Le parlement autorise le Brexit, l'Écosse réclame un référendum

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Un drapeau du Royaume-Uni flotte à proximité du parlement de Londres.

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Maureen COFFLARD
Agence France-Presse
Londres

Le parlement britannique a approuvé lundi soir la loi autorisant le gouvernement à déclencher le Brexit, quelques heures après l'annonce par la première ministre écossaise de son intention de demander un nouveau référendum d'indépendance.

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Les députés de la Chambre des communes lors du vote.

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Ce vote laisse désormais les mains libres au gouvernement conservateur de Theresa May pour lancer la procédure de divorce d'avec l'Union européenne avant la fin du mois de mars, date butoir qu'elle s'est fixée.

Les députés ont rejeté par 335 voix contre 287 le premier amendement des Lords visant à protéger les trois millions de citoyens européens vivant au Royaume-Uni. Ils ont fait de même pour l'autre amendement qui conférait le dernier mot au parlement sur l'accord final avec Bruxelles, 331 votant contre tandis que 286 votaient en sa faveur.

La chambre des Lords a ensuite pris acte du refus par la chambre des Communes de ses deux amendements et a voté contre les deux modifications en deuxième lecture, entérinant ainsi le texte.

«C'est un résultat décevant pour tous ceux qui reconnaissent l'importance vital d'un contrôle parlementaire du Brexit», a réagi la député conservatrice Anna Soubry, opposée au Brexit.

Cette approbation intervient quelques heures après l'annonce par la première ministre écossaise Nicola Sturgeon qu'elle allait demander un nouveau référendum d'indépendance, faisant planer une menace d'éclatement du Royaume-Uni.

Si le déclenchement du Brexit n'a jamais été aussi proche, pouvant théoriquement avoir lieu dès mardi, cette nouvelle fracassante a conduit les services de Mme May à faire savoir qu'il interviendrait à la fin du mois.

Mme Sturgeon, qui souhaite un référendum fin 2018 ou début 2019, a expliqué qu'elle demanderait la semaine prochaine au parlement écossais l'autorisation de réclamer l'accord du gouvernement britannique pour lancer la procédure.

«J'estime qu'il est important que l'Écosse soit en mesure de décider de son futur (...) avant qu'il ne soit trop tard», a ajouté la cheffe du parti indépendantiste SNP, rappelant que les Écossais avaient majoritairement voté contre le Brexit.

Theresa May a aussitôt rétorqué qu'une nouvelle consultation, après celle de septembre 2014, serait un «facteur de division» et créerait «une énorme incertitude économique au pire moment possible».

Sujets brûlants 

«La vision étroite que le SNP a montrée aujourd'hui est très regrettable», a ajouté Mme May, accusant le parti de Mme Sturgeon de penser davantage à ses intérêts qu'à ceux des Écossais, qui avaient voté contre l'indépendance il y a deux ans.

L'annonce de Nicola Sturgeon, si elle n'est pas une surprise, fait ressurgir le spectre d'une division du Royaume.

À Bruxelles, la Commission européenne a confirmé qu'une Écosse indépendante devrait poser sa candidature pour intégrer l'Union européenne.

Theresa May devait intervenir mardi en milieu de journée devant le parlement pour informer les députés du contenu du dernier sommet européen de Bruxelles.

Le ministre du Brexit, David Davis, avait exhorté lundi après-midi les députés à ne pas «lier les mains» de Mme May avant le début des négociations devant marquer la fin de plus de quarante ans d'une relation tourmentée, les invitant à rejeter les deux amendements déposés par les Lords.

Une fois activé l'article 50 du Traité de Lisbonne, les dirigeants des 27 autres États membres pourraient se réunir le 6 avril pour un sommet visant à définir des «lignes directrices» des négociations à venir. Les Européens chercheront à faire corps, face à des Britanniques susceptibles d'exploiter les divisions au sein du bloc.

Parmi les sujets brûlants, outre l'avenir de l'Écosse, figurera notamment la facture de la sortie de l'UE : Bruxelles pourrait exiger des Britanniques jusqu'à 60 milliards d'euros, un montant correspondant aux engagements déjà pris par Londres en termes de contribution au budget européen.

Le sort des Européens installés outre-Manche devra aussi être tranché : Theresa May refuse pour l'heure de garantir leurs droits avant d'avoir obtenu des assurances similaires pour les 1,2 million de Britanniques vivant dans l'UE.

Les négociations sont censées durer deux ans. Elles démarreront au moment même où l'UE célébrera le 60e anniversaire du Traité de Rome, censé marquer une nouvelle étape dans la construction européenne. 




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