Remaniement d'ampleur de l'armée attendu en Turquie

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Le premier ministre turc Binali Yildirim.

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Stuart Williams
Agence France-Presse
Ankara

Le premier ministre turc Binali Yildirim a rencontré jeudi la haute hiérarchie militaire pour remanier une armée laminée par le limogeage de près de la moitié de ses généraux depuis le putsch raté, dans le cadre d'une purge qui frappe de manière tout aussi implacable les médias.

Rien n'a filtré de la rencontre qui a duré cinq heures entre M. Yildirim et ce qu'il reste de la hiérarchie militaire turque après la purge radicale de l'armée. La télévision s'est bornée à montrer des généraux aux visages graves.

Une annonce pourrait intervenir vendredi après cette réunion qui devait décider du remplacement d'une partie du haut commandement. Signe de la défiance du pouvoir, la rencontre ne s'est pas tenue comme d'habitude au quartier général de l'armée, mais dans la résidence du premier ministre à Ankara.

Le ministre de l'Intérieur Efkan Ala a annoncé à l'agence TGRT Haber/Ihlas que la police serait désormais équipée d'armes lourdes, une mesure visiblement destinée à contrebalancer le pouvoir de l'armée.

Le pouvoir islamoconservateur du président Recep Tayyip Erdogan a intensifié ces derniers jours «le grand ménage» destiné à mettre hors jeu les partisans du prédicateur exilé Fethullah Gülen qu'il accuse d'avoir ourdi le coup d'État, ce que nie ce dernier.

La chancelière Angela Merkel a redit la préoccupation de l'Allemagne face à la riposte turque au putsch. «Mon inquiétude porte sur le fait que les actions sont très dures et que le principe de proportionnalité ne prévaut pas toujours», a-t-elle dit devant la presse.

Au total 149 généraux et amiraux ont été exclus de l'armée mercredi pour leur «complicité dans la tentative de coup d'État», selon un décret officiel.

Parmi eux, 87 hauts gradés de l'armée de terre, 30 de l'armée de l'air et 32 de la marine. En outre 1099 officiers ont été exclus pour cause d'indignité.

Jeudi, juste avant la réunion du YAS, deux des plus importants généraux ont démissionné: le chef de l'armée de terre, le général Ihsan Uyar, et le chef des «entraînements et de la doctrine de commandement», le général Kamil Basoglu, a rapporté l'agence de presse privée Dogan.

Une fraction de l'armée - environ 1,5% selon des chiffres officiels - s'est soulevée contre le pouvoir dans la nuit du 15 au 16 juillet, s'emparant d'avions de chasse et d'hélicoptères et semant la panique dans les rues d'Ankara et d'Istanbul. Le putsch raté a fait 270 morts.

Purge implacable des médias

Outre l'armée, les médias sont en première ligne des purges avec l'annonce officielle mercredi de la fermeture de plus de 130 d'entre eux: 45 journaux, 16 chaînes de télévision, trois agences de presse, 23 stations de radio, 15 magazines et 29 maisons d'édition.

Certains étaient déjà injoignables jeudi et avaient cessé de diffuser. L'ex-journaliste de Today's Zaman, Abdullah Bozkurt, qui a fondé une agence de presse après la reprise en main du quotidien par le pouvoir, a dénoncé sur son compte Twitter «la fermeture illégale» de son média.

Ces mesures viennent s'ajouter aux 89 mandats d'arrêt émis contre des journalistes entre lundi et mercredi. Le pouvoir les accuse d'être liés au réseau du prédicateur Gülen.

Le chef de la diplomatie Mevlut Cavusolgu a déclaré que l'Allemagne «devrait extrader» les juges et procureurs de «l'État parallèle» (les gulénistes) se trouvant sur son sol.

Amnesty International a dénoncé des mesures qui «accroissent l'atmosphère de peur» en Turquie et «laissent peu de doute sur le fait que les autorités ont l'intention de faire taire les critiques au mépris des lois internationales».

Sur sa page Facebook, le photojournaliste Selahattin Sevi, visé par un de ces mandats d'arrêt, a réagi: «J'ai toujours été contre toute organisation ou tout pouvoir qui tenterait de renverser les gouvernements élus démocratiquement en Turquie et je maintiens cette position».

Actuellement à l'étranger pour la préparation d'un livre, il a rappelé être descendu dans la rue contre le coup.

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Outre l'armée, les médias sont en première ligne des purges avec l'annonce officielle mercredi de la fermeture de plus de 130 d'entre eux: 45 journaux, 16 chaînes de télévision, trois agences de presse, 23 stations de radio, 15 magazines et 29 maisons d'édition.

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Purge implacable des médias

Outre l'armée, les médias sont en première ligne des purges avec l'annonce officielle mercredi de la fermeture de plus de 130 d'entre eux: 45 journaux, 16 chaînes de télévision, trois agences de presse, 23 stations de radio, 15 magazines et 29 maisons d'édition.

Certains étaient déjà injoignables jeudi et avaient cessé de diffuser. L'ex-journaliste de Today's Zaman, Abdullah Bozkurt, qui a fondé une agence de presse après la reprise en main du quotidien par le pouvoir, a dénoncé sur son compte Twitter «la fermeture illégale» de son média.

Ces mesures viennent s'ajouter aux 89 mandats d'arrêts émis contre des journalistes entre lundi et mercredi. le pouvoir les accuse d'être liés au réseau du prédicateur Gülen.

«J'ai toujours été contre toute organisation ou pouvoir qui tenterait de renverser les gouvernements élus démocratiquement en Turquie et je maintiens cette position», a réagi sur sa page Facebook le photojournaliste Selahattin Sevi, visé par un de ces mandats d'arrêt.

Actuellement à l'étranger pour la préparation d'un livre, il a rappelé être descendu dans la rue contre le coup.

Plusieurs organisations de défense de la liberté de la presse se sont élevées contre ces fermetures et ces mandats d'arrêt.

La Fédération internationale des journalistes (FIJ) a appelé l'Union européenne à faire pression sur le président Erdogan pour qu'il respecte la liberté de la presse.

Le ministre de l'Énergie et gendre du président Erdogan, Berat Albayrak, avait révélé mercredi que le pouvoir prévoyait déjà avant le coup d'effectuer des purges dans l'armée et d'autres secteurs de la société pour en faire partir les partisans du prédicateur Gülen, ancien allié devenu depuis trois ans la bête noire du régime islamo-conservateur.

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