Colis piégé au siège parisien du FMI, des anarchistes grecs soupçonnés

Plusieurs personnes ont été évacuées «par mesure de... (Photo Philippe Wojazer, REUTERS)

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Plusieurs personnes ont été évacuées «par mesure de précaution», selon une des sources.

Photo Philippe Wojazer, REUTERS

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Katell PRIGENT, Ambre TOSUNOGLU
Agence France-Presse
Paris

L'explosion d'un colis piégé a légèrement blessé une employée du siège parisien du Fonds monétaire international (FMI), un acte qualifié d'«attentat» par François Hollande et pour lequel les enquêteurs privilégient la piste d'une mouvance anarchiste grecque.

L'explosion s'est produite peu avant midi dans les locaux de la représentation du FMI en France, avenue d'Iéna, non loin de l'Arc de Triomphe. L'assistante de direction qui a ouvert le colis, envoyé par la Poste, a été blessée au visage par des éclats provenant d'un engin pyrotechnique.

La victime est «blessée au visage par des éclats ainsi qu'un blast aux tympans», mais il n'y a pas «le moindre risque quant à sa vie ou à une urgence absolue», a précisé sur place le préfet de police de Paris Michel Cadot. «Il semble que ce soit un engin pyrotechnique ou un gros pétard. C'est quelque chose de relativement artisanal. Ce n'est en rien une bombe», a-t-il assuré.

L'enquête, confiée au parquet antiterroriste, «s'oriente plutôt vers la piste d'un groupe anarcho-autonome», a-t-on appris de source proche du dossier.

Des résidus de timbres grecs ont en effet été retrouvés, a précisé cette source.

Selon une source policière grecque, les enquêteurs français ont également établi que le colis avait été expédié d'Athènes.

Autant d'éléments qui rappellent un paquet contenant un «mélange explosif» expédié de la capitale grecque et découvert mercredi au ministère allemand des Finances à Berlin.

Cet envoi, qui n'a pas explosé, a été revendiqué par le groupe anarchiste grec Conspiration des cellules de feu, qui a affirmé avoir expédié le colis piégé «au ministre des Finances allemand» Wolfgang Schäuble dans le cadre d'un plan «Nemesis» («justice» en grec) visant «le système de pouvoir».

État d'urgence jusqu'au 15 juillet 

Christine Lagarde, la patronne du FMI, a condamné un «acte de violence lâche». Cette attaque «ne doit pas nous faire dévier de ce que nous avons à faire en tant qu'institution et à servir la communauté comme nous sommes engagés à le faire», a-t-elle ajouté dans l'après-midi lors d'un sommet économique à Francfort.

Jim Yong Kim, président de la Banque mondiale dont les locaux parisiens se trouvent dans le même immeuble que le FMI, a exprimé son «choc profond» face à cet «acte de violence».

«Nous sommes encore en face d'un attentat, il n'y a pas d'autre mot face à un colis piégé», a immédiatement réagi François Hollande, en marge d'un déplacement à Toulon. Dans l'après-midi, évoquant cette fois «une forme d'attentat», il a relevé «une ressemblance» avec le colis piégé découvert la veille à Berlin.

«Nous sommes toujours visés. Là, en l'occurrence, c'est le Fonds monétaire international, mais c'est en France, c'est la France. (...) Nous sommes directement concernés», a encore déclaré le chef de l'Etat en réaffirmant sa volonté de maintenir l'état d'urgence.

«J'ai annoncé, et le Parlement a bien voulu suivre la position qui était la mienne et celle du gouvernement, que l'état d'urgence durerait jusqu'au 15 juillet, il durera jusqu'au 15 juillet», a-t-il affirmé, alors que le garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas avait estimé mercredi que les conditions étaient réunies pour une sortie de ce régime civil de crise instauré après les attentats de novembre 2015.

«Il est adapté à certains types de situations, certains types de risques, j'ai considéré que jusqu'au 15 juillet nous devions absolument garder cette procédure, elle sera en tous points maintenue», a insisté M. Hollande à moins de quarante jours de la présidentielle.

Parallèlement à l'explosion à Paris, un élève a ouvert le feu dans son lycée de Grasse (Alpes-Maritimes), blessant légèrement huit personnes, sans que ces deux affaires soient liées. «Tout cela me conduit à justifier l'état d'urgence», a martelé François Hollande.




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