Après le séisme en Italie, la vie tente de s'organiser

Dans les allées de son camp de grandes... (Photo Gregorio Borgia, Associated Press)

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Dans les allées de son camp de grandes tentes bleues, les visages restent sombres, malgré les efforts des secouristes pour rendre l'endroit accueillant: des jouets pour les enfants, du vin sur la table...

Photo Gregorio Borgia, Associated Press

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Mathilde AUVILLAIN
Agence France-Presse
Amatrice

L'heure est désormais plus au déblaiement qu'aux secours dans les villages frappés par le séisme qui a fait près de 300 morts dans le centre de l'Italie, où la lassitude gagne quelque 2500 rescapés sans abri et sans certitude pour l'avenir.

Le pape François a annoncé dimanche sa volonté de se rendre «dès que possible» dans les zones touchées.

«J'espère venir vous trouver pour vous apporter personnellement le réconfort de la foi, la tendresse d'un père et d'un frère et le soutien de l'espérance chrétienne», a-t-il déclaré à l'attention des sinistrés.

Alors que la recherche des victimes est presque terminée et l'espoir de retrouver des survivants quasiment évanoui, il s'agit maintenant d'évaluer les dégâts et d'organiser la vie des sinistrés pour les prochains mois dans cette région de basse montagne où l'hiver arrive vite.

Selon un dernier bilan révisé de la protection civile, le séisme a fait 290 morts, mais il est «plausible» qu'il reste encore une dizaine de disparus sous les décombres.

Les secousses se poursuivent par ailleurs et deux assez fortes, d'une magnitude de 3,7 et 4,4 ont été ressenties dans l'après-midi dans toute la région.

Dans le camp de tentes de Sant'Angelo, Emidio Chiappini s'installe: «On se prépare pour l'hiver. Vu comment ça s'est passé après d'autres séismes, on va passer l'hiver ici».

«Je n'ai aucune perspective», explique Massimo, un autre rescapé. «Dans l'ensemble, ça va. Seulement on ne fait rien de toute la journée ici. J'avais l'habitude de travailler presque 18 heures par jour, et maintenant, on n'a rien à faire».

«Que ça aille vite»

Le chef du gouvernement Matteo Renzi a répété samedi, à l'occasion de funérailles solennelles de 35 des victimes, que le gouvernement ferait tout pour aider les sinistrés.

«Il faut que cela aille vite et que les fonds arrivent. Si la moitié se perd en route, comme c'est souvent le cas, il y aura un problème», avertit Atemio Scienzo, un artisan rescapé.

Et même si plus de 6.000 personnes sont engagées dans les opérations de secours, Antonio Di Marco, éleveur à Rochetta, se sent bien seul. Le toit de son étable et de sa salle de traite s'est effondré et personne ne vient l'aider à abattre ce qui reste pour pouvoir tendre une bâche.

Selon les médias italiens, le gouvernement va nommer cette semaine un commissaire doté de larges pouvoirs afin de prendre rapidement les décisions opérationnelles pour la reconstruction.

Dès lundi, des experts vont se rendre dans toutes les écoles afin de déterminer lesquelles sont encore opérationnelles et mettre en place des alternatives, souvent des préfabriqués, avant la rentrée, mi-septembre en Italie.

«Comme au Japon»

Après le séisme de L'Aquila, qui avait fait plus de 300 morts en avril 2009 à une cinquantaine de kilomètres d'Amatrice, la protection civile avait dû prendre en charge 65 000 sinistrés. Neuf mois plus tard, ils étaient encore 10 000 hébergés dans des préfabriqués.

En comparaison, la zone frappée par le séisme de mercredi comptait à peine 5000 résidents permanents. Mais beaucoup redoutent que leurs petits hameaux ne se relèvent jamais, malgré les promesses des politiques.

Dans le même temps, des enquêtes ont été lancées pour comprendre pourquoi le séisme a causé autant de morts et de destructions, alors que des normes antisismiques dans cette zone clairement à risque sont en place depuis plus de 45 ans.

Selon les médias, les propriétaires ayant fait des travaux sans autorisation, les entreprises ayant réalisé ces travaux ou encore les fonctionnaires ayant délivré les certificats de conformité pourraient être traduits en justice.

«La leçon de l'Aquila en 2009 n'a pas été retenue», regrette Adriana Cavaglià, membre du Conseil national des géologues, au milieu des ruines du village de Sant'Angelo.

Juste à côté, Sergio Evangelista, constructeur immobilier, se réjouit de pouvoir dormir dans sa maison, construite aux normes et quasiment intacte, alors que l'église du village, inaugurée le 13 août après une rénovation maladroite, s'est effondrée.

Les manifestations de solidarité à travers le pays se poursuivent et à Turin, au nord de la péninsule, des milliers de personnes ont mangé les fameuses pâtes «à l'amatriciana» préparées par des volontaires, le revenu de cette initiative étant destiné aux rescapés.

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