Présidentielle française: ce que l'on sait de l'affaire Fillon

Sans profession connue, Penelope Fillon est visée par... (Photo Charles Platiau, archives REUTERS)

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Sans profession connue, Penelope Fillon est visée par des accusations d'emplois fictifs qui lui auraient rapporté 500 000 euros.

Photo Charles Platiau, archives REUTERS

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Nathalie ALONSO, Frédéric DUMOULIN
Agence France-Presse
PARIS

Employer son épouse comme assistante parlementaire est-il illégal en France? Que risque le conservateur François Fillon? Peut-il être amené à renoncer à la présidentielle? Ce que l'on sait de cette affaire embarrassante pour le candidat de la droite.

Activité légale? Fictive?

Sans profession connue, Penelope Fillon est visée par des accusations d'emplois fictifs lancées par l'hebdomadaire satirique le Canard enchaîné. En cause : 500 000 euros de salaires perçus comme assistante parlementaire de son mari puis de son suppléant alors que personne n'avait jusqu'ici entendu parler de cette activité.

Cette pratique n'a rien d'illégal, à condition bien entendu que l'intéressé(e) travaille réellement. Mais elle passe mal : 76% des Français veulent que les parlementaires aient interdiction d'embaucher tout membre de leur famille, selon un sondage publié vendredi.

Le parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire, notamment sur des soupçons de «détournement de fonds publics», et lancé ses investigations. Une perquisition a été menée à la «Revue des Deux Mondes», propriété d'un ami de M. Fillon, Marc Ladreit de Lacharrière, car l'enquête vise aussi des soupçons d'abus de biens sociaux : Mme Fillon y aurait été salariée pour environ 5000 euros par mois.

La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique a confirmé samedi avoir transmis aux enquêteurs les déclarations de patrimoine et d'intérêt effectuées par François Fillon comme député, sénateur et ministre.

Fillon risque-t-il une inculpation avant la présidentielle?

Probablement pas. Au terme de l'enquête, le parquet peut classer sans suite le dossier ou, s'il estime avoir réuni des charges suffisantes, citer directement le ou les mis en cause devant le tribunal pour un procès, sans passer par une mise en examen (inculpation).

Si l'affaire requiert des investigations complexes, ou pour éloigner toute suspicion de manipulation politique, il peut aussi saisir un juge d'instruction. Difficile alors d'imaginer que des mises en examen interviennent avant l'ouverture de la campagne présidentielle, le 10 avril.

Une affaire handicapante?

Assurément. Les dégâts risquent d'être très lourds dans l'opinion pour celui qui avait fait de «la probité» son credo. «On ne peut pas  diriger la France si on n'est pas irréprochable», clamait en novembre M. Fillon. Aujourd'hui, seuls 32% des Français le jugent «honnête», selon un sondage.

Ces révélations constituent un rude coup pour celui qui peinait déjà à faire décoller sa campagne après sa victoire écrasante à la primaire, accusé jusque dans son camp de porter un projet économique trop «radical».

Couac de communication ?

Visiblement. Ebranlés, M. Fillon et son entourage ont fait preuve d'un certain flottement, avec des explications parfois contradictoires. Certains proches ont ainsi assuré avoir «souvent vu» Penelope Fillon travailler à l'Assemblée nationale, d'autres ne l'ont jamais aperçue...

Semblant anticiper d'autres «boules puantes», François Fillon a confié jeudi à la télévision avoir, quand il était sénateur de 2005 à 2007, «rémunéré pour des missions précises deux de (ses) enfants qui étaient avocats, en raison de leurs compétences». Problème : ni sa fille, ni son fils n'étaient alors officiellement avocats. «Imprécision de langage», a tenté d'expliquer son entourage.

Un changement de candidat possible ?

Théoriquement non, mais... «La seule chose qui m'empêcherait d'être candidat, c'est (...) si j'étais mis en examen» (inculpé), a dit M. Fillon pour tenter de couper court aux interrogations. Dans les statuts de son parti Les Républicains comme dans la charte de la primaire de la droite, rien n'est prévu si le vainqueur de la primaire renonce à se présenter à la présidentielle ou... meurt.

Une nouvelle primaire? Irréaliste à moins de trois mois du premier tour, selon des ténors de son parti.

Un candidat de substitution simplement «désigné» ? Son ex-rival, Alain Juppé, a exclu «clairement et définitivement» d'être un recours, soulignant que M. Fillon était «notre candidat»... «à l'instant T»!

Stop aux «plans sur la comète», a exhorté samedi le président du Conseil national du parti. Ses soutiens misent sur le rassemblement de leur candidat dimanche à Paris pour relancer la campagne. Un espoir loin d'être partagé par tous : «Fillon va rester candidat mais il perdra», pronostique un député.




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