Primaire de la droite en France: Fillon et Juppé passent, Sarkozy battu

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Nicolas Sarkozy a indiqué qu'il voterait pour son ancien premier ministre, François Fillon, au second tour du scrutin, dimanche prochain.

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Sophie PONS
Agence France-Presse
PARIS

L'ex-président français Nicolas Sarkozy a été battu sans appel au premier tour dimanche de la primaire de la droite, largement remportée par son ancien premier ministre François Fillon, désormais le mieux placé dans la course à la présidentielle de 2017.

François Fillon, 62 ans, a été le premier ministre... (Photo Thibault Camus, AP) - image 1.0

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François Fillon, 62 ans, a été le premier ministre de Nicolas Sarkozy pendant tout son mandat.

Photo Thibault Camus, AP

«J'ai défendu mes convictions, avec ardeur, avec passion (....)  je ne suis pas parvenu à convaincre», a dit l'ancien chef d'État (2007-2012), prenant acte «sans amertume» de sa défaite et annonçant son retrait de la vie publique.

Contre toute attente, Nicolas Sarkozy, 61 ans, a été pulvérisé au premier tour de la primaire, avec seulement 21% des voix selon des résultats quasi définitifs, très loin derrière celui qui fut son discret collaborateur pendant cinq ans: François Fillon a créé la surprise en recueillant 44,1% des suffrages.

L'ex-président est également arrivé derrière son rival historique à droite, le maire de Bordeaux (sud-ouest) et ancien premier ministre de Jacques Chirac, Alain Juppé, qui avec 28,1% des suffrages aura du mal à remonter la pente au second tour dimanche prochain.

La première primaire de la droite a été marquée par une forte mobilisation des électeurs, avec 3,9 à 4,3 millions de participants, selon une projection faite à la fermeture des bureaux de vote.

Cette participation s'explique par l'enjeu crucial du scrutin: son vainqueur a de bonnes chances, selon les sondages, d'être élu président dans cinq mois, lors d'un deuxième tour face à la candidate de l'extrême droite Marine Le Pen.

Compte tenu de son impopularité et de ses divisions, la gauche au pouvoir risque en effet d'être éliminée dès le premier tour en avril 2017.

François Fillon, qui a longtemps joué les seconds rôles, se voyait déjà dimanche en haut de l'affiche: «Une vague», «une dynamique puissante est enclenchée». «Ma campagne va encore s'accélérer, s'amplifier», a-t-il déclaré M. Fillon, avec «une pensée particulière» pour Nicolas Sarkozy qui lui a immédiatement apporté son soutien.

Longtemps marginalisé par le duel annoncé Juppé-Sarkozy, cet homme discret de 62 ans, à l'image austère, a déjoué les pronostics, au terme d'une fulgurante progression dans les sondages ces derniers jours.

«Une autre surprise»

Ce catholique, père de cinq enfants, porte un projet très libéral sur le plan économique et conservateur sur les questions de société. Il propose une réduction drastique des dépenses publiques -avec notamment la suppression d'un demi-million de postes de fonctionnaires et le resserrement des aides sociales.

Le nouvel homme fort de la droite veut aussi instaurer la déchéance de nationalité pour les Français partis faire le jihad, fixer des quotas annuels d'immigrés et amender la loi ouvrant le mariage aux couples homosexuels.

Face à lui Alain Juppé, 71 ans, a promis un «combat projet contre projet». Longtemps donné favori par les sondeurs, il a mené bataille sur une ligne pondérée, refusant de «courir» derrière le Front national de Marine Le Pen ou de «dresser le peuple contre les élites».

À l'inverse, l'ancien président Sarkozy avait mis un sérieux coup de barre à droite pour reconquérir le pouvoir, centrant son discours sur l'autorité, la sécurité, l'identité, l'islam, l'immigration.

Ce positionnement a renforcé son image clivante, réactivant le front «tous sauf Sarko» qui l'avait déjà privé de victoire en 2012 face au socialiste François Hollande.

En reconnaissant sa défaite, il a demandé à ses électeurs, ciblant le Front National, «de ne jamais emprunter la voie des extrêmes».

La voix ferme mais le regard sans éclat, il a annoncé son retrait de la vie publique -répétant une promesse qu'il avait faite après sa défaite de 2012. «Il est temps pour moi de susciter plus de passion privée que de passion publique», a-t-il dit.

«Ce premier tour constitue une surprise, dimanche prochain sera si vous le voulez, si je le veux, une autre surprise», a pour sa part lancé M. Juppé. Pugnace, il a appelé au rassemblement «pour tourner la page d'un quinquennat désastreux qui a ruiné notre pays et pour faire barrage au FN qui nous entrainerait dans la pire aventure».

Les socialistes doivent à leur tour organiser leur primaire en janvier. Le président François Hollande, qui touche des tréfonds d'impopularité, devrait prendre sa décision début décembre selon son entourage.

Retrait de la vie politique pour Sarkozy

Nicolas Sarkozy a annoncé dimanche son retrait de la vie politique après avoir reconnu sa défaite.

«Il est temps pour moi d'aborder une vie avec plus de passion privée et moins de passion publique», a-t-il déclaré dans une brève allocution, prenant acte de «la volonté des électeurs «de choisir pour l'avenir d'autres responsables politiques».

L'ancien chef de l'État (2007-2012) a indiqué qu'il voterait pour son ancien premier ministre, François Fillon, au second tour du scrutin dimanche prochain face au maire de Bordeaux (sud-ouest) Alain Juppé.

«J'ai beaucoup d'estime pour Alain Juppé mais les choix politiques de François Fillon me sont plus proches», a-t-il expliqué en référence au programme libéral sur le plan économique et conservateur sur les questions sociales de son ancien chef de gouvernement.

Nicolas Sarkozy, 61 ans, qui a mené une campagne très à droite, se posant en candidat «de la majorité silencieuse» contre les élites, a appelé ses partisans à «ne jamais emprunter la voie des extrêmes» en allusion au parti d'extrême droite Front national (FN).

«Bonne chance à la France, bonne chance à vous mes chers compatriotes, soyez certains que Français je suis, Français je reste et que tout ce qui de près ou de loin touche à la France, me touchera toujours personnellement», a déclaré Nicolas Sarkozy, manifestement ému.

«Je suis comme ça, on ne change pas, je n'ai aucune amertume, aucune tristesse, et je souhaite le meilleur pour mon pays pour vous mes chers compatriotes, et pour celui qui aura à conduire ce pays que j'aime tant, la droite a donné une bonne image, j'ai été heureux de participer à ce combat, au revoir à tous.»

Personnalité très clivante, Nicolas Sarkozy suscite l'adoration des uns, mais un fort rejet chez de nombreux autres. Son positionnement à droite toute et son style combattif, jugé fébrile par ses détracteurs, a suscité un front «tous sauf Sarko» dès la campagne présidentielle de 2012, qu'il avait perdue face au socialiste François Hollande.

Cinq ans plus tard, il voulait prendre sa revanche, mais l'effet «blast» qu'il avait annoncé n'a pas eu lieu.

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