Des dirigeants européens mettent Trump en garde sur l'UE et la Russie

Une affiche avec des photos du président américain... (Photo Stevo Vasiljevic, archives REUTERS)

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Une affiche avec des photos du président américain Donald Trump et du président russe Vladimir Poutine avait été installée à Danilovgrad, au Monténégro, en novembre 2016.

Photo Stevo Vasiljevic, archives REUTERS

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Antoine LAMBROSCHINI, Yacine LE FORESTIER
Agence France-Presse
Munich et Bonn

Inquiets des propos iconoclastes de Donald Trump, plusieurs hauts responsables européens, Allemands en tête, ont appelé vendredi Washington à ne pas menacer la cohésion européenne et à se méfier de Moscou.

À Munich où se tient la Conférence sur la sécurité, une réunion annuelle du gratin diplomatico-militaire mondial, la ministre allemande de la Défense, Ursula van der Leyen, a fermement répondu au président américain qui s'était réjoui de la crise de l'UE après le Brexit et avait qualifié l'OTAN d'« obsolète ».

Ses déclarations interviennent à la veille d'un discours attendu du vice-président Mike Pence sur le sujet, et en pleine tournée d'apaisement de hauts responsables américains.

« Nos amis américains savent que leur ton vis-à-vis de l'Europe et de l'OTAN a un effet direct sur la cohésion de l'Europe. Une UE stable est dans l'intérêt américain », a dit la ministre.

Mme Merkel, recevant le premier ministre canadien Justin Trudeau à Berlin, a aussi souligné que « les États-Unis ont développé leur puissance à travers l'OTAN ».

L'appétit russe

Dans la même ligne, le président polonais Andrzej Duda a lui aussi mis en garde contre une « déstabilisation de l'Europe » et jugé que remettre en cause « la relation transatlantique [...]  serait irresponsable ».

Autre grand thème d'inquiétude, la Russie. Là aussi Mme van der Leyen a demandé à Washington de ne pas traiter Moscou et l'Europe sur un pied d'égalité, alors que M. Trump, juste avant sa prise de fonction, louait Vladimir Poutine, prônait un rapprochement et attaquait Angela Merkel.

« Il ne peut y avoir d'équidistance entre la confiance accordée à un allié et envers ceux qui remettent en question nos valeurs, nos frontières », a-t-elle dit.

Le président ukrainien, Petro Porochenko, lui a fait écho, en estimant que « ce serait une erreur de croire que l'appétit de la Russie se limite à l'Ukraine ».

Dans ce contexte, le secrétaire d'Etat américain à la Défense James Mattis s'est efforcé de rassurer, lui qui tempère régulièrement les propos de son chef.

Il a ainsi insisté sur l'importance de la relation transatlantique, « meilleur rempart contre l'instabilité » et appelé à « renforcer les partenariats ».

« Je sais qu'il y a une profonde inquiétude que les États-Unis sont en train d'abandonner l'étendard du leadership, ce n'est pas le message que vous entendrez des dirigeants américains qui viennent ici », a aussi insisté le sénateur républicain John McCain.

« Donnez une chance à Trump »

L'élu américain a admis qu'il y avait du « désordre » dans l'administration Trump, comme l'a illustré la démission du conseiller à la sécurité de Donald Trump pour avoir menti sur ses liens avec Moscou.

Mais M. McCain, qui a été la cible de virulentes critiques du locataire de la Maison-Blanche, a aussi appelé à faire plus attention à ce « que le président fait qu'à ce qu'il dit ».

Il a reçu le soutien du ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson : « donnez une chance à Donald Trump. Oui, c'est une nouvelle manière de gouverner, mais ne sous-estimez pas la capacité à obtenir des résultats ».

Déjà jeudi, lors d'une réunion des chefs de la diplomatie du G20 à Bonn, le secrétaire d'État américain Rex Tillerson avait tenu des propos rassurants pour ses alliés car correspondant aux positions traditionnelles de son pays.

Il a ainsi tempéré les velléités de rapprochement avec Moscou, promettant que, dans la coopération avec la Russie, les États-Unis « défendront leurs intérêts et leurs valeurs, et ceux de leurs alliés ».

Sur le dossier syrien aussi, les Européens ont exprimé un certain soulagement.

Selon une source occidentale, M. Tillerson « a expliqué qu'il n'y aurait pas de coopération militaire avec les Russes tant qu'ils ne se distancieraient pas de la position de Damas » qui considère comme des « terroristes » tous les groupes armés de l'opposition.

« Nous avons vérifié ce matin que nous étions tous bien d'accord », s'est félicité vendredi le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault.

M. Tillerson a ainsi apporté son soutien aux pourparlers de Genève sous l'égide de l'ONU sur un règlement politique du conflit qui ravage la Syrie, alors qu'en parallèle Moscou a pris la main diplomatique sur le dossier en engageant des tractations séparées au Kazakhstan.




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