Obama met en garde l'Europe contre la montée des nationalismes

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«Je veux remercier publiquement le peuple grec», a déclaré Barack Obama lors d'une conférence à Athènes aux côtés du premier ministre grec Alexis Tsipras.

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Hélène COLLIOPOULOU, Jerome CARTILLIER
Agence France-Presse
Athènes

Barack Obama, pour son dernier voyage auprès d'une Europe ébranlée par l'élection de Donald Trump, l'a invitée à Athènes à être «forte et unie», tout en mettant en garde contre la montée des nationalismes.

«Nous pensons qu'une Europe forte, prospère et unie n'est pas seulement bonne pour les peuples d'Europe, mais bonne pour le monde et bonne pour les États-Unis», a déclaré mardi le président américain à son homologue grec Prokopis Pavlopoulos qui l'accueillait au palais présidentiel.

Un peu plus tard, Barack Obama a mis en garde contre «la montée d'une sorte de nationalisme sommaire, d'identité ethnique ou de tribalisme construit autour de la notion de «nous» et «eux»», évoquant tant l'élection de M. Trump que le Brexit et la place occupée en France par le parti d'extrême droite Front national.

Ce n'est pas par hasard que le président américain a choisi la Grèce pour figurer parmi les deux pays européens de sa tournée d'adieux, avec l'Allemagne, où des dirigeants européens de premier plan comme le Français François Hollande, la Britannique Theresa May et l'Italien Matteo Renzi devront se rendre vendredi pour rencontrer une dernière fois M. Obama, autour de la chancelière Angela Merkel.

La Grèce est «le berceau de la démocratie», a rappelé M. Obama, et elle a montré l'exemple avec la crise des réfugiés: un million de personnes, notamment des Syriens et des Irakiens, ont foulé son sol depuis 2015 et plus de 60 000 s'y trouvent encore.

«Je veux remercier publiquement le peuple grec», a déclaré M. Obama, il a fait montre d'«une compassion extraordinaire».

Les États-Unis couvent la Grèce, petit partenaire à la situation géostratégique cruciale, à la pointe sud-est de l'Union européenne. La relation entre les deux pays au sein de l'OTAN «est de la plus haute importance», a jugé M. Obama.

Il a félicité la Grèce d'être un des cinq membres de l'OTAN à «tenir l'engagement de consacrer 2% de son PIB à la défense». «Si la Grèce peut le faire en des temps économiques difficiles, tous nos alliés devraient pouvoir le faire».

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Mardi soir à Athènes, la police a tiré gaz lacrymogène et grenades assourdissantes pour disperser un cortège de 2500 manifestants.

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Washington tient ainsi particulièrement à la stabilité de ce pays, notamment depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement de gauche radicale d'Alexis Tsipras.

«L'austérité seule ne peut pas apporter la prospérité», a aussi plaidé le président américain, alors que la Grèce est sous tutelle financière de l'UE et du FMI depuis 2010. Tout en appelant à la poursuite des réformes structurelles, M. Obama a plaidé pour «un allègement de la dette grecque», à destination en particulier de l'Allemagne qui y est réticente.

Pour M. Tsipras, de telles décisions «ne concerneront pas que la Grèce, mais aussi l'Europe, et donc, l'économie mondiale».

Gaz lacrymogène et grenades assourdissantes 

Le 44e président des États-Unis avait probablement imaginé une autre tonalité pour ce qui est aussi sa tournée d'adieux à l'Europe après huit années au pouvoir.

Mais Donald Trump est dans tous les esprits, et avec lui une cascade d'interrogations sur la direction que le futur président entend donner à l'Amérique sur nombre de grands dossiers internationaux.

Au cours d'une conférence de presse lundi à Washington, M. Obama s'était voulu rassurant, soulignant combien démanteler ou détricoter les traités n'était pas affaire aisée.

Mardi, il a souligné que Donald Trump lui avait affirmé, pendant leur premier entretien en tête-à-tête, qu'il soutenait par exemple une OTAN forte.

Chacun essayait mardi de partager cet espoir.

Ainsi, à Bruxelles, le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg s'est dit «certain» que le président élu respecterait «tous les engagements des États-Unis» à l'égard de l'Alliance atlantique.

Au même moment, à la conférence sur le climat de Marrakech, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a exprimé son «espoir» que Donald Trump «comprenne l'urgence» de l'action contre le réchauffement planétaire, se disant «convaincu» qu'il prendrait «une sage décision».

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker s'est de son côté dit curieux de savoir si Donald Trump mettrait en application ce qu'il a dit lors de sa «campagne parfaitement dégoûtante».

Mercredi, M. Obama visitera l'Acropole avant un discours sur les défis de la mondialisation. La tournée du président américain s'achèvera en fin de semaine au Pérou où il participera au Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC) à l'occasion duquel il compte notamment s'entretenir avec le président chinois Xi Jinping.

Mardi soir à Athènes, la police a tiré gaz lacrymogène et grenades assourdissantes pour disperser un cortège de 2500 manifestants, parmi lesquels 400 semblant appartenir à la mouvance anarchiste, qui tentaient d'approcher du centre-ville, où dînait M. Obama avec MM. Pavlopoulos et Tsipras.

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