Le centre de l'Italie, sous la neige, n'en finit plus de trembler

Amatrice,qui a vu s'écrouler mercredi le clocher d'une... (Photo Emiliano Grillotti, Reuters)

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Amatrice,qui a vu s'écrouler mercredi le clocher d'une église du XIVe siècle, affronte ses pires chutes de neige depuis 50 ans et ses températures les plus basses en 25 ans.

Photo Emiliano Grillotti, Reuters

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Ella Ide, Fanny CARRIER
Agence France-Presse
Montereale et Rome

Une série de secousses allant jusqu'à une magnitude 5,7 a frappé mercredi le centre de l'Italie, réveillant dans une zone touchée actuellement par des chutes de neige historiques le traumatisme des séismes plus puissants d'août et d'octobre.

Une personne morte a été trouvée sous les décombres d'un bâtiment dans la commune de Castel Castagna, dans la province de Teramo, a annoncé dans la soirée la préfecture locale citée dans un communiqué de la Protecgtion civile.

«Cela a été apocalyptique. Nous sommes restés pétrifiés. La première, puis les autres encore plus fortes, nous avions l'impression que tout s'écroulait autour de nous, les gens hurlaient, c'était terrible», a raconté à l'AFP Nello Patrizi, 63 ans, un éleveur venu contrôler ses vaches dans un champ enneigé près de Montereale.

Une première secousse a eu lieu à 10 h 25 (4 h 25, HE), évaluée à 5,3 par le Centre sismologique euro-méditerranéen (CSEM). Une autre, plus forte et plus longue et évaluée à 5,7, a eu lieu à 11 h 14 (5 h 14, HE), puis une autre évaluée à 5,3 à 11 h 25 (5 h 25, HE) et encore une de 5,2 à 14 h 33 (8 h 33, HE), sans compter plus de 200 répliques.

Les quatre secousses principales ont été ressenties à Rome et dans une grande partie de la péninsule, accompagnées de scènes de panique, mais les dégâts semblent limités aux zones déjà frappées ces derniers mois.

L'armée, déjà mobilisée dans la région pour aider au déneigement, a envoyé des renforts, tandis que 850 pompiers sont mobilisés.

Ces derniers ont annoncé avoir sorti une femme et un enfant vivants, mais en état d'hypothermie, des décombres d'un gîte à plusieurs dizaines de kilomètres à l'est des épicentres des secousses principales.

Les épicentres ont été localisés entre les communes de Montereale, Capitignano, Campostoto, Barete, Pizzoli et Amatrice, selon la Protection civile.

Selon le chef de la Protection civile, Fabrizio Curcio, une personne est également portée disparue dans une zone de Campotosto touchée par un glissement de terrain.

Amatrice a été la localité la plus touchée par le séisme de magnitude 6 qui avait fait près de 300 morts le 24 août 2016. Le 26 et le 30 octobre 2016, trois secousses de 5,5 à 6,5 légèrement plus au nord avaient fait d'importants dégâts, mais pas de victimes.

Depuis une dizaine de jours, cette région a de plus subi d'importantes chutes de neige, qui ont fait s'écrouler mardi l'hôpital de campagne provisoire composé de modules gonflables à Amatrice.

«Plus de mots»

Selon la Croix Rouge italienne, des dizaines de personnes, isolées dans des hameaux de la zone, sont coupées du monde à cause de la neige. Et dans tout le centre de la péninsule, 130 000 foyers restent privés d'électricité.

«Je ne sais pas si on a fait quelque chose de mal (...). Je n'ai plus de mots», a déclaré à la télévision le maire d'Amatrice, Sergio Pirozzi, alors que sa commune, qui a vu s'écrouler mercredi le clocher d'une église du XIVe siècle, affronte ses pires chutes de neige depuis 50 ans et ses températures les plus basses en 25 ans.

«La situation est dramatique», a assuré à l'agence AGI Stefano Petrucci, maire d'Accumoli, aussi frappée en août et désormais surtout préoccupée par la neige. «Les moyens (de déblaiement) sont peu nombreux, certains sont en panne. On ne peut pas faire la guerre avec des arcs et des flèches», a-t-il déploré.

Parmi les dizaines de milliers de sinistrés des séismes de l'année dernière plus de 10 000 étaient encore hébergés lundi par la Protection civile.

À Montereale, une grande tente a été dressée à côté d'un gymnase pour abriter les habitants sinistrés. Plus de 150 personnes, dont des enfants, cherchaient à s'organiser pour y passer la nuit, a constaté l'AFP.

«Le problème c'est que tu sens le séisme, tu sors de chez toi et il y a 1,5 mètre de neige et tu ne sais pas comment t'échapper», raconte à l'AFP Carmine Cresciotti, 74 ans, de retour dans cette tente où elle a déjà passé deux mois en août.

Selon la Coldiretti, le plus gros syndicat agricole italien, plusieurs dizaines de vaches, veaux, brebis et agneaux ont péri dans l'écroulement de deux étables mercredi.




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