Une boîte noire de l'avion russe retrouvée en mer Noire

Des employés d'un ministère russe remontent des fragments... (Vladimir Velengurin, Emergency Situations Ministry Photo via AP)

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Des employés d'un ministère russe remontent des fragments de l'avion qui s'est abîmé en mer Noire. Un première boîte noire a été retrouvée.

Vladimir Velengurin, Emergency Situations Ministry Photo via AP

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Vassili MAXIMOV, Maria PANINA
Agence France-Presse
Moscou et Sotchi

Les opérations de grande envergure menées en mer Noire après l'écrasement d'un avion militaire ont permis de repêcher mardi l'une des deux boîtes noires de l'appareil, élément essentiel pour déterminer les causes du drame qui a endeuillé la Russie à quelques jours du Nouvel An.

Retrouvé à 2 h 42 GMT à 17 mètres de profondeur et 1600 mètres des côtes, près de Sotchi d'où l'avion avait décollé, ce « principal enregistreur de vol » a été transporté à Moscou dans l'après-midi pour être déchiffré, a annoncé le ministère de la Défense.

La boîte métallique renforcée au sein de laquelle se trouve l'enregistreur de paramètres de vol « est en état satisfaisant », a précisé le ministère.

Les autorités écartent pour l'heure la thèse de l'attentat comme origine de l'écrasement du Tupolev Tu-154, intervenu dimanche juste après son décollage pour la Syrie, avec 92 personnes à son bord, dont plus de 60 artistes des Choeurs de l'Armée rouge.

Si plusieurs débris de l'avion ont été retrouvés par les quelque 3500 personnes déployées jour et nuit sur la zone, la découverte des boîtes noires marque une étape essentielle pour reconstituer le film des événements.

Selon une source citée par l'agence Interfax, l'enregistreur retrouvé serait celui conservant les paramètres techniques du vol, la boîte contenant les échanges vocaux restant donc à repêcher.

Selon le ministère de la Défense, les recherches se poursuivent pour retrouver la seconde boîte noire ainsi que les corps des passagers de l'avion. « À ce jour, 12 corps et 156 fragments de corps ont été retrouvés », selon l'armée.

Lundi, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov avait jugé que « la thèse d'un acte terroriste (était) loin d'être en tête de liste ».

Les pistes privilégiées par les services secrets sont celles d'un objet ayant obstrué un moteur, du kérosène de mauvaise qualité, une erreur de pilotage ou une défaillance technique de l'avion.

« Tout sera fait »

Le Tupolev, exploité depuis 33 ans et révisé en septembre, avait disparu des écrans radars dimanche à 2 h 27 GMT juste après son décollage de l'aéroport de Sotchi, sur les rives de la mer Noire. Il se rendait à la base aérienne de Hmeimim, près de Lattaquié en Syrie, utilisée pour lancer des bombardements aériens contre les rebelles syriens.

L'appareil, parti d'un aérodrome près de Moscou, avait fait escale à Sotchi pour un ravitaillement.

Selon le ministère de la Défense, les débris sont dispersés sur un rayon de 500 mètres. Au total, plus de 3500 personnes, 45 bateaux, 15 submersibles, 12 avions, cinq hélicoptères ainsi que des drones sont mobilisés, selon les autorités russes.

L'écrasement a provoqué une vive émotion en Russie, car parmi les occupants de l'avion se trouvaient 64 membres des Choeurs de l'Armée rouge, symbole du pays connu pour ses tournées triomphales dans le monde entier. Ils devaient célébrer le Nouvel An avec les soldats russes stationnés en Syrie depuis septembre 2015 en soutien à l'armée de Bachar Al-Assad.

L'appareil transportait également neuf journalistes de la télévision russe et une médecin unanimement reconnue pour son engagement humanitaire, Elizavéta Glinka, surnommée par les Russes « Docteur Liza », qui emportait des médicaments destinés à l'hôpital universitaire de Lattaquié (nord-ouest).

« Tout sera fait pour la recherche des corps des victimes et pour déterminer les causes de cette terrible tragédie », a assuré le ministre de la Défense Sergueï Choïgou.

L'aide médicale promise a bien été livrée à la base de Hmeimim, a-t-il aussi indiqué, promettant par ailleurs de reconstituer les Choeurs endeuillés par la perte d'environ un tiers de leurs membres et de leur directeur.

Quelque 4300 soldats russes sont déployés en Syrie depuis septembre 2015 en soutien au régime du président syrien.

La Russie, qui a également des installations portuaires militaires à Tartous (nord-ouest), continue de renforcer sa présence dans ce pays en proie à un sanglant conflit qui a fait depuis 2011 plus de 312 000 morts.




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