France: le candidat de droite Fillon dans la tourmente

François Fillon et et son épouse Penelope Fillon.... (ARCHIVES REUTERS)

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François Fillon et et son épouse Penelope Fillon.

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Baptiste PACE, Thibauld MALTERRE
Agence France-Presse
Paris

Nouvelles révélations, des policiers à l'Assemblée nationale, tempêtes de critiques... la campagne du candidat de la droite, François Fillon, s'enlise dans les soupçons d'emploi fictif visant son épouse Penelope, à 82 jours de la présidentielle française.

L'hebdomadaire d'investigation Le Canard enchaîné chiffre désormais à plus de 900 000 euros bruts les salaires perçus par Penelope Fillon - soit près du double du montant précédemment annoncé - comme assistante parlementaire et comme collaboratrice d'une revue littéraire. Auxquels s'ajoutent plus 84 000 euros perçus par deux de leurs enfants, salariés comme assistants pendant qu'ils étaient étudiants.

L'ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy (2007-2012) assure n'avoir «rien à cacher». Il s'est déclaré mardi victime d'une «opération d'une extrême ampleur, de calomnie très professionnelle», visant à «éliminer un candidat autrement que par la voie démocratique». «Je suis confiant, je suis serein et j'attends désormais la fin de cette enquête», a-t-il ajouté.

Plus tôt dans la journée, les enquêteurs ont perquisitionné pendant près de six heures son bureau à l'Assemblée nationale. Une journaliste de l'AFP a vu en fin d'après-midi trois enquêteurs s'engouffrer dans une voiture avec des piles de documents.

Ce nouvel épisode, particulièrement rare - il n'y a eu que six demandes de perquisitions à l'Assemblée depuis 1958 - s'inscrit dans le cadre d'une affaire dévastatrice pour François Fillon, triomphalement désigné le 27 novembre comme candidat de la droite à l'issue d'une primaire ouverte.

À l'époque, cet homme de 62 ans menait campagne sur le thème de l'austérité et de la probité et figurait parmi les grands favoris de la présidentielle d'avril-mai.

Les enquêteurs cherchent à déterminer si Penelope Fillon a exercé une activité réelle quand elle percevait des salaires d'assistante parlementaire, au côté de son mari, puis de son suppléant. D'après le quotidien Le Parisien/Aujourd'hui en France, elle ne possédait ni badge ni boîte courriel à son nom à l'Assemblée.

Selon l'avocat du couple, Me Antonin Levy, le couple a apporté lundi «des explications longues, fournies, multiples et convaincantes sur la réalité du travail» lors de son audition par les policiers chargés de l'enquête.

Pas de plan B à droite 

Pour lui, Penelope Fillon faisait «l'interface au quotidien» entre le député et ses électeurs, depuis son domicile dans la Sarthe. Son travail consistait notamment à «préparer avec lui ses discours», «lui faire remonter la voix du terrain».

Le Canard enchaîné a réévalué à la hausse les rémunérations perçues: la pratique couvre plusieurs périodes, 1988-1990, 1998-2007 puis 2012-2013 et le montant total représente plus de 830 000 euros bruts - contre 500 000 évoqués dans un premier temps.

L'épouse du candidat conservateur a également perçu quelque 100 000 euros bruts pour un emploi en 2012-2013, au sein de La Revue des deux mondes, une publication culturelle. Les locaux du journal, qui appartient à un proche de M. Fillon, ont été perquisitionnés jeudi.

Le directeur de la revue à l'époque, Michel Crépu, ne se souvient que de «deux ou peut-être trois notes de lecture» de sa main.

Par ailleurs, M. Fillon a rémunéré deux de ses enfants comme assistants parlementaires au Sénat à hauteur de 84 000 euros bruts entre 2005 et 2007, toujours selon Le Canard Enchaîné.

M. Fillon avait lui-même révélé la semaine dernière qu'il avait employé son fils et sa fille, sans préciser les sommes perçues ni dire qu'ils étaient étudiants à l'époque.

Ces nouveaux épisodes alimentent une séquence dévastatrice, entamée voici une semaine et qui a déjà gâché le grand meeting de campagne du candidat dimanche.

Depuis une semaine, François Fillon se défend pied à pied, mais selon un sondage Elabe pour la chaîne BFMTV, plus de trois Français sur quatre (76%) ne sont pas convaincus par sa défense et ses arguments.

M. Fillon a lui-même fixé la ligne rouge: il ne maintiendra pas sa candidature «si «son» honneur était atteint», s'il était «mis en examen» (inculpé) par la justice.

Hypothèse peu probable en termes de calendrier avant la présidentielle. Mais suffisante pour voir à droite s'esquisser l'hypothèse d'un «plan B» - désigner un nouveau candidat -  pour lequel rien n'est prévu dans les statuts du parti.




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