent comprendre que ce renfort des militaires aux forces de sécurité est essentiel».

Il a «salué» le «courage et l'efficacité» des policiers et militaires intervenus pour mettre fin aux «agressions commises par un individu particulièrement dangereux».

«Nous nous trouvons dans une situation de quasi guerre civile», a pour sa part estimé François Fillon, candidat de la droite. «Contre la violence barbare, la vigilance doit être maximale».

À Metz, Marine Le Pen a, elle, attaqué un «gouvernement dépassé, ahuri, tétanisé» et déploré «la lâcheté de toute la classe politique devant le fondamentalisme islamiste (...) qui a produit les résultats que l'on sait et que l'on voit encore aujourd'hui à Orly».

Face à un «événement grave», «Madame Le Pen choisit l'outrance», a immédiatement fustigé le Premier ministre Bernard Cazeneuve, en l'appelant à faire preuve de «dignité».

Cette agression intervient un mois et demi après celle à la machette contre des militaires au musée du Louvre à Paris, et moins d'un an après l'attentat de l'aéroport de Bruxelles le 22 mars 2016 (32 morts et plus de 300 blessés).

L'attaque à Orly survient dans un contexte de menace jihadiste élevée en France, placée en état d'urgence depuis les attentats du 13 novembre 2015 à Paris (130 morts). Le groupe Etat islamique, qui perd du terrain en Irak et en Syrie, menace régulièrement la France de représailles pour sa participation à la coalition militaire internationale dans ces deux pays.




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