Barack Obama appelle à «un changement de cap» dans la mondialisation

Barack Obama a visité l'Acropole mercredi à Athènes.... (PHOTO KEVIN LAMARQUE, REUTERS)

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Barack Obama a visité l'Acropole mercredi à Athènes.

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Jérôme CARTILLIER
Agence France-Presse
BERLIN

Barack Obama est arrivé mercredi soir à Berlin pour la dernière étape de sa tournée en Europe visant à dissiper les inquiétudes suscitées pour l'avenir du lien transatlantique par l'élection de Donald Trump, après avoir appelé, à Athènes, à un «changement de cap» dans la mondialisation.

Pour sa sixième et dernière visite officielle en Allemagne, le président américain devait dîner avec Angela Merkel avant des entretiens jeudi avec la chancelière allemande, sa partenaire internationale qu'il a qualifiée de probablement «la plus proche» de ces dernières années. De nombreux analystes et médias voient dans cette rencontre une forme de passage de témoin, au moment où Mme Merkel se voit surnommée par ses partisans de nouveau «leader du monde libre».

Vendredi, les deux responsables participeront toujours à Berlin à un mini-sommet avec les dirigeants britannique, italien, espagnol et français, avant que le président américain ne s'envole pour le Pérou.

Au moment où l'Europe traverse une crise de confiance, et à l'approche d'une série d'échéances électorales - dont l'élection présidentielle française où la candidate d'extrême droite Marine Le Pen devrait jouer les premiers rôles - le président américain martèle à chaque occasion l'importance du projet européen.

«Sentiment d'injustice»

«Aujourd'hui, plus que jamais, le monde a besoin d'une Europe démocratique», a-t-il souligné dans son discours aux Athéniens mercredi après une visite de la majestueuse Acropole, qui surplombe la ville. «C'est ici, il y a 25 siècles, qu'une nouvelle idée a émergé: demokratia», a-t-il rappelé, sous des applaudissements nourris.

Les inégalités criantes, à la fois entre pays et au sein même des pays, nourrissent «un profond sentiment d'injustice», a dans le même temps mis en garde M. Obama.

Dans un discours parsemé de références à ce que la Grèce «a donné à l'humanité au cours des âges», le président américain n'a jamais nommé Donald Trump, qui lui succédera le 20 janvier à la Maison-Blanche, mais il a multiplié les références et les piques indirectes à ce dernier.

«Comme vous l'avez peut-être remarqué, difficile de faire plus différent que le prochain président américain et moi-même», a-t-il lancé dans un sourire.

Insistant sur la frustration que pouvait générer le fait de voir «des élites (...) vivre selon des règles différentes, ne pas payer d'impôts, accumuler les richesses», il souligné combien ces contrastes s'étalaient désormais en pleine lumière.

L'augmentation des disparités sociales, associée à une meilleure prise de conscience de leur existence même, est «un mélange explosif», a-t-il mis en garde, exhortant à s'assurer que les bénéfices de la mondialisation «soient partagés plus largement et par plus de monde».

Réaffirmant sa foi dans une combinaison de démocratie, droits de l'homme et économie de marché, le président américain a reconnu que l'exercice démocratique, «comme toute affaire humaine» était imparfait, parfois «lent, frustrant, confus».

«Dernier grand leader américain»

«La démocratie peut être compliquée. Croyez-moi, je le sais !», a ajouté celui qui s'apprête à quitter la Maison-Blanche après deux mandats au cours desquels il s'est heurté à une véritable guérilla parlementaire de la part de ses adversaires républicains.

Mardi, à l'issue d'une rencontre avec le premier ministre Alexis Tsipras, il avait reconnu avoir été «surpris» par la victoire de Donald Trump. Et avait souligné que ce dernier avait réussi à capitaliser sur «la méfiance vis-à-vis de la mondialisation, la méfiance vis-à-vis des élites et des institutions».

Une impressionnante file d'attente s'était formée en milieu de journée devant l'immense centre culturel Stavros Niarchos, inauguré cette année et conçu par l'architecte italien Renzo Piano, où M. Obama a prononcé son discours.

«C'est fantastique d'être là», s'enthousiasmait Anaïs Karayanis, lycéenne de 17 ans. «Il a beaucoup de choses à nous apprendre, de conseils à donner. Pour Trump, je serais venue aussi mais par simple curiosité, car je ne le soutiens pas».

Betty Kazakopoulos, sexagénaire travaillant dans les relations publiques, est ravie d'avoir l'occasion d'écouter Barack Obama, «un homme que j'estime, peut-être le dernier des grands leaders américains».

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