Présidentielle française: 11 candidatures pour la primaire de droite

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Le nombre des postulants répondant aux critères très stricts de participation devrait vraisemblablement fondre à huit, dont les deux favoris l'ancien premier ministre Alain Juppé (à gauche) et l'ex-président Nicolas Sarkozy (à droite).

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Agence France-Presse
PARIS

Onze candidatures déposées, une seule femme, un duel engagé entre les favoris, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, sur « l'identité » de la France, au coeur de la campagne dans une société sous tension : la primaire à droite pour la présidentielle de 2017 est sur les rails.

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Nathalie Kosciusko-Morizet

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La Haute autorité organisatrice du scrutin a annoncé vendredi soir à la clôture des inscriptions avoir reçu 11 candidatures.

Ce nombre devrait vraisemblablement fondre à huit, trois postulants ayant des chances a priori nulles de remplir les critères.

Les règles strictes édictées pour le scrutin des 20 et 27 novembre ont failli mettre Les Républicains, principal parti d'opposition au président socialiste François Hollande, dans l'embarrassante situation de n'avoir aucune femme sur les rangs.

In extremis, Nathalie Kosciusko-Morizet, 43 ans, tenante d'une ligne minoritaire de « droite moderne » modérée et écologiste, a réuni les parrainages requis d'au moins 2500 militants et 250 élus dont 20 parlementaires.

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Bruno Le Maire

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François Fillon

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Un autre quadragénaire ambitieux, Bruno Le Maire, 47 ans, et François Fillon, 62 ans, premier ministre de 2007 à 2012, se posent en outsiders face aux deux grands favoris, Alain Juppé, lui aussi ex-premier ministre (1995-1997), et l'ancien président Nicolas Sarkozy.

Trois derniers prétendants complètent le paysage des candidats connus : Jean-François Copé, 52 ans, ex-patron du parti, Hervé Mariton, 57 ans, libéral-conservateur qui a combattu la légalisation du mariage homosexuel, et Jean-Frédéric Poisson, du petit Parti chrétien-démocrate, satellite des Républicains.

L'histoire de la droite française est si riche en déchirements que, quatre ans après une âpre bataille Fillon-Copé pour en prendre la tête après la défaite de Nicolas Sarkozy à la présidentielle 2012, la primaire pour 2017 est surveillée de près.

La Haute autorité, dirigée par une juriste indépendante, n'officialisera la liste définitive des candidats retenus qu'après vérification de leurs parrainages le 21 septembre, jour de début de la campagne officielle.

Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ont engagé depuis longtemps les hostilités.

Le premier, favori des sondages, a ironisé vendredi sur la « tentation du remake » du second, déterminé à reconquérir l'Élysée cinq ans après en avoir été délogé par François Hollande. « Je ne suis pas sûr que les Français en ont vraiment envie », a-t-il dit.

Nicolas Sarkozy, sur une ligne à droite toute pour contrer la concurrence du Front national (extrême droite) de Marine Le Pen, ne cesse de brocarder l'âge de son adversaire, 71 ans, dix de plus que lui, et son profil modéré qui séduit jusqu'au centre gauche.

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Jean-François Copé

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« Le jeu reste ouvert »

Tous les candidats défendant des programmes économiques libéraux, les questions identitaires menacent d'écraser le débat, avivé par la menace djihadiste et le poids de l'extrême droite.

« Tous les candidats sont d'accord sur l'économie. Ils ne peuvent provoquer un clivage que sur les quatre I : islam, identité, immigration, insécurité », estime le politologue Thomas Guénolé.

« Il y a la position de Nicolas Sarkozy, pour qui il faut copier les idées du FN et la position d'Alain Juppé, pour qui il faut une droite apaisée, apaisante, rassembleuse. Il est très difficile pour les autres d'exister », résume-t-il.

L'ancien président défend pêle-mêle l'interdiction du burkini, du voile à l'université, des menus de substitution au porc dans les cantines scolaires, et veut l'arrêt du regroupement familial pour les immigrés.

Son rival, chantre d'une « identité heureuse », s'oppose à ces propositions, comme à celle d'un internement sans jugement des suspects de radicalisation, refusant « un Guantánamo à la française ».

Pour Emmanuel Rivière, de l'institut TNS Sofres, « le jeu reste ouvert » entre les deux favoris. Selon cet expert, Alain Juppé, qui promet de ne faire qu'un seul mandat, « bénéficie peut-être de sa position consistant à dire "je ne vais pas travailler cinq ans à ma réélection", et a la capacité d'enjamber le fossé entre la gauche et la droite ».

Les affaires judiciaires qui pèsent sur Nicolas Sarkozy - le parquet de Paris a requis cette semaine son renvoi devant un tribunal correctionnel pour une affaire de financement illégal de sa campagne de 2012 - sont aussi une inconnue. 

Le vainqueur de la primaire à droite sera en position de force à la présidentielle de mai 2017, tant les sondages semblent aujourd'hui défavorables à la réélection de François Hollande ou à la victoire d'un autre candidat de gauche.

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