Ukraine: inquiétude pour la population d'Avdiïvka

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Des soldats ukrainiens servent des repas à des habitants d'Avdiïvka.

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Ioulia SILINA
Agence France-Presse
Avdiïvka

Au moins six personnes ont été tuées mercredi sur la ligne de front dans l'est de l'Ukraine au quatrième jour de combats entre soldats ukrainiens et rebelles prorusses, l'OTAN appelant Moscou à user de son influence auprès de ces derniers pour faire cesser les tirs.

Ces combats sont les plus violents depuis la trêve obtenue en décembre, et interviennent alors que le nouveau président américain, Donald Trump, prône un rapprochement avec la Russie, accusée par Kiev et l'Union européenne de soutenir les séparatistes malgré ses dénégations.

Moscou doit user de sa «considérable influence auprès des rebelles» prorusses pour rétablir la trêve, a exigé le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, au quatrième jour de ces combats qui ont fait 19 morts depuis dimanche.

Alors que les échanges de tirs de mortiers et de roquettes continuent d'un côté comme de l'autre, l'armée ukrainienne a annoncé mercredi la mort de trois de ses soldats.

Les rebelles ont pour leur part fait état de la mort de deux civils, l'un près de leur bastion de Donetsk et l'autre dans la ville voisine de Makeïevka, tandis que la police pro-Kiev d'Avdiïvka a annoncé la mort d'une habitante.

Privée d'électricité et subissant des coupures d'eau après que la centrale électrique de la ville eut été fortement endommagée par des tirs d'obus, la population d'Avdiïvka, ville située une dizaine de kilomètres au nord de Donetsk, doit en outre vivre avec un chauffage sporadique alors que les températures atteignent les -8°.

«Cela a été une nuit très difficile, les enfants ont été réveillés par les tirs», a confié à l'AFP une retraitée de 62 ans, Larissa Mikhaïlivna. «Un obus est tombé devant la fenêtre de notre maison mais, Dieu merci, il n'a pas éclaté», a-t-elle raconté, ajoutant avoir décidé de quitter la ville avec ses deux petites-filles.

Selon Pavlo Jebrivski, à la tête de l'administration pro-Kiev de cette ville de 20 000 habitants, 180 personnes se sont inscrites sur des listes pour être évacuées mercredi soir ou jeudi tandis que l'armée ukrainienne a dressé six grandes tentes dans l'enceinte du stade municipal, où des générateurs permettaient de fournir aux habitants chauffage, thé chaud et de quoi recharger leurs téléphones.

«Graves inquiétudes»

Outre les 19 personnes tuées depuis dimanche, les combats ont également fait au cours de ces dernières 24 heures une trentaine de blessés, dont 20 soldats ukrainiens selon l'armée.

L'armée ukrainienne a accusé sur Facebook les rebelles d'avoir mené plusieurs attaques contre ses positions près d'Avdiïvka dans la nuit de mardi à mercredi et au petit matin en utilisant mitrailleuses et lance-roquettes.

«Des tirs ont lieu actuellement. Il faut un cessez-le-feu pour commencer les travaux de reconstruction», a déclaré sur Twitter la mission de l'OSCE, dont le chef-adjoint Alexander Hug s'est rendu à Donetsk.

En plus d'avoir suscité une réaction de l'OTAN, ce regain de violence a provoqué l'inquiétude de l'UE, des États-Unis et de l'ONU. La diplomatie de l'UE a dénoncé mardi soir une «rupture flagrante du cessez-le-feu» en vigueur depuis fin décembre.

Exprimant ses «graves inquiétudes» devant cette évolution de la situation, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une déclaration rédigée par Kiev, appelant à «un retour immédiat au régime de cessez-le-feu».

Accusant la Russie de soutenir les séparatistes, ce qu'elle nie, le président ukrainien Petro Porochenko a ensuite promis sur Twitter de continuer à «défendre l'Ukraine contre l'agression russe».

Le conseiller du Kremlin Iouri Ouchakov a rétorqué en estimant que Kiev utilise les affrontements à Avdiïvka comme «un moyen de pression sur Moscou».

Présent mercredi à Minsk, où se déroulait un nouveau round de négociations de paix entre les émissaires de Kiev, des séparatistes, de Moscou et de l'OSCE, le représentant de l'OSCE Martin Sajdik a assuré que Moscou et Kiev avaient appelé à «une trêve globale et complète sur toute la zone de guerre».

L'Ukraine est en proie depuis bientôt trois ans à un conflit qui a fait près de 10 000 morts à ce jour.




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