Projets d'attaques antisémites et antiréfugiés en Allemagne

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Un raid policier a eu lieu mercredi matin sur la rue Wittstocker, dans le quartier berlinois de Moabit.

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Agence France-Presse
Berlin

La police allemande a annoncé avoir démantelé mercredi un groupuscule d'extrême droite soupçonné de projeter des attaques antisémites ou contre des réfugiés et des policiers, tous proches d'une mouvance qui inquiète de plus en plus les autorités.

L'opération, qui a mobilisé 200 policiers, a eu lieu simultanément dans plusieurs régions, dont la capitale Berlin, avec des perquisitions d'une dizaine de logements, selon le parquet antiterroriste allemand. Elle visait principalement six personnes soupçonnées d'être prêtes à passer à l'action violente, dont deux ont été placées en détention.

En lien principalement via les réseaux sociaux, ces dernières sont soupçonnées «depuis le printemps 2016 d'avoir commencé à planifier des attaques armées contre des policiers et représentants de l'État, des demandeurs d'asile et des membres de la communauté juive», a indiqué le parquet.

Des explosifs, «une grande quantité de munitions» et des armes ont été retrouvés. La justice a toutefois reconnu qu'«en l'état il n'existe pas d'éléments sur la préparation concrète d'une attaque».

Le groupuscule visé est proche de la mouvance dite des «Reichsbürger» (les citoyens du Reich en allemand), des nostalgiques de l'Allemagne impériale d'avant 1914 pour certains et du IIIe Reich d'Adolf Hitler pour d'autres. Elle rassemble une foule hétérogène mêlant néonazis, adeptes de la théorie du complot mais aussi personnes aux croyances ésotériques.

«Il existe une certaine proximité idéologique évidente» entre les personnes dont les logements ont été perquisitionnés mercredi et ce mouvement, a indiqué le parquet antiterroriste, tout en précisant ne pas pouvoir établir en l'état si elles en faisaient formellement partie.

Surveillés de longue date, les «Reichsbürger» ont été pendant longtemps surtout connus pour leur refus de reconnaître l'administration allemande, de payer leurs impôts, cotisations sociales ou amendes.

La plupart ont créé un Empire allemand fictif, incluant des territoires perdus par le pays au XXe siècle et doté de ses propres responsables auto-proclamés.

Selon des sources proches de l'enquête révélée mercredi, certains des membres du groupuscule s'appelaient entre eux «druides celtiques».

L'un d'eux en particulier, druide auto-proclamé d'une soixantaine d'années se mettant en scène sur internet dans la tenue traditionnelle des ministres du culte celte, est soupçonné d'avoir joué un rôle moteur. Il appelait sur internet à la violence contre les musulmans et les juifs.

Ces menaces sont prises au sérieux par les autorités notamment depuis une série de meurtres racistes, et un autre visant une policière, commis dans les années 2000 par une groupuscule néo-nazi. Une affaire qui a ébranlé le pays.

Selon le renseignement intérieur, le mouvement des «Reichsbürger» compte actuellement quelque 10 000 membres.

«Le mouvement dispose d'une importante force d'attraction et gagne toujours de nouveaux adhérents», a indiqué à DPA le directeur du renseignement intérieur, Hans-Georg Maassen, en s'inquiétant «d'une forte inclinaison à l'action violente et d'une agressivité en hausse».

Lors d'un précédent coup de filet contre ce mouvement en octobre, un policier avait été tué et trois autres blessés par un de ces activistes armé jusqu'aux dents à son domicile.

En août, un ancien vainqueur du concours de beauté «Monsieur Allemagne», âgé de 41, se réclamant du même mouvement, avait ouvert le feu sur les policiers venus l'expulser de sa maison à Reuden. Il avait été grièvement blessé et arrêté.




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