À Malte, les dirigeants européens confrontés au défi migratoire et à Trump

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Après l'accord scellé en mars 2016 avec la Turquie, l'UE continue de vouloir endiguer à la source l'afflux de migrants avant qu'ils n'arrivent sur le sol européen, soit une approche «en amont».

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Marine LAOUCHEZ
Agence France-Presse
LA VALETTE

Les dirigeants européens vont tenter d'afficher leur unité vendredi à Malte pour faire face au défi migratoire, mais aussi de fixer un cap à l'Union, ébranlée par le Brexit et l'arrivée de la nouvelle administration Trump.

Malte, petit État insulaire au coeur de la Méditerranée, qui assure la présidence semestrielle tournante de l'UE, a tiré la sonnette d'alarme: le printemps pourrait être synonyme de nouvelle crise migratoire.

Dix mois après la quasi-fermeture de la route migratoire passant par la mer Égée, un nombre record de traversées a été enregistré via la Méditerranée centrale: plus de 181 000 tentatives en 2016, dont 90% partis de Libye. Record de morts en mer aussi: plus de 4500 l'an passé, selon l'Organisation internationale des migrations (OIM).

Après l'accord scellé en mars 2016 avec la Turquie, l'UE continue de vouloir endiguer à la source l'afflux de migrants avant qu'ils n'arrivent sur le sol européen, soit une approche «en amont».

«Il est temps de fermer la route allant de la Libye à l'Italie», a clamé haut et fort le président du Conseil européen Donald Tusk jeudi, à la veille du sommet informel de l'UE, avec à ses côtés le chef du gouvernement d'union nationale (GNA) libyen Fayez al-Sarraj en visite à Bruxelles.

Aider la Libye

Selon un projet de conclusions du sommet obtenu par l'AFP, la priorité est de soutenir et de former les garde-côtes libyens, qui opèrent dans leurs eaux territoriales, où ne peuvent entrer les opérations de sauvetage et de surveillance chapeautées par l'UE, à la fois pour intercepter les bateaux et lutter contre les passeurs.

Sur cette route, les trafiquants peuvent engendrer d'énormes profits, selon Europol.

L'UE se fixerait également pour objectif d'améliorer la situation économique des communautés locales en Libye et de coopérer avec le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) de l'ONU et l'OIM pour assurer de bonnes conditions d'accueil aux migrants stoppés.

Dans un communiqué commun jeudi, les deux agences ont d'ailleurs exhorté les Européens à «s'éloigner d'une gestion basée sur la détention automatique des réfugiés et des migrants dans des conditions inhumaines en Libye pour aller vers la création de services d'accueil appropriés».

L'UE devra trouver un délicat équilibre dans sa réponse, dans le respect des règles internationales et des valeurs qu'elle défend quand elle s'oppose par exemple au décret anti-immigration du président américain Donald Trump.

L'idée, soutenue par plusieurs pays européens, de voir instaurer des camps depuis lesquels les migrants pourraient directement déposer leur demande d'asile en Libye se heurte au problème de l'instabilité politique et sécuritaire du pays.

Cette idée n'est «pas encore mûre pour le sommet», a estimé un responsable européen, «simplement non réalisable» en l'état des choses, a jugé un autre.

Les pays voisins d'Afrique du Nord seront également sollicités par l'UE, toujours selon le projet de conclusions.

«Il est impossible de copier l'accord avec la Turquie, mais la détermination et l'objectif restent les mêmes», a résumé une source européenne.

L'UE face à Trump

Au déjeuner, les 28 chefs d'État et de gouvernement de l'UE s'entretiendront des défis engendrés par la nouvelle donne géopolitique, en particulier des débuts tonitruants de Donald Trump. Face au protectionnisme prôné outre-Atlantique, quel rôle doit endosser l'UE dans l'ordre mondial?

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a vivement pris à parti Washington en début de semaine, qualifiant d'«inquiétantes» les premières décisions prises et une nouvelle administration qui remet en cause, à ses yeux, sept décennies de politique étrangère américaine.

L'ombre de M. Trump devrait aussi planer sur la deuxième partie du sommet qui se déroulera à 27, sans le Royaume-Uni, de facto écarté pour une discussion sur l'avenir de l'UE après le référendum de juin 2016 en faveur du Brexit.

Face au changement en cours aux États-Unis, il y a «évidemment» un sens supplémentaire à cette affirmation de l'Europe, a observé une source diplomatique française.

Les 27 se préparent d'ailleurs à célébrer le 60e anniversaire du traité fondateur de Rome, le 25 mars, l'occasion pour eux d'afficher leur unité. Ils devront s'entendre vendredi sur «ce qu'ils veulent tirer» de ce sommet italien, selon un responsable européen.




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