Charlie Hebdo veut ramener la laïcité au coeur du débat politique

Charlie Hebdo, qui estime que la laïcité est «attaquée» en France,... (Photo Archives Le Soleil)

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Agence France-Presse
Paris

Charlie Hebdo, qui estime que la laïcité est «attaquée» en France, lance mercredi un appel aux candidats à la présidentielle, dans lequel l'hebdomadaire satirique visé par un attentat djihadiste en 2015 dénonce les «ingérences religieuses» dans les affaires publiques.

«Charlie Hebdo a toujours été et restera un fervent défenseur de la laïcité et des valeurs qui y sont attachées. Nous considérons qu'elle est l'un des piliers de l'unité républicaine», écrit le journal dans ce texte, publié dans l'édition parue mercredi et qui sera envoyé aux candidats à l'élection présidentielle d'avril-mai.

La conception rigoureuse de la laïcité, qui proclame la neutralité de l'État face aux religions et la liberté de conscience, et qui s'oppose par exemple au port de signes religieux, dont le voile islamique, dans les établissements scolaires, est un marqueur fort dans la société française.

Dans le même temps, le débat sur la place de l'islam, deuxième religion du pays (environ 4 millions de fidèles), s'est imposé sur la place publique, nourri par la radicalisation djihadiste et la vague d'attentats sans précédent qui a frappé la France en 2015 et 2016 (238 morts).

Pour Charlie Hebdo, qui cite les «procès en islamophobie», la remise en cause du droit à l'avortement, les revendications communautaires ou la mode du burkini, ces maillots de bain enveloppants censés préserver la pudeur des femmes musulmanes, «jamais les affaires publiques n'ont été autant à la merci des ingérences religieuses, menaçant la liberté de conscience et l'égalité des droits».

Le journal demande aux candidats de s'engager à ne pas introduire dans la législation des aménagements particuliers à l'égard d'une communauté religieuse et de ne jamais introduire un délit de blasphème dans la législation.

«On a une légitimité à poser ce genre de questions, parce que s'il s'est produit ce qu'il s'est produit le 7 janvier 2015, c'est justement parce qu'on a lâché depuis trop longtemps la question fondamentale de la laïcité comme principe politique», estime le rédacteur en chef du journal, Gérard Biard, en référence à l'attentat, revendiqué par Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), au siège du journal qui a coûté la vie à 12 personnes, dont plusieurs dessinateurs et collaborateurs vedettes de la publication.

Les auteurs de l'attentat entendaient notamment punir le journal, ouvertement athée et provocateur, pour avoir publié des caricatures du prophète Mahomet.




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