Les 27 se donnent six mois pour redonner foi dans l'UE

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Cédric SIMON
Agence France-Presse
BRATISLAVA

Les dirigeants européens, réunis vendredi à Bratislava, sans le Royaume-Uni, se sont donné six mois pour donner un nouveau souffle à l'UE pour surmonter le Brexit, sous l'impulsion d'un couple franco-allemand soucieux d'afficher son unité.

Au terme d'une journée dans un château surplombant la capitale slovaque, avec un intermède pour une croisière sur le Danube, les 27 ont accouché d'une «feuille de route», avec des priorités dominées par la protection des frontières extérieures, la lutte contre le terrorisme et la relance de la défense européenne.

«Nous nous sommes engagés à Bratislava à offrir à nos citoyens, dans les mois qui viennent, la vision d'une UE attrayante, dans laquelle ils puissent avoir confiance et qu'ils pourront soutenir», est-il écrit dans la «déclaration de Bratislava», qui a ponctué ce sommet organisé hors de Bruxelles.

«Bratislava est le début d'un processus», précise la déclaration, qui se poursuivra notamment par un prochain sommet informel début 2017 à Malte, pour aboutir en Italie en 2017, à l'occasion des célébrations à Rome du 60e anniversaire des traités fondateurs de la construction européenne.

La France et l'Allemagne «vont très intensément s'engager dans les prochains mois pour faire de tout ça un succès», a promis la chancelière allemande, Angela Merkel, aux côtés du président français, François Hollande, pour une rare et très symbolique conférence de presse conjointe pour conclure le sommet.

«Situation critique»

Les deux dirigeants, confrontés à des élections nationales en 2017, avaient débuté la journée par des avertissements empreints de gravité, M. Hollande mettant en garde contre une «dislocation» de l'UE tandis que la chancelière diagnostiquait «une situation critique».

Il faut «corriger les erreurs passées et avancer avec de nouvelles solutions», a plaidé le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, insistant sur la priorité absolue d'une maîtrise «totale» des frontières de l'Union pour revenir à un fonctionnement normal de l'espace Schengen de libre-circulation.

Également présent à Bratislava, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, en a profité pour proposer ses proches échéances aux États membres. Il a notamment fixé à mars 2017 la date souhaitée pour que l'UE adopte le doublement de son plan d'investissements, à hauteur de 630 milliards d'euros.

Dans le domaine de la défense, le chef de l'exécutif européen a demandé de boucler en juin 2017 une série de mesures phares, comme la création d'un quartier-général européen unique pour coordonner toutes les opérations civiles et militaires européennes.

La France «fait l'effort principal pour la défense européenne», mais «elle ne peut pas être seule», a prévenu M. Hollande. «Si les États-Unis font (le) choix de s'éloigner, l'Europe doit être capable de se défendre par elle-même».

Le départ du Royaume-Uni, qui a toujours privilégié l'OTAN, offre une chance d'avancer sur ce thème, ont souligné des sources diplomatiques, dans un contexte où l'Europe est cernée par les crises, les guerres et le terrorisme.

Les négociations du divorce avec Londres n'étaient pas au menu du sommet, mais les 27 ont abordé le sujet sur le Danube, lors d'un «déjeuner de travail» sur un luxueux bateau de croisière, qui a navigué pendant deux heures sur ce fleuve européen emblématique.

«Le Brexit en tant que tel n'a pas été abordé», a expliqué un diplomate européen, indiquant qu'il «s'agissait de faire un point» sur les contacts entre M. Tusk et Theresa May. «Il n'y avait pas grand-chose à dire, puisque Londres n'a toujours pas activé la procédure de divorce» même si l'UE est prête à commencer les négociations «demain».

«En famille»

La volonté d'afficher l'unité à Bratislava n'a pas fait oublier les divergences. Des dossiers comme les travailleurs détachés ou la répartition des réfugiés dans l'UE restent hautement conflictuels.

Les pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, Slovaquie et République tchèque) ont rappelé vendredi qu'ils souhaitaient que les États membres soient davantage écoutés à Bruxelles.

Et répété qu'ils restaient fermement opposés à tout mécanisme obligatoire de répartition des réfugiés, comme le plan de «relocalisation» adopté en septembre 2015 par l'UE, alors que des pays comme la Grèce et l'Italie réclament précisément plus de solidarité face à la charge migratoire.

Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, qui organise en octobre un référendum sur la «relocalisation» de réfugiés, a demandé «de traiter les Hongrois avec respect», après une rencontre avec le président du Parlement européen, Martin Schulz.

«Aujourd'hui, on a regardé politiquement comment travailler ensemble», a commenté le premier ministre belge, Charles Michel. «Brastislava n'est pas un moment magique, c'est un déclic», a-t-il assuré.

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