L'Espagne risque ses troisièmes élections en un an

Vainqueur des élections en décembre, puis en juin... (photo GERARD JULIEN, AFP)

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Vainqueur des élections en décembre, puis en juin dernier, le conservateur Mariano Rajoy (ci-dessus) ne dispose toujours pas de la majorité absolue pour former un gouvernement, comme l'en a chargé le roi Felipe VI.

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Patrick RAHIR
Agence France-Presse
MADRID

L'Espagne risque ses troisièmes législatives en un an si l'opposition socialiste continue à bloquer la formation d'un gouvernement, a averti mardi le chef du cabinet sortant, le conservateur Mariano Rajoy.

Vainqueur des élections en décembre, puis en juin dernier, M. Rajoy ne dispose toujours pas de la majorité absolue pour former un gouvernement, comme l'en a chargé le roi Felipe VI.

Depuis fin décembre, son équipe ne peut qu'expédier les affaires courantes. Il ne peut pas faire adopter le budget 2017 et réduire le déficit comme l'exige la Commission européenne ni prendre d'initiatives pour apaiser les forces indépendantistes en Catalogne. Il ne peut même pas remplacer les ministres démissionnaires.

Il a reçu mardi le chef du Parti socialiste Pedro Sanchez qui a refusé de « faire le travail » des conservateurs en entrant dans une grande coalition ou en concluant des accords de gouvernement, après une heure d'entretien.

« Si M. Sanchez maintient son "non" nous allons vers de nouvelles élections », a ensuite annoncé M. Rajoy en conférence de presse.

Il a déclaré avoir proposé à Pedro Sanchez de discuter du programme d'un prochain gouvernement, qui porterait sur des réformes institutionnelles, économiques et sociales.

La gauche n'appuiera pas la droite

« Que les partis de droite se mettent d'accord entre eux, la gauche ne va pas appuyer la droite », a répondu M. Sanchez devant les journalistes.

Les autres partis de droite ont cependant refusé à l'avance de s'entendre avec M. Rajoy, qui ne compte que 137 députés sur 350 à la chambre.

Mariano Rajoy doit encore s'entretenir mercredi avec le chef du parti libéral Ciudadanos, Albert Rivera, qui ne propose jusqu'à présent que de s'abstenir en sa faveur. Mais même un hypothétique appui des 32 députés de Ciudadanos ne suffirait pas pour atteindre la majorité absolue de 176 sièges.

« Le non du Parti socialiste bloque la formation d'un gouvernement et nous allons vers de nouvelles élections », ce qui serait « un non-sens, une folie », a insisté M. Rajoy.

Abstention possible

M. Sanchez n'a cependant pas exclu que ses 85 députés s'abstiennent pendant un vote de confiance pour permettre à Mariano Rajoy de former un gouvernement minoritaire, comme le propose son prédécesseur Felipe Gonzalez, chef du gouvernement socialiste de 1982 à 1996.

« C'est le comité fédéral du Parti qui décidera en dernière instance s'il y a un changement de position », a-t-il dit.

Un gouvernement minoritaire n'aurait qu'une marge de manoeuvre limitée et serait à la merci de la première motion de défiance venue. Aussi, M. Rajoy souligne-t-il la nécessité de former un gouvernement « capable de gouverner ».

M. Sanchez insiste jusqu'à présent pour que M. Rajoy tente d'obtenir la confiance de la chambre et y échoue. Ce n'est qu'au deuxième tour, où la majorité simple lui suffirait, que les socialistes pourraient s'abstenir, l'hypothèse la plus probable, selon un membre de l'équipe de M. Sanchez qui a requis l'anonymat.

Après les élections de décembre, M. Rajoy, au pouvoir depuis 2011, avait refusé la charge de former un gouvernement que lui confiait le roi. La tâche était revenue à Pedro Sanchez qui avait conclu un pacte de gouvernement avec Ciudadanos, mais les conservateurs et le parti opposé à l'austérité Podemos lui avaient refusé la confiance.

Après cet échec, la convocation de nouvelles élections, les deuxièmes en six mois, était devenue inévitable. La crise politique dure depuis que les électeurs, las des politiques d'austérité et de la corruption, ont envoyé au Parlement les nouvelles formations Podemos et Ciudadanos, qui ont mis fin à l'alternance traditionnelle entre les conservateurs et les socialistes.

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