France: tempête autour des confidences du président Hollande

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Sur cette photo prise en juillet 2014, François Hollande est entouré du président de la Cour de cassation, Bertrand Louvel (à gauche), et du procureur général Jean-Claude Marin (à droite). Face au tollé soulevé par ses propos tenus sur la magistrature française, le président Hollande a exprimé ses regrets dans une lettre vendredi.

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Daphné BENOIT
Agence France-Presse
PARIS

Les confidences explosives du président François Hollande à six mois de la présidentielle, suscitent des ondes de choc en France qui relèguent au second plan le premier débat télévisé entre les candidats à la primaire de l'opposition de droite.

Face à la bronca suscitée par ses propos dans le monde judiciaire, M. Hollande, a exprimé ses regrets dans une lettre vendredi. « Je regrette profondément ce qui a été ressenti comme une blessure par les magistrats dont je mesure, chaque jour, le courage et le dévouement dans la mission difficile qui est la leur. Je tiens à vous assurer de la confiance que je porte dans la magistrature et dans celles et ceux qui la font vivre et qui méritent le plus grand respect », poursuit M. Hollande qui soutient que les propos qu'on lui reproche sont « sans rapport avec la réalité de (sa) pensée ».



Le conseil supérieur de la magistrature (CSM), chargé d'assister le président « dans sa fonction constitutionnelle de garant de l'indépendance de l'autorité judiciaire », avait notamment dénoncé ces propos comme « dangereux et injustes ».

Les magistrats ont pris acte vendredi d'un « début d'explication » de François Hollande.

Dans un livre-confession rédigé par des journalistes à partir d'entretiens avec le chef de l'État, Un président ne devrait pas dire ça...  publié jeudi, François Hollande critique la justice, « une institution de lâcheté », juge les footballeurs de l'équipe de France en manque de « musculation du cerveau », ou affirme avoir autorisé au moins quatre assassinats ciblés des services de renseignements extérieurs.

Le tollé général suscité par les déclarations du président socialiste qui, de l'avis même de son propre camp, fragilise l'hypothèse de sa candidature, a trouvé un écho lors du débat de la primaire de droite d'où Alain Juppé est sorti jeudi soir renforcé, selon deux sondages.

Arrivé en tête des audiences télévisées, l'émission a été suivie par 5,6 millions de téléspectateurs avec un pic à 6,5 millions.

Si les sept prétendants à l'investiture de droite  - six hommes, une femme - ont tenté de vendre leurs différences au cours du débat, ils ont affiché un front commun contre le président sortant.

« Les pauvres "des sans-dents", les sportifs "des décérébrés", les magistrats "des lâches" » : « je me demande jusqu'où François Hollande va salir et détruire la fonction présidentielle », a sèchement lancé l'ancien président et challenger de la droite Nicolas Sarkozy.

Le président a « manqué gravement aux devoirs de sa fonction et démontré une nouvelle fois qu'il n'est pas à la hauteur de sa charge », avait réagi Alain Juppé avant le débat.

Jeudi soir, l'ancien ministre et maire de Bordeaux (sud-ouest), populaire auprès de la droite modérée, du centre et même d'une partie de la gauche, n'a d'ailleurs pas manqué de rappeler que la primaire était « ouverte » aux « déçus du hollandisme ».

Majorité ébranlée

L'onde de choc provoquée par l'ouvrage sur François Hollande a violemment ébranlé la majorité qui s'interroge désormais ouvertement sur ses conséquences potentiellement dévastatrices et la « volonté » même du président de briguer un second mandat.

Ce marasme à gauche alourdit considérablement l'enjeu des primaires de droite, qui se tiendront les 20 et 27 novembre : son vainqueur aura en effet de fortes chances d'être élu président au printemps 2017 à l'issue d'un second tour probablement face à la candidate de l'extrême droite, Marine Le Pen, prédisent les enquêtes d'opinion.

Déjà en tête devant Nicolas Sarkozy, 61 ans, candidat « du peuple » contre « les élites », M. Juppé, 71 ans, a été jugé le plus convaincant d'un débat télévisé très policé et sans relief, selon deux sondages.

Pendant ce premier débat de la primaire de droite, l'ex-président Sarkozy (2007-2012) a été la cible principale des candidats, qui ont relativement ménagé le favori Juppé.

Ils ont ainsi brocardé le thème de l'identité, central dans la campagne très à droite de Nicolas Sarkozy, jugeant qu'il ne s'agissait pas d'une priorité pour les Français.

Fidèle à sa ligne, dans l'espoir de récupérer une partie des voix de l'extrême droite, Nicolas Sarkozy a de nouveau évoqué le « problème de l'islam politique » et le « déclassement de la France ».

À l'inverse, Alain Juppé, qui cultive une image pondérée de rassembleur, s'est voulu le chantre de « l'espérance », convaincu que « la France redeviendrait un grand pays où il fait bon vivre », alors que le pays souffre d'un fort taux de chômage (10 %) et a subi de multiples attentats djihadistes depuis 2015 (238 morts).

Sur le front économique et social, les concurrents ont, sans surprise et à quelques nuances près, déroulé un programme très libéral : réductions des dépenses publiques, baisse des impôts, choc de compétitivité, amoindrissement du pouvoir des syndicats.

Des élus et militants de gauche ont sauté sur l'occasion pour railler sur les réseaux sociaux « la naphtaline » des idées exposées et « la vieille droite ».

Deux autres débats à sept sont prévus les 3 et 17 novembre et un dernier, entre les finalistes, le 24.

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