Famine des années 30 en Ukraine: « un génocide » planifié par Moscou

Des chandelles et des fleurs ont été déposées... (PHOTO SERGEI SUPINSKY, AFP)

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Des chandelles et des fleurs ont été déposées au mémorial de l'Holodomor (« Grande famine »), le 26 novembre à Kiev.

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Agence France-Presse
KIEV

Les Ukrainiens ont rendu hommage samedi aux millions de victimes de la grande famine des années 1932-1933, qualifiée par le président Petro Porochenko de « génocide » planifié par le pouvoir soviétique pour écraser toute revendication d'indépendance ukrainienne.

« La collectivisation et la répression de l'opposition des paysans, la destruction des intellectuels ukrainiens et la liquidation de l'Église ukrainienne n'ont pas donné les résultats escomptés par Moscou », a déclaré M. Porochenko au cours d'une cérémonie de commémoration de l'Holodomor (« Grande famine ») ayant réuni à Kiev des centaines de personnes qui arboraient pour l'occasion cierges et épis de blé.

« C'est alors que l'Holodomor a été planifié et exécuté à l'échelle d'un génocide. Le but de l'empire [soviétique] était d'anéantir toute possibilité d'autodétermination pour l'Ukraine », a-t-il ajouté.

En 1932, le régime de Staline avait déclenché une campagne de collectivisation forcée au cours de laquelle il avait réquisitionné semences, blé, farine, légumes et bétail, acculant les paysans à la famine.

Selon des historiens ukrainiens et occidentaux, cette famine, intentionnellement provoquée par le pouvoir soviétique, visait à briser les velléités d'indépendance de l'Ukraine.

La Russie de son côté dénonce cette interprétation.

Les autorités soviétiques avaient bloqué les fournitures de produits alimentaires dans les régions frappées par la famine et continuaient à exporter du blé à l'étranger, alors que des milliers d'Ukrainiens mouraient de faim chaque jour.

L'Ukraine cherche à faire reconnaître cette famine comme un « génocide » par l'ONU.

« Les gens ramassaient des racines et préparaient de la soupe avec pour survivre... mangeaient des vers de terre », a raconté Oléna Bobrova, une habitante de Kiev interrogée par l'AFP à la cérémonie.

« Le but de ce génocide était d'anéantir le peuple ukrainien en tant que nation, pour que nous oublions qui nous sommes et nous obliger à nous soumettre au pouvoir soviétique », a-t-elle estimé.

L'ancienne république soviétique a vu ses relations avec Moscou se dégrader considérablement depuis la destitution début 2014 du président prorusse Viktor Ianoukovich, suivie de l'annexion de la Crimée puis d'un conflit avec les séparatistes prorusses dans l'Est qui a fait plus de 9500 morts.

Le 21 novembre, à l'occasion du troisième anniversaire du soulèvement pro-européen du Maïdan, le président Porochenko avait déclaré que ce mouvement avait acté pour l'Ukraine sa « séparation du monde russe ».

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