France: François Fillon remporte la primaire de la droite

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François Fillon a récolté 69,5 % des voix selon de premiers résultats partiels.

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Béatrice LE BOHEC, Marie WOLFROM
Agence France-Presse
Paris

Le conservateur François Fillon, ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy, a largement remporté la primaire de la droite française pour la présidentielle de 2017, selon des résultats partiels dimanche soir, prenant une sérieuse option dans la course à la présidence.

Avec une gauche au pouvoir en miettes, cet homme de 62 ans, qui prône en particulier une cure économique de choc, pourrait affronter au second tour de la présidentielle en mai la candidate d'extrême droite Marine Le Pen. Même si la victoire du populiste américain Donald Trump a donné des ailes à cette dernière, les sondages actuels la donnent battue à l'issue du scrutin.

Selon les premiers résultats partiels, portant sur 2121 bureaux de vote dépouillés, François Fillon a remporté le second tour de la primaire avec 69,5% des voix contre 30,5% pour l'ex-premier ministre Alain Juppé, 71 ans.

Les résultats définitifs seront connus après 22h GMT.

Au premier tour, dimanche dernier, cet amateur de course automobile avait définitivement poussé hors piste son ancien «patron» Nicolas Sarkozy.

Conservateur sur les questions de société, défendant les valeurs familiales, ce catholique assumé qui n'a jamais caché son admiration pour Margaret Thatcher, la «dame de fer» britannique, veut «désétatiser» la France.

François Fillon a écrasé le vétéran Alain Juppé, qui, sur une ligne plus modérée, plaidait pour des «réformes profondes» mais «sans brutalité» et définissait l'identité de la France dans sa «diversité».

Les électeurs se sont pressés dès le petit matin pour le second tour de cette primaire inédite à droite, qui a passionné les Français de tous bords. Deux heures avant la fermeture des bureaux de vote à 16h GMT, la participation était en hausse de 4,5% par rapport à dimanche dernier, dans les 10 228 bureaux de vote, avec près de trois millions de votants.

«J'ai longtemps hésité», confiait Solange, enseignante de 50 ans qui vit à Rennes (ouest): «J'ai voté Fillon avec le coeur, en raison de mes racines catholiques. Je suis sûre qu'il adoucira son programme, mais c'est lui qui peut moderniser la France».

Ouverte à tous, cette primaire a mobilisé bien au-delà des rangs de la droite et du centre. Au premier, comme au second tour, plus de 4 millions d'électeurs se sont déplacés.

Projet «radical»

À la surprise générale, François Fillon était arrivé largement en tête au premier tour. Il avait depuis engrangé de nombreux soutiens, dont celui de Nicolas Sarkozy et de la majorité de ses troupes.

Largement distancé, Alain Juppé s'était montré offensif entre les deux tours, dénonçant le programme «brutal» de son rival en référence à sa promesse de supprimer un demi-million de postes de fonctionnaires en cinq ans.

Il avait aussi taclé le profil «traditionnaliste» de celui qui a émis des réserves personnelles sur l'avortement compte tenu de sa foi catholique et bénéficie de soutiens des opposants au mariage gai.

Mais malgré ses efforts pour polariser le vote des «déçus du hollandisme» et de se présenter comme le grand rassembleur de la France, il n'a pas réussi à inverser la vapeur.

François Fillon, qui ne «s'excuse pas» de ses valeurs de droite, a accusé en retour Alain Juppé de ne «pas vouloir vraiment changer les choses». Son projet «radical» a largement convaincu.

Selon le politologue Jean-Yves Camus, son programme devrait néanmoins «bouger un petit peu pour être plus rassembleur, moins clivant, notamment sur les aspects socio-économiques».

Le champion de la droite désigné, la gauche est loin d'être en ordre de bataille. Le parti socialiste prévoit une primaire en janvier, mais reste suspendu à la décision du président François Hollande de se représenter ou pas.

Ce dernier, au tréfonds de l'impopularité dans l'opinion, est aussi contesté en interne. Le premier ministre Manuel Valls se verrait bien porter les couleurs de la gauche à la présidentielle.

Dans un entretien au Journal du dimanche, M. Valls n'a ainsi pas exclu, pour la première fois, d'être candidat face au président sortant, pour «casser (une) mécanique» conduisant, selon lui, la gauche à la défaite.

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