Le Parlement turc approuve le renforcement des pouvoirs d'Erdogan

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Recep Tayyip Erdogan aura le pouvoir de nommer ou de limoger les ministres, tandis que le poste de premier ministre sera supprimé, pour la première fois dans l'histoire de la Turquie.

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Stuart WILLIAMS
Agence France-Presse
Istanbul

Le Parlement turc a approuvé dimanche en première lecture une nouvelle Constitution renforçant les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan.

Les parlementaires ont approuvé dans la soirée les deux dernières parties de la Constitution, avec la majorité des trois cinquièmes requise.

Le parti de la Justice et du Développment (AKP) au pouvoir a recueilli les plus de 330 voix - soit une majorité des trois cinquièmes des voix - nécessaires pour l'adoption de la nouvelle Constitution afin qu'elle puisse être soumise à un referendum, probablement en avril.

Le texte doit être soumis en deuxième et dernière lecture au Parlement à partir de mercredi. Les 18 articles de la nouvelle Constitution, qui vise à étendre les pouvoirs du président de la République, y seront de nouveaux débattus l'un après l'autre.

La semaine dernière, une rixe avait éclaté au Parlement lors de l'examen du texte.

Les députés en étaient venus aux mains dans la nuit de mercredi à jeudi et les médias turcs ont diffusé des images montrant certains élus distribuer des coups de poing à la volée ou jetant des chaises.

Ce projet de présidentialisation du système politique turc est rejeté par l'opposition qui dénonce une dérive autoritaire du président Erdogan, en particulier depuis la tentative de coup d'État du 15 juillet dernier et les vastes purges qui ont suivi.

Plus de premier ministre 

Le président aura le pouvoir de nommer ou de limoger les ministres, tandis que le poste de premier ministre sera supprimé, pour la première fois dans l'histoire de la Turquie.

Le projet de nouvelle Constitution prévoit un poste de vice-président, ou éventuellement de plusieurs vice-présidents.

Les élections législatives et présidentielle se dérouleront simultanément. Le projet fixe la date du scrutin au 3 novembre 2019.

La durée du mandat présidentiel est fixée à cinq ans et le président ne pourra exercer que deux mandats au maximum.

Le projet de nouvelle Constitution est notamment critiqué par le principal parti d'opposition, le Parti républicain des Peuples (CHP, social-démocrate). Le Parti démocratique des Peuples (HDP, prokurde) boycotte le vote, une dizaine de ses députés, accusés de soutenir le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatiste), étant en détention.

L'AKP, qui dispose de 317 sièges sur les 550 du Parlement, a eu besoin des voix d'un quatrième parti, la formation de droite nationaliste MHP, pour obtenir la majorité requise pour faire adopter le texte.

Le dirigeant du Mouvement nationaliste Devlet Bahceli, qui a pris la tête de cette formation en 1997, est apparu comme le principal allié de l'AKP pour promouvoir la réforme constitutionnnelle.

La Constitution actuelle, adoptée en 1982 dans la foulée du coup d'État militaire de 1980, garantit l'indépendance de la justice face à l'exécutif.

Mais la réforme constitutionnelle permet au président d'intervenir directement dans le fonctionnement de la justice, que M. Erdogan a accusé d'être influencée par les partisans du prédicateur Fethullah Gulen, tenu par les autorités pour responsable du putsch avorté du 15 juillet.

Le premier ministre Binali Yildirim a affirmé que la nouvelle Constitution mettrait la Turquie à l'abri de toute nouvelle tentative de coup d'État.

«Avec la réforme constitutionnelle, les juntes ne seront plus encouragées à s'emparer du pouvoir», a-t-il ajouté.




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