France: les candidats de droite affichent leurs divergences sur Trump

L'ex-premier ministre Alain Juppé semble désormais en perte... (PHOTO Christphe Archambault, REUTERS)

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L'ex-premier ministre Alain Juppé semble désormais en perte de vitesse et se trouve maintenant au coude-à-coude avec l'ancien président Nicolas Sarkozy.

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Béatrice LE BOHEC
Agence France-Presse
PARIS

Les candidats à la primaire de la droite en France ont affiché jeudi leurs divergences sur les répercussions de la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine qui a donné des ailes à l'extrême droite, à trois jours d'un premier tour à suspense.

L'enjeu de cette primaire est majeur: au vu du marasme à gauche, son vainqueur a de fortes chances, selon les sondages, de remporter le deuxième tour de la présidentielle en mai 2017 face à la candidate du Front national Marine Le Pen.

Une victoire de cette dernière à la présidentielle est «possible», a averti jeudi le premier ministre socialiste Manuel Valls, reconnaissant que la France n'est pas à l'abri d'un séisme politique similaire aux victoires de Donald Trump et du vote du Brexit.

Les sondages pour la primaire annoncent un premier tour très serré dimanche. En tête dans les enquêtes d'opinion depuis deux ans, l'ex-premier ministre Alain Juppé, 71 ans, semble désormais en perte de vitesse et est au coude-à-coude avec l'ancien président Nicolas Sarkozy, 61 ans.

Un autre ancien Premier ministre, François Fillon, 62 ans, s'est, lui, fortement rapproché du duo de tête au cours des dernières semaines, selon un sondage jeudi.

Selon deux études d'opinion réalisées à chaud après un débat télévisé qui a réuni les sept candidats (6 hommes et une femme) jeudi soir, Alain Juppé et François Fillon sont ceux qui ont tiré le mieux leur épingle du jeu.

Les conséquences de l'élection du milliardaire populiste Donald Trump aux États-Unis ont fourni aux sept concurrents, la première occasion de se démarquer lors du débat.

Si tous se sont accordés sur le «choc» que son arrivée au pouvoir pouvait provoquer sur la scène internationale, les principaux candidats ont divergé sur l'impact en France, sans évoquer le Front national.

«Fera-t-il après l'élection ce qu'il avait annoncé ? (...) Il commence à mettre de l'eau dans son vin après ses déclarations tonitruantes», a souligné Alain Juppé.

Nicolas Sarkozy a lui pronostiqué une «rétractation» de la domination américaine, pouvant dès lors «marquer le retour de la France et de l'Europe sur la scène internationale».

François Fillon a, lui, carrément jugé «ridicule» d'en tirer des conclusions «sur la vie politique française».

Après deux précédents débats sur des sujets largement nationaux marqués par des flèches décochées contre Nicolas Sarkozy, tous se sont abstenus jeudi d'invectives personnelles.

«Vous n'avez pas honte ?»

La tension est néanmoins brutalement montée lors d'une question d'un journaliste sur des soupçons de financement libyen reçu par Nicolas Sarkozy pour sa campagne en 2007.

«Quelle indignité (...) Vous n'avez pas honte de donner écho à un homme qui a fait de la prison (...) ?», a réagi M. Sarkozy, dans un silence de cathédrale.

Un homme d'affaires franco-libanais, Ziad Takieddine, affirme avoir remis des valises d'argent à l'ancien président et à son camp. Ce sulfureux intermédiaire a réitéré jeudi ses propos devant des enquêteurs français, sans toutefois pouvoir prouver que l'argent a servi à financer la campagne remportée par M. Sarkozy en 2007.

L'ancien chef de l'État a opposé mercredi un démenti formel à ces accusations, dénonçant «une manoeuvre nauséabonde» pour interférer dans la primaire.

Autre signe de la nervosité ambiante: l'un des candidats, Bruno Le Maire, a vivement répliqué à un trait d'un journaliste sur sa campagne en perte de vitesse.

Les inconnues sur l'ampleur de la participation à cette primaire inédite incitent de fait les commentateurs à la prudence.

«Lorsque l'élection se joue au sein d'une même famille politique, la fluidité électorale est maximale», relève dans Le Monde jeudi le politologue Brice Teinturier, de l'institut de sondages Ipsos. «Les électeurs n'ont pas le sentiment de «trahir» en passant de Juppé à Fillon ou à Sarkozy», souligne-t-il.

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