Famille disparue en France: fragments de corps humains découverts

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Les fouilles, conduites depuis le début de la matinée dans la ferme d'Hubert Caouissin, le beau-frère du père de la famille assassinée, «se poursuivent» en présence du suspect.

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Anne-Sophie LASSERRE, Sandra FERRER, Hervé GAVARD
Agence France-Presse
PONT-DE-BUIS-LÈS-QUIMERCH

Des fragments de corps humains appartenant aux membres de la famille Troadec, disparue depuis le 16 février, ont été découverts mercredi lors de fouilles au domicile de leur assassin présumé, une ferme dans l'ouest de la France.

Les fouilles, conduites depuis le début de la matinée à Pont-de-Buis-lès-Quimerch en Bretagne, dans la ferme d'Hubert Caouissin, le beau-frère du père de la famille assassinée, «se poursuivent» en présence du suspect, qui «affiche une attitude de coopération», a annoncé le procureur de la République de Nantes, Pierre Sennès, dans un message électronique.

C'est là qu'il aurait démembré les corps, puis en aurait enterré une partie et brûlé l'autre, après avoir tué le couple et les enfants Troadec pour une sombre histoire d'héritage, selon ses aveux.

Des bijoux appartenant aux Troadec ont également été découverts.

Ces aveux actent sans doute la fin d'une histoire hors normes qui a tenu la France en haleine.

Les recherches vont se poursuivre jusque «tard dans la nuit» et reprendront demain, a déclaré mercredi à la presse, sur le lieu des fouilles, le chef de la police judiciaire de Nantes, Jean-René Personnic.

Il a fait état sur le terrain d'une progression difficile des enquêteurs malgré la «logistique très importante» déployée, compte tenu du terrain «très végétalisé, détrempé, difficilement praticable, accidenté et marécageux» sur une surface d'une trentaine d'hectares.

Pascal et Brigitte Troadec, 49 ans, leur fils Sébastien, 21 ans, et leur fille Charlotte, 18 ans, n'ont donné aucune nouvelle depuis le 16 février. Ils ne se sont pas présentés à leur travail, leurs téléphones portables se sont tus et des traces de sang ont été retrouvées dans leur maison, dans un quartier résidentiel d'Orvault près de Nantes (ouest).

Placé en garde à vue en compagnie de la soeur de M. Troadec, Lydie Troadec, son compagnon, Hubert Caouissin, est passé lundi aux aveux.

Il a été inculpé pour assassinats et atteinte à l'intégralité d'un cadavre. Lydie Troadec, suspectée d'avoir aidé à dissimuler les corps et à faire disparaître un certain nombre de pièces et d'indices, est poursuivie pour modification de l'état des lieux d'un crime et recel de cadavres.

«Jeu de piste morbide»

C'est un conflit familial vieux d'une dizaine d'années -- une affaire de pièces d'or mal partagées lors d'une succession, dont on ne connaît ni le montant ni l'existence réelle -- qui serait à l'origine de ce drame.

Hubert Caouissin en aurait nourri «une rancoeur» à l'encontre de la famille Troadec qu'il aurait tuée le 16 février, dans leur pavillon à Orvault, où de nombreuses traces de sang avaient été découvertes, au nord de Nantes, à 250 km de sa propre ferme.

Hubert Caouissin, 46 ans, technicien pour le groupe de construction navale DCNS à Brest, avait été en arrêt de maladie pendant trois ans pour dépression.

Selon un salarié de la DCNS, le beau-frère aurait repris tout récemment le travail en mi-temps thérapeutique. Ce salarié a confié à l'AFP qu'il portait une brûlure au visage, brûlure qu'Hubert Caouissin aurait expliquée par «un problème de chaudière». De son côté, Lydie Troadec, secrétaire médicale âgée de 47 ans, est en invalidité.

L'enquête, qui a mobilisé une centaine d'enquêteurs, s'était accélérée après la découverte d'effets personnels de la famille mystérieusement disparue puis du véhicule du fils, répartis sur plusieurs sites à près de 300 km les uns des autres, une dispersion qui pouvait laisser penser à «un jeu de piste morbide», selon le procureur de Nantes.

À Orvault, sur les lieux du drame, un bouquet et deux roses ont été déposés sur le muret du portail, a constaté un photographe de l'AFP. Les scellés étaient toujours apposés sur la porte d'entrée du pavillon des Troadec, la boîte aux lettres et la porte du garage.

Par ailleurs, des cellules psychologiques ont été mises en place dans les établissements où étaient scolarisés les deux enfants. Une «cérémonie de recueillement» devait être organisée au lycée où Sébastien était élève en BTS Systèmes numériques depuis 2015.




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