Accident d'autocar en Italie: 16 morts

L'autocar transportait 56 personnes, dont deux chauffeurs et... (Photo Antonio Calanni, AP)

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L'autocar transportait 56 personnes, dont deux chauffeurs et un groupe d'adolescents hongrois âgés de 14 à 16 ans.

Photo Antonio Calanni, AP

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Céline CORNU
Agence France-Presse
VÉRONE

Au moins seize personnes, pour la plupart des adolescents hongrois revenant d'un séjour en montagne en France, ont été tuées près de Vérone (nord-est de l'Italie) dans l'accident d'un car, qui a pris feu après avoir heurté une pile de pont.

Ce bilan aurait pu être encore plus dramatique sans le courage d'un des professeurs accompagnant ces adolescents.

«Un professeur d'éducation physique a sauvé beaucoup de jeunes. Il est retourné plusieurs fois vers le bus pour sauver des gens, en les aidant à sauter des fenêtres. Il a subi ainsi des blessures très graves, notamment une lésion au dos», a ainsi raconté Judit Timaffy, consule de Hongrie à Milan.

Il y avait 56 personnes à bord du car, dont deux chauffeurs et un groupe d'adolescents âgés de 14 à 16 ans, accompagnés de quelques parents et professeurs, qui rentraient en Hongrie après un voyage scolaire en montagne en France.

«Dans les cris et la panique»

L'accident a soulevé une profonde émotion en Hongrie, ces adolescents étant tous élèves d'un lycée classique réputé à Budapest. «La perte de nos enfants, de vies jeunes, est le plus grand drame de toutes familles, communautés ou nations», a déclaré le premier ministre Viktor Orban, qui a décrété un jour de deuil national lundi.

Au total, l'accident a fait 28 blessés, selon la police italienne.

La consule a précisé qu'en début de soirée six personnes restaient hospitalisées, dont deux dont le pronostic vital est réservé. Tous sont des adultes, a-t-elle indiqué.

Les blessés avaient été répartis dans trois hôpitaux de la région, tandis que ceux ayant pu s'en sortir sans dommage ou être déjà soignés étaient regroupés dans un hôtel de Vérone, où plusieurs familles sont déjà arrivées, selon l'AFP sur place. Des psychologues ont été dépêchés, les adolescents étant «en état de choc», d'après la consule.

Certains vont commencer à repartir dans la soirée de samedi vers la Hongrie et les autres dimanche, a-t-elle ajouté.

Le drame a eu lieu vendredi vers 23 h (17 h au Québec), à une sortie d'autoroute à San Martino Buon Albergo, près de Vérone. Certaines victimes sont mortes éjectées lors de l'impact, mais la plupart ont été retrouvées carbonisées.

Les larmes aux yeux, le chef de la police routière à Vérone, Girolamo Lacquaniti, a raconté une scène «impressionnante et dévastatrice». «Je peux témoigner que toute la nuit, nous avons travaillé, soit comme policier pour reconstruire une tragédie, soit comme père de famille pour aider des jeunes de 15-16 ans, dont certains étaient pieds nus», a-t-il déclaré. «Il n'y a aucun état de service qui peut préparer à des événements de ce type», a-t-il assuré, ajoutant que certains jeunes avaient refusé de quitter leurs amis.

«Ceux qui étaient assis à l'arrière du bus se sont sauvés en brisant les vitres, dans les cris et la panique», a raconté de son côté Judit Timaffy.

«Pas vu de traces de freinage»

«Ce sont des enfants, c'est le plus dur, tout le monde pense aux siens. Mais naturellement le gouvernement hongrois fait et fera tout le nécessaire pour apaiser la douleur des familles», a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, en ravalant ses larmes.

Un drapeau noir a été accroché en signe de deuil au fronton du lycée situé dans le centre de Budapest. Des passants et anciens élèves sont venus déposer fleurs et bougies.

L'enquête doit déterminer les causes de l'accident, mais selon le chef de la police routière, «il n'y a pas eu d'autres véhicules qui sont entrés en collision avec le car».

«Les raisons peuvent aller de la condition du chauffeur à un problème mécanique, ou d'autres événements que nous sommes en train d'évaluer», a-t-il ajouté.

«Le bus allait à une vitesse assez soutenue et nous n'avons pas vu de traces de freinage», avait-il auparavant affirmé sur une radio italienne. Et le feu a pris «quelques instants après l'impact». La pile de pont contre laquelle s'est encastré le car portait encore samedi les traces de l'incendie violent, a constaté l'AFP.

Les corps des victimes n'ont pas encore été identifiés, beaucoup étant carbonisés.

Le car accidenté a été transporté sur un stationnement d'une société d'autoroute à Vérone. Mis sous séquestre par la magistrature italienne, il est recouvert de deux grandes bâches.




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