Bruxelles: deux policiers poignardés dans une «attaque terroriste»

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Le quartier de Schaerbeek, où a eu lieu l'agression, tout comme sa voisine Molenbeek, ont de fortes connexions avec les attentats de Bruxelles, mais aussi de Paris.

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Philippe SIUBERSKI
Agence France-Presse
Bruxelles

Deux policiers ont été agressés et blessés au couteau mercredi à Bruxelles par un ancien militaire belge de 43 ans qui a semble-t-il agi pour des motifs «terroristes» et a été interpellé, selon les premiers éléments de l'enquête.

Deux agents de police, un homme et une femme, ont été agressés à la mi-journée par un homme armé d'un couteau sur une grande avenue de la commune bruxelloise de Schaerbeek, a indiqué le Parquet fédéral. L'un des policiers a été blessé «au ventre» et l'autre «au cou», mais leurs jours ne sont pas en danger.

Selon le maire de Schaerbeek, Bernard Clerfayt, l'homme, décrit comme ayant une carrure imposante par un témoin, a donné des coups de couteau «dans le dos» du policier alors que ce dernier sortait d'un hôpital tout proche avec sa collègue.

Ils sont «choqués» mais pourront «sortir de l'hôpital ce soir», a expliqué M. Clerfayt sur la chaîne privée RTL-TVI.

«J'ai vu l'agresseur qui frappait le policier à terre. Il s'est mis sur lui et le frappait à coups de poing et de pied. Le policier a roulé dans les buissons mais il l'a suivi et continuait à le frapper. Après, il a frappé la dame, elle pleurait et était en sang. Puis la police est arrivée, ils sont sortis de la voiture et lui ont tiré dessus», a expliqué un témoin à la télévision publique RTBF.

L'homme a effectivement été maîtrisé par une autre patrouille, qui lui a tiré dans la jambe, a confirmé le parquet. Il a blessé «légèrement» l'un des policiers pendant l'intervention. Selon des médias belges, il lui a cassé le nez.

«Les résultats provisoires de l'enquête montrent qu'il s'agirait d'un possible attentat terroriste», a précisé le parquet, qui a identifié le suspect comme étant «Hicham D., né le 26 avril 1973, de nationalité belge».

Un juge d'instruction devait décider jeudi ou vendredi de son éventuel maintien en détention. 

Ex-soldat et boxeur professionnel 

«Il s'agit d'un ancien militaire qui a servi dans l'armée belge jusqu'en 2009», a précisé à l'AFP une source proche de l'enquête.

Selon plusieurs médias locaux, il «est connu de la justice pour avoir eu des contacts avec des combattants partis en Syrie».

Une perquisition a été menée à son domicile à Schaerbeek, selon le parquet fédéral. Aucune arme ni explosif n'ont été découverts.

Selon la RTBF, le suspect est un «boxeur», ayant eu un rôle «périphérique» dans des dossiers de terrorisme. La chaîne publique explique aussi qu'il s'était présenté aux élections régionales de 2004 à Bruxelles sur une liste de l'éphémère Parti Citoyenneté Prospérité (PCP), d'inspiration islamique.

Ce profil correspond à un certain Hicham Diop, qui avait recueilli 200 voix lors de ces élections sur la liste PCP.

En 2014, le quotidien La Dernière Heure l'avait interrogé, le présentant comme un «boxeur professionnel», père de cinq enfants, ayant été «soldat éclaireur-voltigeur» au sein de l'armée belge.

Il expliquait avoir été percuté en 2011 par une «voiture blindée de la police fédérale» devant son domicile et se plaignait que son affaire ait été classée sans suite, alors qu'il considérait avoir été victime d'une «tentative de meurtre».

La Belgique menacée 

La Belgique, qui a été la cible le 22 mars d'attentats revendiqués par l'organisation Etat islamique (EI), qui ont fait 32 morts à l'aéroport et dans le métro de Bruxelles, reste sous la menace terroriste, comme les pays voisins.

D'autant plus que le pays, qui fait partie de la coalition internationale anti-EI, a été l'un des plus grands pourvoyeurs de combattants étrangers partis en Syrie. Ses policiers et militaires sont régulièrement l'objet de menaces de la part de l'EI.

Le 6 août, deux policières avaient été blessées à la machette à Charleroi par un Algérien de 33 ans criant «Allah Akbar» qui avait été abattu par les forces de l'ordre.

Schaerbeek, où a eu lieu l'agression, tout comme sa voisine Molenbeek, ont de fortes connexions avec les attentats de Bruxelles, mais aussi de Paris.

C'est dans un appartement de Schaerbeek qu'on été confectionnées, selon l'enquête, les ceintures explosives ayant servi aux commandos djihadistes du 13 novembre dernier dans la capitale française.

C'est aussi de Schaerbeek qu'étaient partis les auteurs de l'attentat à la bombe à l'aéroport de Bruxelles le 22 mars.

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