Affaire Tapie: Christine Lagarde ne compte pas se taire

L'ancienne ministre est entrée peu avant 14h00 (8h00... (AFP)

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L'ancienne ministre est entrée peu avant 14h00 (8h00 à Montréal) dans l'une des plus imposantes salles du Palais de justice de Paris, celle où a eu lieu le procès de Marie-Antoinette.

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Aurélia END
Agence France-Presse
Paris

A-t-elle par sa «négligence» permis un gigantesque détournement d'argent public au profit de Bernard Tapie? Le procès de Christine Lagarde, ex-ministre et actuelle patronne du FMI, a débuté lundi devant la Cour de justice de la République (CJR).

«Je n'ai pas l'intention de me taire», a dit Mme Lagarde, 60 ans, tailleur sombre et foulard coloré, à la présidente de la Cour, Martine Ract Madoux, qui lui rappelait son droit au silence.

L'ancienne ministre est entrée peu avant 14h00 (8h00 à Montréal) dans l'une des plus imposantes salles du Palais de justice de Paris, celle où a eu lieu le procès de Marie-Antoinette.

Elle a aussitôt été cernée de photographes et de caméras. La directrice générale du Fonds monétaire international est restée impassible de longues minutes dans le crépitement des appareils photo et la lumière des projecteurs, se détournant quelques instants pour converser, souriante, avec ses avocats.

Sont ensuite entrés, tous vêtus de noir, les magistrats composant la CJR, cette juridiction hybride, mi-politique, mi-judiciaire: trois juges de la Cour de cassation, douze juges parlementaires (six députés et six sénateurs), et deux magistrats représentant le ministère public.

La présidente a rappelé à Mme Lagarde qu'il lui était reproché d'avoir mis en place un «processus décisionnel unilatéral et refermé sur lui-même» autour de l'arbitrage qui a permis à l'homme d'affaires Bernard Tapie de toucher plus de 400 millions d'euros en 2008.

«J'ai essayé de faire tout mon travail, le mieux possible dans la limite de tout ce que je savais», avait affirmé Mme Lagarde dans un reportage diffusé dimanche soir sur France 2.

Son procès doit durer jusqu'au 20 décembre. Jusqu'à cette date, elle se mettra «en congé» du FMI, a indiqué dans un récent entretien à l'Obs Mme Lagarde, reconduite haut la main l'été dernier comme directrice générale.

Elle n'a rien dit des conséquences d'une éventuelle condamnation.

«Elle sera relaxée et donc cette question ne se pose pas», a balayé son avocat Me Patrick Maisonneuve lundi sur Europe 1.

Me Patrick Maisonneuve veut faire reporter le procès. Pour l'avocat, la CJR ne peut dire si «oui ou non» il y a eu «un détournement de fonds publics en quelques jours alors que les juges parisiens sont saisis de cette question et qu'ils n'ont pas tranché depuis plusieurs années».

En clair, l'avocat estime que Mme Lagarde ne peut être jugée dans de bonnes conditions avant les principaux protagonistes de ce scandale politico-financier, dont Bernard Tapie.

Au total, six hommes, dont plusieurs viendront témoigner au procès de Christine Lagarde, sont mis en examen pour «escroquerie» dans l'affaire Tapie.

Ministre de l'Économie et des Finances entre 2007 et 2011 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, Mme Lagarde est jugée au titre de l'article 432-16 du Code pénal qui vise toute personne dépositaire de l'autorité publique qui aurait, par sa «négligence», permis un détournement de fonds publics.

Elle risque jusqu'à un an d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende pour avoir, selon les enquêteurs, autorisé à la légère en 2008 le recours à l'arbitrage pour solder un très vieux conflit entre Bernard Tapie et l'ancienne banque publique Crédit Lyonnais.

Les magistrats instructeurs lui reprochent également d'avoir validé trop vite le résultat de cette procédure privée, extrêmement favorable à l'ancien ministre socialiste.

Le recours à l'arbitrage se préparait cependant avant son arrivée à Bercy. Surtout, Mme Lagarde n'est pas intervenue dans le choix, très controversé, des arbitres.

L'arbitrage a été annulé en 2015 au civil, et, au pénal, les enquêteurs soupçonnent un «simulacre» organisé au bénéfice de l'homme d'affaires.

Bernard Tapie, qui se défend d'avoir floué le contribuable, a affirmé dimanche au JDD que Christine Lagarde ne lui «a jamais fait de cadeau».




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